Grand Pavois La Rochelle 2026 : quatre Pen Duick d’Éric Tabarly réunis pour une édition exceptionnelle
Il y a des bateaux qui dépassent largement leur seule dimension nautique. Les Pen Duick en font partie. À travers eux, c’est toute une page de la voile française qui revient à quai, entre audace technique, victoires fondatrices et passion intacte pour la mer. Pour son édition 2026, le Grand Pavois La Rochelle accueillera quatre unités majeures de cette lignée mythique : Pen Duick, Pen Duick II, Pen Duick III et Pen Duick V.
Ces voiliers seront visibles pendant toute la durée du salon, du mardi 22 au dimanche 27 septembre, à l’extrémité du ponton 7. Leur présence s’inscrit dans l’Espace Héritage & Savoir-Faire, un cadre particulièrement adapté à ces bateaux qui racontent autant l’histoire de la course au large que celle des chantiers, des matériaux, des choix architecturaux et de l’innovation maritime française.
Pour Alain Pochon, président de Grand Pavois Organisation, cette venue a une portée toute particulière : « Quel honneur pour nous d’accueillir cette année quatre des plus prestigieux voiliers d’Éric Tabarly et de l’histoire maritime française. Rappelons que ce dernier a été un des fidèles du Grand Pavois La Rochelle et nous nous rappelons le voir arpenter les pontons et observer la construction de tel ou tel bateau, lui qui était tellement en avance sur son temps et en même temps tellement admiratif du travail des charpentiers de marine, se penchant et passant des heures sur les plus belles coques en bois. Avoir ces quatre bateaux sera indiscutablement un des grands temps forts de cette édition et, ce sera également un fabuleux clin d’œil à notre pays invité d’honneur Le Japon, puisque Pen Duick V avec Éric Tabarly à la barre et en solitaire a gagné la Transpacifique en 1969 dont l’arrivée était en baie de… Tokyo. »
Le premier d’entre eux, Pen Duick, est le bateau originel. Construit en 1898 en Irlande par le chantier Fife, ce cotre aurique en bois est entré très tôt dans la vie d’Éric Tabarly, avant de devenir le symbole de son attachement viscéral à la mer. Restauré avec audace dans les années cinquante, notamment grâce à une coque en polyester moulée, il incarne à lui seul la fidélité d’un marin à son bateau et la capacité de Tabarly à faire dialoguer patrimoine et modernité.
Pen Duick II occupe une place tout aussi décisive dans cette histoire. Construit en 1964 pour la Transat anglaise en solitaire, ce ketch en aluminium de treize mètres soixante a porté Éric Tabarly vers une victoire qui a profondément marqué la voile française. En remportant la course Plymouth Newport après vingt-sept jours de mer, le marin breton est entré dans la légende et a contribué à installer la course au large dans l’imaginaire populaire français.
Avec Pen Duick III, mis à l’eau en 1967, l’aventure prend une autre dimension. Cette goélette noire en aluminium, conçue pour la performance, s’impose rapidement comme l’un des voiliers les plus impressionnants de son époque. Ses victoires dans les grandes courses anglaises du RORC, dont la Fastnet Race, puis son succès dans la Sydney Hobart, en font un bateau à part, admiré pour sa puissance, son élégance et son efficacité.
Pen Duick V, enfin, résume peut-être mieux que tout autre l’esprit visionnaire de Tabarly. Construit en 1968 pour une course en solitaire entre San Francisco et Tokyo, ce monocoque en aluminium intègre des solutions très novatrices, notamment les premiers ballasts remplis d’eau. En 1969, Éric Tabarly remporte la Transpacifique à son bord avec plus de dix jours d’avance sur son poursuivant. Cette victoire reste l’un des grands jalons de la course au large moderne.
La présence de Pen Duick V prend une résonance particulière dans cette édition 2026 du Grand Pavois La Rochelle, puisque le Japon sera le pays invité d’honneur. Le lien n’a rien d’anecdotique : c’est en baie de Tokyo que s’achevait la Transpacifique remportée par Éric Tabarly en 1969. Plus de cinquante ans plus tard, ce retour symbolique entre La Rochelle, Tabarly et le Japon donne à l’événement une dimension supplémentaire, entre mémoire sportive et ouverture internationale.
Au-delà de la seule exposition de bateaux prestigieux, le salon mettra aussi en lumière le travail de l’Association Éric Tabarly. Créée pour maintenir les Pen Duick en état de naviguer, les faire vivre en mer et poursuivre l’œuvre maritime et éducative du navigateur, l’association joue un rôle essentiel dans la transmission de cet héritage. Grâce à elle, ces voiliers ne sont pas figés dans un musée : ils continuent de naviguer, de former, d’inspirer et de rappeler ce que la voile française doit à l’audace d’un marin hors norme.
En réunissant quatre Pen Duick sur ses pontons, le Grand Pavois La Rochelle 2026 ne propose pas seulement une séquence patrimoniale. Il offre au public l’occasion rare d’approcher des bateaux qui ont changé la manière de penser la course au large, la construction navale et le rapport à la performance. Chacun raconte une époque, une intuition, une victoire, mais aussi une même exigence : celle d’un marin qui n’a cessé d’imaginer la suite avant les autres.
Pour les passionnés de voile, les curieux de patrimoine maritime ou les visiteurs venus découvrir l’univers du nautisme, cette présence exceptionnelle devrait compter parmi les moments les plus forts du salon. Voir réunis Pen Duick, Pen Duick II, Pen Duick III et Pen Duick V à La Rochelle, c’est retrouver une part vivante de l’histoire maritime française, au plus près des bateaux, de leurs lignes et de ce qu’ils continuent de transmettre.