Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : un formidable moteur économique pour Saint-Malo, mais des retombées inégales

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Le Figaro Nautisme / AFP
Par Le Figaro Nautisme / AFP

Avec plus d’un million de visiteurs attendus à Saint-Malo pour la 13e édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, la célèbre transatlantique en solitaire représente bien plus qu’un rendez-vous sportif. Véritable vitrine touristique pour la Bretagne, elle génère plusieurs dizaines de millions d’euros de retombées économiques. Mais derrière cet engouement, certains commerçants et restaurateurs malouins s’interrogent sur les bénéfices réels de l’événement.

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Près de 30 millions d’euros de retombées économiques en 2022

À l’approche du départ de la Route du Rhum, Saint-Malo se prépare à vivre au rythme de la course au large. Pendant plusieurs jours, les quais, les remparts et les rues de la cité corsaire attirent une foule de passionnés de voile, de curieux et de touristes venus découvrir les bateaux et rencontrer les skippers. Un engouement qui profite largement à l’économie locale. Selon une étude réalisée par le cabinet EY pour la ville de Saint-Malo, l’édition 2022 avait généré 29,1 millions d’euros de retombées économiques directes. La restauration en avait été la première bénéficiaire, avec 9,7 millions d’euros, devant l’hébergement (8,7 millions), les transports, principalement les parkings (4,2 millions), et les commerces (3,8 millions). Cette année-là, le village de la course, installé sur 70 000 m² au pied des remparts, avait accueilli 220 exposants et près de 1,5 million de visiteurs, soit une fréquentation en hausse de 15 % par rapport à 2018.

Mais au-delà des dépenses réalisées sur place, c’est aussi l’image de Saint-Malo et de la Bretagne qui bénéficie de cette exposition exceptionnelle. Toujours selon EY, l’édition 2022 avait engendré près de 60 000 publications médiatiques, représentant une valeur publicitaire estimée à 266 millions d’euros. « C’est très concentré sur le pays malouin, mais en termes d’image, c’est un rayonnement incroyable », souligne auprès de l’AFP Jessica Viscart, directrice adjointe de Tourisme Bretagne.

Un village toujours plus attractif, au détriment des commerces ?

Pour cette 13e édition, les organisateurs ne cherchent pourtant pas à battre de nouveaux records de fréquentation. L’objectif affiché est désormais d'améliorer l’accueil du public, sans agrandir davantage le village. « L’idée n’est pas de continuer à accueillir plus, mais mieux », explique Nicolas Belloir, adjoint au maire de Saint-Malo chargé des Finances. L’élu insiste également sur le caractère populaire de la manifestation, dont l’accès doit rester gratuit. Cette attractivité grandissante ne fait cependant pas l’unanimité chez les professionnels locaux. Car au fil des éditions, le village de la Route du Rhum est devenu une véritable destination à part entière, avec ses restaurants, ses bars, ses animations et ses espaces de restauration.

À l’entrée de la cité intra-muros, Guylène Pinson, gérante de la crêperie La Duchesse Anne, se prépare à accueillir les visiteurs. Ses serveurs arborent déjà des tee-shirts aux couleurs de la course. Mais la restauratrice observe une évolution des habitudes : les spectateurs, qui trouvent désormais tout ce dont ils ont besoin dans le village, s'aventurent moins dans les rues commerçantes de la vieille ville. Un constat partagé par Anthony Rambaud, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Côte d’Émeraude. Si les hôtels profitent pleinement de l’affluence, les restaurants, les bars et les établissements de nuit doivent désormais composer avec une concurrence directement installée au cœur de l’événement. La programmation de nocturnes jusqu’à 1 heure du matin accentue encore cette situation. Pour certains professionnels, le village ne se contente plus d’attirer les visiteurs : il capte également une part importante de leurs dépenses.

Des bénéfices qui varient selon les établissements

Derrière les chiffres impressionnants de fréquentation, les retombées économiques sont donc loin d’être uniformes. Une restauratrice malouine interrogée par l’AFP explique ainsi qu’en 2022, son établissement n’avait réellement bénéficié de l’affluence que durant les trois derniers jours précédant le départ, avec environ 2 000 euros de chiffre d’affaires supplémentaires par jour. Pour cette nouvelle édition, elle a néanmoins choisi de renforcer son équipe en recrutant une serveuse et un crêpier.

À ces disparités s’ajoutent les difficultés de circulation et de stationnement. L’installation puis le démontage des infrastructures mobilisent de nombreux espaces habituellement accessibles aux visiteurs, ce qui peut freiner la fréquentation des commerces intra-muros avant et après la course. Pour Anthony Rambaud, cette évolution traduit aussi une transformation de l’esprit initial de l’événement. À ses débuts, la Route du Rhum favorisait davantage les échanges entre les marins, les habitants et les commerçants. Les skippers se retrouvaient dans les restaurants de la ville, contribuant à faire vivre l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, certains professionnels regrettent que l’activité se concentre de plus en plus dans l’enceinte du village, au détriment des établissements historiques de Saint-Malo.

La Guadeloupe profite elle aussi de l’effet Route du Rhum

À plus de 6 000 kilomètres de Saint-Malo, de l’autre côté de l’Atlantique, la Route du Rhum constitue également un levier économique majeur pour la Guadeloupe, destination finale de la transatlantique. Selon une étude d’impact de l’Observatoire régional (DOREIG), les visiteurs venus assister aux arrivées de l’édition 2022 avaient dépensé 26,9 millions d’euros sur l'archipel.

L’événement contribue ainsi à dynamiser l’hébergement, la restauration, les transports et les activités touristiques, tout en offrant à la destination une visibilité internationale. « Pour un euro investi, nous en récupérons cinq », souligne Denis Céleste, directeur des affaires économiques de la région Guadeloupe, dans un communiqué.

Cette dimension touristique fait de la Route du Rhum un événement singulier dans le paysage de la course au large. Son impact ne se limite pas au port de départ : il se prolonge jusqu’aux Antilles, où les arrivées des concurrents participent à l’animation économique du territoire. Pour Saint-Malo comme pour la Guadeloupe, l’enjeu dépasse donc largement la performance sportive. Si la Route du Rhum demeure une formidable vitrine internationale, le défi consiste désormais à faire profiter davantage l’ensemble des acteurs locaux de son succès, sans perdre l’esprit populaire et convivial qui a contribué à sa renommée.

 
 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.