Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : en Vintage Multi, des trimarans de légende et des skippers prêts à renouer avec l'histoire

© Qaptur
Carte de la course Route du Rhum Destination Guadeloupe

Près de vingt ans après la disparition du circuit ORMA, plusieurs de ses célèbres trimarans s'apprêtent à retrouver l'Atlantique. Le 1er novembre 2026, treize skippers sont attendus au départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe dans la catégorie Vintage Multi. Entre Francis Joyon, Damien Seguin, Gilles Lamiré ou encore Éric Péron, la bataille promet d'être particulièrement intéressante. Mais cette flotte réunira également des catamarans plus récents, des projets engagés et des navigateurs passionnés, à l'image de Charlie Capelle, doyen de cette 13e édition. Une catégorie où le patrimoine maritime, la performance sportive et la volonté de donner une seconde vie aux bateaux se rejoignent.

Ils ont fait vibrer les passionnés de voile pendant plusieurs décennies. Avec leurs coques effilées, leurs immenses voilures et leurs performances parfois difficiles à maîtriser, les trimarans ORMA ont longtemps incarné l'excellence de la course au large. Avant l'arrivée des gigantesques ULTIM et des multicoques équipés de foils, ces bateaux de 60 pieds comptaient parmi les machines les plus spectaculaires de leur époque. Pour la Route du Rhum 2026, quatre de ces anciens trimarans de compétition feront leur retour sur une grande transatlantique en solitaire. Une occasion rare de retrouver des bateaux qui ont contribué à écrire l'histoire de l'épreuve, mais aussi de mesurer leur potentiel face à d'autres multicoques aux conceptions très différentes. Car la catégorie Vintage Multi, qui succède à l'ancienne Rhum Multi, ne se limite pas aux ORMA. Elle rassemble également des catamarans de croisière rapide, des multicoques expérimentaux et des unités plus modestes, dont certaines naviguent depuis plus de quarante ans. Une diversité qui promet une course aussi riche sur le plan humain que sportif.

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Francis Joyon, un ancien vainqueur de la Route du Rhum de retour sur un trimaran ORMA

Parmi les grands noms de cette édition 2026, Francis Joyon sera naturellement l'un des navigateurs les plus attendus. À 70 ans, le marin possède une expérience exceptionnelle des grandes traversées océaniques et des records à la voile. En 2018, il avait marqué l'histoire de la Route du Rhum en remportant la victoire au classement général à bord d'IDEC Sport. Au terme d'un incroyable duel avec François Gabart, il avait franchi la ligne d'arrivée avec seulement 7 minutes et 8 secondes d'avance, après plus de sept jours de navigation. Un dénouement resté parmi les plus spectaculaires de l'histoire de la transatlantique.

Huit ans plus tard, Francis Joyon revient avec une approche bien différente. Cette fois, il prendra la barre d'Oceans, un ancien trimaran ORMA de 60 pieds qu'il connaît particulièrement bien. Le navigateur a participé à sa conception et a déjà parcouru de nombreux milles à son bord. Retrouver ce bateau représente donc bien davantage qu'un simple changement de monture. C'est aussi l'occasion de renouer avec une génération de multicoques particulièrement exigeants, dont la conduite repose sur une connaissance fine des réglages, des équilibres et des limites structurelles. Car si les ORMA restent capables d'atteindre des vitesses impressionnantes, ils appartiennent à une époque où les systèmes de sécurité, les pilotes automatiques et les équipements de navigation étaient moins développés qu'aujourd'hui. Leur remise en état nécessite donc un travail important pour répondre aux exigences d'une transatlantique moderne.

Francis Joyon possède néanmoins un atout considérable : sa capacité à naviguer vite tout en préservant son matériel. Une qualité qui pourrait faire la différence face à des concurrents disposant parfois de bateaux plus récents.

