Route du Rhum - Destination Guadeloupe : Tom Laperche fonce vers la Guadeloupe, les Class40 face à un front redoutable
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Tom Laperche se rapproche de la Guadeloupe en ULTIM
À bord de SVR-Lazartigue, Tom Laperche continue d'imposer un rythme soutenu en tête de la flotte ULTIM. Le skipper, qui bénéficie désormais d'une avance confortable sur ses poursuivants, est attendu samedi après-midi en Guadeloupe. Sauf incident ou retournement météorologique, il pourrait donc être le premier concurrent à franchir la ligne d'arrivée de cette édition de la Route du Rhum. Une perspective qui se précise au fil des heures, même si les dernières centaines de milles nécessiteront encore de la vigilance.
Derrière lui, la bataille pour la deuxième place reste particulièrement disputée. Au classement de 15 heures, Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) et Louis Burton (Ultim Armand Thiery) n'étaient séparés que de deux milles, un écart infime à l'échelle d'une traversée de l'Atlantique. Les deux navigateurs poursuivent leur duel à distance, chaque variation de vitesse et chaque choix de trajectoire pouvant modifier leur position respective. Si Tom Laperche semble avoir pris une option sérieuse sur la victoire, la lutte pour les autres places du podium pourrait se prolonger jusqu'à l'approche des côtes guadeloupéennes.
Les prochaines heures s'annoncent particulièrement délicates pour les concurrents de la catégorie Class40. Les monocoques de 40 pieds s'apprêtent à traverser un front actif, accompagné de fortes précipitations et de rafales pouvant atteindre une quarantaine de nœuds. Au-delà de la puissance du vent, les skippers devront surtout composer avec son instabilité, les changements brusques de direction pouvant compliquer les manœuvres et mettre les bateaux à rude épreuve.
À l'arrière de la flotte, Yannick Rebuffat (Mussulo40) se prépare à affronter ce premier véritable coup de vent en sécurisant son matériel et en vérifiant l'ensemble de son bateau. Même prudence du côté de Gaëtan Thomas (Barco Brasil), qui privilégie temporairement la sécurité à la performance afin de franchir cette zone perturbée dans les meilleures conditions. Dans une course aussi longue, préserver son bateau constitue parfois la meilleure stratégie pour rester dans la compétition.
En tête de la catégorie, Guillaume Pirouelle (Sogestran Seafrigo) mesure lui aussi les difficultés qui l'attendent. « Les conditions vont devenir beaucoup plus instables, avec des rotations de vent potentiellement très fortes et très brusques. C'est surtout ce passage qui demande de l'attention », explique le navigateur, conscient que la moindre erreur pourrait coûter cher. Une dizaine de concurrents restent en embuscade derrière lui, prêts à profiter de la moindre opportunité pour prendre les commandes. Selon la manière dont chacun négociera le passage du front, la hiérarchie pourrait être profondément modifiée, faisant de cet épisode météorologique l'un des premiers grands tournants de la course des Class40.
Chez les IMOCA, Corentin Horeau poursuit son impressionnante échappée à bord de MACSF. Solidement installé en tête depuis plusieurs jours, le navigateur possède désormais près de 190 milles d'avance sur Boris Herrmann (Malizia 4), tandis que Francesca Clapcich (11th Hour Racing) complète le trio de tête. Cette domination ne signifie pourtant pas que la navigation est devenue plus simple, bien au contraire. Les conditions météorologiques restent exigeantes et obligent les skippers à une vigilance permanente.
Corentin Horeau en a récemment fait l'expérience lorsqu'un violent orage l'a surpris, provoquant une accélération spectaculaire du vent, passé de 8 à 40 nœuds en seulement quinze secondes. Contraint d'adapter immédiatement sa trajectoire pour réduire sa voile d'avant, le skipper a finalement réussi à maîtriser la situation sans subir de dégâts. Il s'attend désormais à rencontrer des vents d'environ 35 nœuds au reaching, une allure particulièrement physique et exigeante sur ces monocoques à foils. « Le problème, c'est que même lorsqu'on veut ralentir, on n'y arrive pas toujours ! », reconnaît-il, illustrant les difficultés rencontrées pour contrôler ces machines extrêmement rapides lorsque les conditions se dégradent.
De son côté, Boris Herrmann continue de croire en ses chances malgré l'écart qui le sépare du leader. Le navigateur allemand évolue actuellement sur le flanc exposé au vent d'une dépression, dans une mer agitée qui limite ses possibilités d'accélération. Il compare même les conditions à celles d'une station de lavage automobile, tant les embruns et les paquets de mer viennent frapper les vitrages de son bateau. Conscient que Corentin Horeau bénéficie actuellement d'une meilleure vitesse moyenne et d'un état de mer probablement plus favorable, il refuse néanmoins de considérer la course comme jouée. Avec encore de nombreux milles à parcourir, les évolutions météorologiques pourraient lui offrir de nouvelles possibilités de revenir sur son adversaire.
