Golden Globe Race : Damien Guillou franchit le cap de Bonne-Espérance en tête, avec près de 775 milles d’avance

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Après 57 jours et 10 heures de course, Damien Guillou a franchi le cap de Bonne-Espérance dans la nuit du 2 au 3 novembre. Toujours solidement installé en tête de la Golden Globe Race, le navigateur français signe un temps de passage proche du record de Jean-Luc Van Den Heede et s’élance désormais vers les redoutables mers du Sud.

Après 57 jours et 10 heures de course, Damien Guillou a franchi le cap de Bonne-Espérance dans la nuit du 2 au 3 novembre. Toujours solidement installé en tête de la Golden Globe Race, le navigateur français signe un temps de passage proche du record de Jean-Luc Van Den Heede et s’élance désormais vers les redoutables mers du Sud.

© polaRYSE | Effets Mer | Solarem

Un premier cap franchi après 57 jours de navigation

Damien Guillou poursuit sa course en solitaire sur un rythme impressionnant. Parti des Sables-d’Olonne le 6 septembre dernier à bord de son Rustler 36 SOLAREM, le skipper français a franchi le cap de Bonne-Espérance dans la nuit du 2 au 3 novembre, aux alentours de 00h00 UTC, soit 1h00 en France. Il devient ainsi le premier concurrent de cette édition de la Golden Globe Race à passer ce cap emblématique, première des trois grandes étapes géographiques de ce tour du monde à l'ancienne, disputé sans escale, sans assistance et sans moyens modernes de communication.

Au pointage de 12h00 UTC, son avance atteignait près de 775 milles nautiques sur son plus proche poursuivant, Ertan Beskardes. Un écart considérable après moins de deux mois de course, qui témoigne de la régularité du Français depuis son départ des Sables-d’Olonne. Mais le passage de Bonne-Espérance représente bien davantage qu'une étape symbolique. Il marque aussi l'entrée dans l'océan Indien, où les navigateurs doivent composer avec des conditions météorologiques particulièrement exigeantes.

Suivez les skippers grâce à la cartographie en direct ! Et pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.

Un chrono à moins de quatre jours du record de Jean-Luc Van Den Heede

Avec un temps de passage de 57 jours et 10 heures, Damien Guillou réalise également une belle performance chronométrique. Il se situe à seulement 3 jours et 14 heures du temps établi par Jean-Luc Van Den Heede lors de sa victoire dans la Golden Globe Race 2018. Le navigateur français avait alors franchi Bonne-Espérance après 53 jours et 20 heures de course.

La progression est encore plus remarquable lorsqu'on compare ce résultat à sa première participation, en 2022. Damien Guillou avait alors mis 67 jours pour atteindre ce même cap, avant d'être contraint à l'abandon à Cape Town. Quatre ans plus tard, il améliore donc son précédent temps de passage de près de dix jours. Une évolution significative dans une épreuve où les skippers naviguent sur des voiliers de conception ancienne, avec des moyens de navigation volontairement limités.

Un leader qui a déjà surmonté plusieurs difficultés

Depuis les premiers jours de course, Damien Guillou occupe les avant-postes de la flotte. Une position qu'il a su conserver malgré les nombreux pièges rencontrés sur sa route. La traversée de l'Atlantique ne lui a pas épargné les zones de calme, capables de ralentir considérablement la progression des concurrents. Plus au sud, les premières dépressions australes ont ensuite imposé une navigation plus engagée, avec des conditions de mer et de vent nettement plus musclées.

Le skipper de SOLAREM a également dû faire face à un incident technique important près de l'île de Trindade, dans l'Atlantique Sud. Victime d'une rupture de drisse de grand-voile, il est parvenu à remplacer cet élément essentiel de son gréement en pleine mer, sans assistance extérieure. Une réparation indispensable pour poursuivre sa route dans de bonnes conditions, mais aussi une illustration des exigences particulières de la Golden Globe Race, où chaque concurrent doit pouvoir compter sur ses propres compétences pour résoudre les problèmes rencontrés à bord.

Cap sur l'océan Indien et les mers du Sud

Bonne-Espérance désormais dans son sillage, Damien Guillou aborde une nouvelle phase de son tour du monde. Devant lui s'étend l'immensité de l'océan Indien, avec ses longues houles australes, ses dépressions successives et ses vents parfois particulièrement violents. C'est aussi dans ces latitudes que le navigateur français souhaitait revenir pour vivre pleinement l'expérience des mers du Sud, après son abandon prématuré en 2022.

Les prochaines grandes étapes seront le cap Leeuwin, à l'extrémité sud-ouest de l'Australie, puis le mythique cap Horn, à la pointe de l'Amérique du Sud. Deux passages majeurs qui imposeront de maintenir un équilibre permanent entre vitesse, préservation du bateau et sécurité.

Avec près de 775 milles d'avance, Damien Guillou dispose d'une marge confortable sur ses poursuivants. Mais dans une course aussi longue et imprévisible que la Golden Globe Race, rien n'est jamais acquis. Les conditions météorologiques, la fatigue et les éventuelles avaries peuvent rapidement redistribuer les cartes. Pour l'heure, le Français poursuit son tour du monde en position de force, avec un premier cap franchi et un chrono qui confirme son excellent début de course. La prochaine bataille se jouera désormais dans les eaux exigeantes de l'océan Indien.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.