Damien Seguin et Arkéa – Handicap International, un nouveau défi sur un multicoque historique

 

 

Autre navigateur particulièrement attendu, Damien Seguin s'apprête à relever un défi inédit dans sa carrière. Après plusieurs années passées sur le circuit IMOCA, notamment avec deux participations au Vendée Globe, le skipper revient à la navigation en multicoque.

Il prendra le départ à bord d'Arkéa – Handicap International, un ancien trimaran ORMA construit en 1990. Un bateau qui appartient à l'une des premières générations de multicoques océaniques de 60 pieds et qui a nécessité un important chantier de rénovation avant de pouvoir retrouver la compétition. En moins d'un an, son équipe a entrepris de remettre en état cette machine qui était restée longtemps inutilisée. Structure, équipements, systèmes de navigation et aménagements ont fait l'objet d'un travail conséquent pour permettre au navigateur de retrouver la mer dans de bonnes conditions.

En septembre 2026, Damien Seguin a validé sa qualification pour la Route du Rhum en parcourant plus de 1 200 milles nautiques en solitaire. Une étape essentielle qui lui a permis de découvrir le comportement de son trimaran, mais aussi d'adapter ses méthodes de navigation à une machine très différente de ses anciens IMOCA. Né sans main gauche, Damien Seguin a construit une carrière remarquable dans la voile de compétition, avec notamment trois médailles paralympiques, dont deux en or. Son expérience des grandes courses océaniques constitue aujourd'hui un atout précieux, même si naviguer seul sur un ORMA représente un défi technique et physique particulièrement exigeant.

Sa participation possède également une dimension personnelle. Ayant grandi en Guadeloupe, le skipper entretient un lien profond avec la Route du Rhum. Il avait notamment 10 ans lorsque Florence Arthaud avait remporté l'épreuve en 1990, une victoire qui avait contribué à nourrir sa passion pour la course au large. Pour sa cinquième participation à la transatlantique, Damien Seguin espère désormais faire revivre ce trimaran historique et se mesurer aux autres spécialistes de la catégorie.

Éric Péron et Gilles Lamiré, deux spécialistes des multicoques prêts à jouer la victoire

 

Éric Péron
Éric Péron© Qaptur

 

Derrière Francis Joyon et Damien Seguin, deux autres navigateurs possèdent de solides arguments pour viser les premières places : Éric Péron et Gilles Lamiré. Tous deux disposent d'une grande expérience des multicoques océaniques et prendront également le départ à bord d'anciens trimarans ORMA.

Éric Péron s'engagera sur French Touch – Oceania Hotels, un trimaran de 60 pieds mis à l'eau en 2002, autrefois connu sous les couleurs de Sopra. Dessiné pour Philippe Monnet, ce bateau a connu plusieurs vies avant d'être récupéré dans le cadre du projet French Touch Oceans Club. Il a notamment fallu organiser son retour depuis les États-Unis, où il se trouvait, puis préparer sa remise en état pour la Route du Rhum. Le navigateur finistérien possède une solide expérience des grandes courses au large. En 2024, il avait notamment terminé cinquième de l'Arkéa Ultim Challenge, le premier tour du monde en solitaire réservé aux maxi-trimarans ULTIM. Habitué des multicoques puissants et des longues traversées, il ambitionne désormais de se battre pour la victoire dans cette nouvelle catégorie.

Gilles Lamiré, de son côté, connaît particulièrement bien les trimarans océaniques. Vainqueur de The Transat en Multi50 en 2016, puis de la Transat Jacques-Vabre en 2019 aux côtés d'Antoine Carpentier, il possède une expérience importante de la compétition sur plusieurs générations de multicoques. Pour cette édition 2026, il prendra la barre de Groupe GCA, un ancien ORMA avec lequel il espère retrouver les sensations des grandes années de cette classe. Il s'agira de sa sixième participation à la Route du Rhum, une épreuve qu'il a déjà disputée en ORMA, en Multi50 puis en Ocean Fifty. Son expérience des différentes catégories pourrait constituer un avantage précieux. Sur ces trimarans puissants, la performance dépend autant de la vitesse que de la capacité à anticiper les changements de conditions et à éviter les erreurs susceptibles de provoquer un chavirage.