Dans la catégorie Ocean Fifty, Basile Bourgnon continue d'imposer son rythme à bord de son trimaran rouge Edenred. Le jeune navigateur poursuit sa progression en tête de la flotte et parvient progressivement à distancer ses adversaires. Sa régularité et sa capacité à exploiter les conditions météorologiques lui permettent de conserver une position favorable, même si les écarts restent susceptibles d'évoluer au gré des prochaines transitions météo.
Derrière lui, Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) joue une partition différente. Après avoir choisi dès mardi soir une trajectoire nettement plus septentrionale que celle de ses concurrents, le skipper a entrepris un virement de bord vers le sud. Cette option stratégique pourrait lui permettre de retrouver des conditions de vent plus favorables, mais son efficacité reste encore incertaine. La comparaison des trajectoires dans les prochaines heures permettra de déterminer si ce détour constitue une opportunité de revenir sur les premiers ou s'il risque, au contraire, d'accentuer les écarts au classement.
Les catégories Vintage Mono et Vintage Multi offrent elles aussi leur lot de confrontations serrées. Si les bateaux engagés appartiennent à l'histoire de la course au large, leurs skippers restent animés par le même esprit de compétition que les navigateurs des classes les plus modernes. Les écarts réduits et les performances relativement proches rendent ces affrontements particulièrement intéressants à suivre.
Chez les Vintage Mono, quatre concurrents se disputent les premières positions : Tanguy Caradec (Eurvad), Kieran Le Borgne (Armor-Lux – Le Finistère Assurance), Patrick Isoard (Groupe Cogedis Pour Enfants du Mékong) et Sidney Gavignet (Le Cigare Rouge). Avec des vitesses similaires, les navigateurs avancent au coude-à-coude et cherchent à tirer le meilleur parti de leurs bateaux. Patrick Isoard se réjouit de cette proximité entre concurrents, tandis que Kieran Le Borgne apprécie l'intensité de la bataille, chacun devant multiplier les efforts pour conserver sa place.
En Vintage Multi, un autre duel anime la tête de course entre Damien Seguin (Arkéa – Handicap International) et Éric Péron (French Touch – Oceania Hotels), tous deux engagés sur d'anciens trimarans ORMA. Ces multicoques, qui ont marqué l'histoire de la voile océanique, continuent de démontrer leur potentiel entre les mains de navigateurs expérimentés. Damien Seguin ne cache d'ailleurs pas le plaisir qu'il prend à bord de sa machine : « J'ai bien conscience que je suis sur une machine formidable et c'est très plaisant. » Une manière de rappeler que ces catégories ne se limitent pas à un hommage au patrimoine nautique, mais proposent une véritable compétition sportive.
La journée est également marquée par plusieurs incidents qui rappellent les risques d'une traversée de l'Atlantique en solitaire. Après son chavirage survenu environ trente heures plus tôt, Matthieu Perraut a été récupéré ce matin à 6 h 15 TU par le Merida, navire de sauvetage d'Oceanic Assistance. Le skipper est sain et sauf et se trouve désormais en sécurité. L'opération, menée par l'équipage dirigé par Adrien Hardy, a également permis de redresser le trimaran ELVEST, dont le remorquage vers les Açores a été entrepris.
Un autre incident concerne Erwan Le Draoulec, qui naviguait à une centaine de milles au sud-ouest de l'île de Flores lorsqu'il s'est luxé l'épaule au cours d'une manœuvre. Le navigateur évoluait alors dans un vent de nord-ouest soufflant à environ 25 nœuds. Malgré la douleur, il est parvenu à remettre son épaule en place quelques minutes après l'accident. Après concertation avec son équipe à terre et avis médical, il a néanmoins décidé de se dérouter vers Horta, aux Açores, afin de ne pas prendre de risques supplémentaires.
Dans la catégorie Class40, Pamela Lee (#Empower) fait également route vers l'archipel portugais en raison de problèmes d'énergie à bord. Ces différents incidents soulignent la difficulté de la course, particulièrement lorsque les conditions météorologiques se dégradent et que les skippers doivent gérer seuls les imprévus techniques ou physiques.
Alors que les premiers ULTIM se rapprochent de la Guadeloupe, les situations restent très contrastées selon les catégories. Tom Laperche semble idéalement placé pour s'imposer, tandis que Corentin Horeau et Basile Bourgnon continuent de consolider leur position de leader. Derrière eux, les duels restent ouverts et les différentes options météorologiques pourraient encore provoquer des changements importants au classement.
L'attention se porte désormais particulièrement sur les Class40, dont le passage du front constituera l'un des principaux enjeux des prochaines heures. Entre gestion du bateau, maîtrise des manœuvres et choix de trajectoire, les skippers devront trouver le meilleur compromis entre vitesse et sécurité. Une nouvelle illustration de toute la complexité de la Route du Rhum, où la performance ne se mesure pas uniquement à la vitesse, mais aussi à la capacité de chaque navigateur à anticiper et à composer avec les caprices de l'Atlantique.
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