L’État soutient l’APPA pour accélérer la transition environnementale des ports de plaisance atlantiques
Sur le port des Minimes, à La Rochelle, le symbole était tout trouvé. À quelques pas du nouveau local de l’Association des Ports de Plaisance de l’Atlantique, l’APPA, l’État a officialisé son soutien au déploiement de la certification environnementale Ports Propres et Ports Propres Actifs en Biodiversité sur la façade Sud-Atlantique. La séquence s’est tenue en présence de Sophie Brocas, préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, de Michel Prosic, préfet de Charente-Maritime, d’Édouard Perrier, directeur interrégional de la mer Sud-Atlantique, ainsi que de plusieurs représentants du monde portuaire, parmi lesquels Christophe Bouvet, président du conseil d’administration du Port de La Rochelle, et Bertrand Moquay, vice-président de l’APPA.
Derrière cette officialisation, l’objectif est clair : permettre à davantage de ports de plaisance de s’engager dans une démarche environnementale structurée, mesurable et durable. Le programme porté par l’APPA bénéficiera d’un financement public de 167 000 euros sur trois ans, avec le soutien de l’État, de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, de l’ADEME Nouvelle-Aquitaine et de la Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique. Cette enveloppe doit permettre de renforcer l’accompagnement des ports, aussi bien sur le terrain que dans la durée. Formation des agents portuaires, sensibilisation des plaisanciers et du grand public, diagnostics environnementaux, construction de plans d’actions, animation territoriale : l’APPA entend donner aux gestionnaires les moyens de passer de l’intention à l’action.
La certification Ports Propres repose sur une idée simple : aider les ports à réduire concrètement leur impact environnemental. Gestion des déchets, prévention des pollutions, qualité des eaux, maîtrise des consommations d’eau et d’énergie, préservation de la biodiversité… la démarche touche à tous les grands enjeux auxquels les ports de plaisance sont aujourd’hui confrontés. Reconnue à l’échelle internationale depuis novembre 2024, la certification ISO 18725 accompagne les ports dans une logique d’amélioration continue. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’obtenir un label, mais de progresser année après année, avec des objectifs suivis, évalués et adaptés aux réalités de chaque site.
L’ambition est double : faire entrer de nouveaux ports dans la démarche Ports Propres et permettre aux ports déjà certifiés d’aller plus loin, notamment grâce au référentiel Ports Propres Actifs en Biodiversité.
Lors du Conseil maritime de façade Sud-Atlantique, organisé le 30 juin à La Rochelle, plusieurs réalisations ont été mises en avant. À Anglet, une aire de carénage en circuit fermé permet de mieux maîtriser les rejets liés à l’entretien des bateaux. À Capbreton ou Rochefort, des bornes connectées participent à une gestion plus fine des consommations. À La Rochelle, des pondoirs à seiches ont été installés dans le port de plaisance, tandis qu’Arcachon a déployé des hôtels à hippocampes. Ces initiatives montrent que la transition environnementale des ports ne se limite plus aux grands principes. Elle se traduit par des équipements, des usages et des aménagements visibles, directement liés à la vie quotidienne des ports. À La Rochelle, la visite officielle a également permis de présenter le Point Propre, espace dédié à la collecte, au tri et à la valorisation des déchets des plaisanciers et des professionnels. Un équipement emblématique, et l’un des critères essentiels de la certification.
Avec la croissance des usages nautiques, les ports de plaisance occupent une place stratégique dans la protection du littoral. Ils sont à la fois lieux de passage, d’activité économique, de loisirs et d’interface directe avec le milieu marin. Leur rôle dans la gestion des déchets, la prévention des pollutions ou la sensibilisation des plaisanciers devient donc central. Le soutien apporté à l’APPA traduit cette évolution : les ports ne sont plus seulement des infrastructures d’accueil, mais des acteurs à part entière de la transition écologique maritime. Et sur la façade Sud-Atlantique, l’enjeu est désormais d’entraîner tout un réseau dans cette dynamique.
En mobilisant l’État, les agences publiques, les gestionnaires portuaires et les équipes de terrain, ce programme veut faire de Ports Propres un véritable outil de transformation. Une manière, aussi, de préparer les ports de plaisance de demain : plus sobres, plus responsables, et davantage intégrés dans leur environnement naturel.
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