Avec Francis Joyon et Damien Seguin, Éric Péron et Gilles Lamiré formeront ainsi un groupe de quatre navigateurs particulièrement attendus. Leur confrontation devrait constituer l'un des principaux enjeux sportifs de la catégorie Vintage Multi.

Charlie Capelle et Acapella, une histoire d'amour qui dure depuis plus de quarante ans

 

© AFP / SEBASTIEN SALOM-GOMIS

 

À 71 ans, Charlie Capelle sera le doyen de cette Route du Rhum 2026. Mais au-delà de son âge, c'est surtout son histoire avec son bateau qui attire l'attention. Depuis plus de quarante ans, le navigateur entretient une relation particulière avec Acapella, un trimaran de 38 pieds construit en 1980 sur des plans de Walter Greene. Il avait découvert ce bateau lors d'un séjour aux États-Unis, alors qu'il travaillait auprès du constructeur américain, avant d'en faire l'un des compagnons de sa vie de marin. Avec ses 11,30 mètres de long, Acapella sera l'un des plus petits multicoques engagés dans la catégorie Vintage Multi. Sa silhouette et sa conception rappellent une époque où la course au large reposait davantage sur l'inventivité des architectes, la légèreté des structures et l'audace des navigateurs.

Ce trimaran possède également une histoire intimement liée à celle de la Route du Rhum. Il appartient à la même famille de bateaux que Olympus Photo, avec lequel Mike Birch avait remporté la toute première édition en 1978, après un duel devenu légendaire face à Michel Malinovsky.

Pour Charlie Capelle, cette nouvelle participation sera la septième avec Acapella. Lors de la précédente édition, en 2022, il avait terminé neuvième de la catégorie Rhum Multi, après un peu plus de 21 jours de navigation. Malgré les décennies, le skipper continue de participer régulièrement à des compétitions et de préparer soigneusement son trimaran. En 2024, il avait notamment remporté le Challenge Multi 2000 France, démontrant que son bateau conservait un réel potentiel sportif. Face aux anciens ORMA de 60 pieds, Acapella ne pourra évidemment pas rivaliser en vitesse pure. Mais pour Charlie Capelle, le défi dépasse largement la question du classement. Il s'agit de prolonger une aventure commencée il y a plus de quarante ans et de faire vivre une certaine idée de la course au large, où la passion du bateau compte autant que le résultat.

Marc Guillemot et François Guiffant, des catamarans tournés vers une navigation plus responsable

 

François Guiffant
François Guiffant© MANON LE GUEN, Maxime Horlaville, Julien Stintzy, Martin Viezzer, Alexis Courcoux,

 

La catégorie Vintage Multi ne se limite pas aux bateaux historiques. Elle accueille également des projets qui explorent d'autres façons de concevoir et de faire naviguer les multicoques.

Parmi eux figure Marc Guillemot, engagé à bord de Dazéilad, un catamaran développé dans une démarche d'écoconception. L'ancien skipper IMOCA, habitué des grandes courses océaniques, s'intéresse depuis plusieurs années aux matériaux alternatifs et aux solutions permettant de réduire l'impact environnemental de la construction nautique. En 2022, il avait terminé troisième de la catégorie Rhum Multi. Quatre ans plus tard, il revient avec l'ambition de poursuivre cette démarche tout en restant compétitif. Son expérience des transatlantiques et sa connaissance des multicoques constituent des atouts importants face à une flotte particulièrement hétérogène.

François Guiffant abordera quant à lui la Route du Rhum à bord de We Explore, un catamaran de 60 pieds conçu dans le cadre du programme porté par Roland Jourdain et le fonds de dotation Explore. Mis à l'eau en 2022, ce bateau se distingue notamment par l'utilisation de fibres de lin dans une partie de sa construction, afin d'expérimenter des alternatives aux matériaux composites traditionnels. Initialement, Roland Jourdain devait prendre le départ de cette édition à son bord. Mais en septembre 2026, le double vainqueur de la Route du Rhum a été contraint de renoncer pour des raisons médicales, après la découverte d'une anomalie cardiaque nécessitant une intervention chirurgicale.

C'est donc François Guiffant, navigateur expérimenté et proche du programme Explore, qui prendra finalement la barre du catamaran. Son rôle sera de poursuivre le projet sportif et environnemental engagé par Roland Jourdain, tout en menant le bateau jusqu'en Guadeloupe. En 2022, We Explore avait franchi la ligne d'arrivée en tête de la catégorie Rhum Multi, avant d'être rétrogradé à la deuxième place à la suite d'une pénalité. Le catamaran a donc déjà démontré son potentiel sur le parcours de la Route du Rhum. Face aux trimarans ORMA, ces deux projets proposeront une autre approche de la performance, où le choix des matériaux, la fiabilité et la sobriété occupent une place importante.

Romain Pilliard, une Route du Rhum en famille avec son fils Titouan

 

© Antoine Dujoncuqoy

 

La participation de Romain Pilliard apportera une autre histoire singulière à cette édition 2026. Le navigateur prendra le départ dans la catégorie Vintage Multi à bord d'Use It Again, un trimaran qui s'inscrit dans une démarche de réemploi et de valorisation des bateaux existants.

Depuis plusieurs années, Romain Pilliard défend l'idée qu'un voilier de compétition peut connaître plusieurs vies et continuer à naviguer après avoir été considéré comme dépassé sur le plan technologique. Un engagement qui se traduit par des projets océaniques associant aventure sportive et sensibilisation à l'économie circulaire.

Cette nouvelle Route du Rhum aura toutefois une saveur particulière puisque son fils, Titouan Pilliard, prendra lui aussi le départ de la course, mais dans la catégorie Vintage Mono. À seulement 20 ans, Titouan sera le plus jeune skipper de cette 13e édition. Père et fils s'élanceront donc le même jour de Saint-Malo, chacun à bord de son propre bateau, pour rejoindre la Guadeloupe en solitaire.

Une situation peu commune qui illustre parfaitement la dimension familiale et intergénérationnelle de la Route du Rhum. Si les deux navigateurs ne partageront pas le même classement, ils vivront une aventure parallèle, avec les mêmes difficultés météorologiques et les mêmes exigences d'autonomie. Pour Romain Pilliard, cette traversée représentera donc à la fois un nouveau défi sportif et une occasion de transmettre sa passion de la navigation au large.

Des projets variés qui font aussi la richesse de la flotte Vintage Multi

Au-delà des skippers les plus connus, plusieurs navigateurs participeront à cette Route du Rhum avec des multicoques et des projets très différents.

Florian Guéguen, engagé sur Graine de Courage, fait partie des navigateurs qui aborderont cette transatlantique avec une forte dimension humaine. Le skipper malouin aura également la particularité de prendre le départ devant son public, dans une ville où l'événement occupe une place importante. Face aux grands trimarans ORMA, il devra avant tout s'appuyer sur sa connaissance du bateau et sur une préparation rigoureuse pour réussir sa traversée.

Christophe Bogrand prendra quant à lui le départ à bord de Des Enfants et des Arbres, un multicoque qui portera un projet associant navigation et sensibilisation environnementale. Comme plusieurs autres participants, il s'inscrit dans une catégorie qui permet de faire vivre des bateaux existants tout en donnant une visibilité à des engagements dépassant le seul cadre sportif. Son objectif sera de mener son multicoque jusqu'à Pointe-à-Pitre, au terme d'une traversée exigeante.

David Ducosson, engagé sur Trilogik, apportera également sa propre expérience de la navigation au large. Originaire de Guadeloupe, il possède un lien particulier avec l'arrivée de la Route du Rhum. Pour lui, rejoindre Pointe-à-Pitre représentera donc un objectif sportif, mais aussi un retour vers son territoire. Dans une catégorie où les performances des bateaux peuvent être très différentes, la gestion du rythme et des conditions météorologiques sera déterminante.

À leurs côtés, Laurent Etheimer prendra la mer à bord de Fifty Fifty. Son projet viendra compléter une flotte qui rassemble des multicoques de différentes tailles et de différentes générations. Face à des bateaux parfois bien plus puissants, l'enjeu sera de trouver le bon compromis entre vitesse, sécurité et préservation du matériel, afin de réussir cette traversée en solitaire.

Enfin, Thierry Roger participera à la course sur Perros-Guirec. Le navigateur breton s'inscrit lui aussi dans cette diversité de profils qui fait l'identité de la catégorie Vintage Multi. Son engagement rappelle que la Route du Rhum reste accessible à des marins dont les projets ne reposent pas nécessairement sur la recherche de la performance absolue, mais sur l'envie de relever l'un des grands défis de la voile océanique. Ces cinq skippers n'aborderont pas nécessairement la course avec les mêmes ambitions que Francis Joyon, Damien Seguin ou les autres spécialistes des ORMA. Leur présence contribuera pourtant pleinement à la richesse de la catégorie, où chaque bateau possède ses propres caractéristiques et chaque navigateur une histoire différente à raconter.

Qu'est-ce que la catégorie Vintage Multi sur la Route du Rhum ?

Apparue sous cette appellation en 2026, la catégorie Vintage Multi succède à l'ancienne Rhum Multi. Elle a été pensée pour accueillir des multicoques de différentes générations, dont certains ont marqué l'histoire de la course au large, mais qui ne correspondent plus aux jauges des principales classes actuelles. La catégorie est ouverte aux multicoques mesurant entre 38 et 79 pieds, soit environ 11,58 à 24,08 mètres, qui respectent les critères techniques définis par l'organisation. Elle rassemble aussi bien des trimarans océaniques de compétition que des catamarans plus récents ou des multicoques de conception traditionnelle.

L'un des principaux objectifs est de prolonger la durée de vie de ces bateaux en leur offrant une nouvelle occasion de participer à une grande course transatlantique. Les critères de sélection prennent notamment en compte les démarches d'écoconception et la limitation des transformations apportées aux unités les plus anciennes. Cette philosophie répond à une évolution importante du monde nautique. Alors que la construction de nouveaux bateaux de course mobilise des ressources considérables, la rénovation et le réemploi permettent de valoriser des structures existantes et de préserver une partie du patrimoine maritime.

Mais le caractère vintage ne signifie pas pour autant que ces bateaux sont lents ou faciles à manœuvrer. Certains anciens trimarans ORMA conservent des performances impressionnantes et peuvent rivaliser, dans certaines conditions, avec des multicoques beaucoup plus récents. Leur navigation exige toutefois une expérience considérable, notamment en solitaire, car ces machines puissantes ne disposent pas toujours des systèmes de sécurité et des dispositifs d'assistance développés sur les bateaux contemporains.

Le retour des ORMA, ces trimarans qui ont marqué la course au large

Pour comprendre l'engouement autour de cette catégorie Vintage Multi, il faut revenir sur l'histoire des trimarans ORMA, acronyme d'Ocean Racing Multihull Association.

Ces multicoques de 60 pieds, soit 18,28 mètres, ont dominé une grande partie de la course au large française dans les années 1990 et au début des années 2000. Conçus pour aller toujours plus vite, ils ont contribué à faire progresser l'architecture navale et les performances des grands multicoques océaniques. À cette époque, les ORMA disputaient notamment la Route du Rhum, la Transat anglaise, la Transat Jacques-Vabre et un championnat particulièrement relevé. Des navigateurs comme Michel Desjoyeaux, Franck Cammas, Loïck Peyron ou encore Alain Gautier ont contribué à leur renommée.

Mais ces trimarans étaient aussi réputés pour leur difficulté de pilotage. Leur puissance considérable, associée à des structures très sollicitées, pouvait entraîner des avaries spectaculaires. Les chavirages successifs et les coûts croissants ont progressivement fragilisé le circuit, jusqu'à sa disparition en 2007.

Près de vingt ans plus tard, leur retour sur la Route du Rhum constitue donc un événement particulier. Quatre anciens ORMA seront réunis au départ, permettant aux passionnés de retrouver ces silhouettes emblématiques et aux navigateurs de renouer avec une forme de compétition qui avait presque disparu. Au-delà de la nostalgie, cette confrontation devrait aussi permettre de mesurer les performances de ces bateaux face aux autres multicoques de la flotte.

Qui pour succéder à Loïc Escoffier au palmarès de la catégorie ?

Lors de la Route du Rhum 2022, Loïc Escoffier avait remporté la catégorie Rhum Multi à bord de Lodigroup, après 16 jours, 6 heures et 37 minutes de navigation. Une victoire obtenue devant Roland Jourdain, finalement deuxième après une pénalité, et Marc Guillemot, troisième. Quatre ans plus tard, la configuration de la flotte a profondément changé. Avec le retour des anciens trimarans ORMA et la présence de plusieurs navigateurs expérimentés, la bataille pour la victoire devrait prendre une nouvelle dimension.

Francis Joyon, Damien Seguin, Éric Péron et Gilles Lamiré disposent notamment de bateaux rapides et de solides références en course au large. Mais les catamarans de Marc Guillemot et François Guiffant pourraient également tirer leur épingle du jeu selon les conditions météorologiques.

La différence se fera autant dans les choix stratégiques que dans la capacité des skippers à préserver leur matériel. Car sur une transatlantique de plus de 3 500 milles nautiques, un problème technique peut rapidement faire perdre plusieurs heures, voire contraindre un concurrent à l'abandon. Comme dans les autres catégories, le contournement de la Guadeloupe pourrait enfin réserver quelques surprises, avec des zones de vents faibles susceptibles de réduire les écarts entre les bateaux.

Route du Rhum 2026 : les Vintage Multi, entre héritage maritime et nouvelle aventure

Avec treize skippers annoncés au départ, la catégorie Vintage Multi promet d'être l'une des plus singulières de cette Route du Rhum 2026. Elle réunira des bateaux qui ont marqué l'histoire de la course au large, des multicoques plus récents développés dans une démarche environnementale et des navigateurs aux parcours particulièrement variés.

Francis Joyon retrouvera un ancien compagnon de navigation, Damien Seguin tentera de faire revivre un ORMA des années 1990, tandis qu'Éric Péron et Gilles Lamiré chercheront à faire parler leur expérience des multicoques. À leurs côtés, Charlie Capelle poursuivra son histoire avec Acapella, plus de quarante ans après leur rencontre, et François Guiffant prendra la relève de Roland Jourdain à bord de We Explore. Le dimanche 1er novembre à 13 h 02, tous quitteront Saint-Malo avec le même objectif : rejoindre la Guadeloupe après une traversée en solitaire qui pourrait réserver bien des rebondissements.

Au-delà du classement, cette édition permettra surtout de rappeler que les bateaux de course ne perdent pas nécessairement leur intérêt lorsqu'une nouvelle génération apparaît. Certains continuent de naviguer pendant plusieurs décennies, portés par des passionnés qui refusent de les voir disparaître.

Avec le retour des ORMA et une flotte aussi variée, les Vintage Multi pourraient bien offrir l'un des plus beaux hommages à l'histoire de la Route du Rhum, tout en écrivant un nouveau chapitre de la course au large.

 


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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.