Une journée d’été sur cette île anglo-normande où les voitures n’existent pas

À seulement vingt minutes de bateau de Guernesey, Herm offre un étonnant concentré d’évasion. Plages blanches, criques turquoise, sentiers côtiers et jardins fleuris composent le décor de cette île miniature, idéale pour une escapade estivale à pied, entre baignade et grand air.

À peine le bateau a-t-il quitté le port animé de Saint-Pierre-Port que le dépaysement commence. Guernesey s’éloigne, la côte se découpe derrière le sillage et, vingt minutes plus tard, Herm apparaît à l’horizon. Pas de voitures, pas de circulation, pas même de véritable village : sur cette petite île anglo-normande, la journée se déroule au rythme des pas, des marées et des envies. Située à environ cinq kilomètres de Guernesey, Herm est la plus petite des principales îles anglo-normandes accessibles au public. On peut la traverser en une vingtaine de minutes et en faire le tour à pied en quelques heures. Pourtant, elle possède assez de plages, de chemins et de criques pour remplir une belle journée d’été. 

 

Le matin, débarquer au cœur d’une île sans voitures

L’arrivée se fait généralement près du petit port, sur la côte ouest. Dès les premiers mètres, Herm impose son atmosphère : quelques maisons aux façades claires, des jardins soignés, un hôtel tourné vers la mer et des chemins qui remplacent les routes.

Ici, nul besoin de planifier un itinéraire compliqué. Une carte glissée dans le sac suffit, même si les sentiers sont faciles à suivre. Pour découvrir l’île dans le bon tempo, le mieux est de commencer par son intérieur verdoyant avant de rejoindre progressivement la côte orientale. Le chemin passe notamment près de la petite chapelle Saint-Tugual. Sobre et discrète, elle rappelle que cette terre minuscule est habitée depuis des siècles. Un peu plus loin, les jardins, les prairies et les sous-bois composent un décor presque anglais, brusquement interrompu par une trouée sur la mer.

© AdobeStock - allard1

Shell Beach, le grand air des Caraïbes… version anglo-normande

Le premier grand rendez-vous de la journée porte un nom prometteur : Shell Beach. Cette longue plage claire doit sa couleur aux innombrables fragments de coquillages mêlés au sable. Lorsque le soleil illumine la baie, l’eau prend des reflets turquoise qui contrastent avec les rochers sombres et les herbes des dunes. C’est le moment de poser la serviette, de marcher les pieds dans l’eau ou de louer un kayak ou un paddle lorsque les conditions le permettent. Un café saisonnier installé près de la plage permet également de prendre une boisson fraîche, une glace ou un déjeuner léger sans quitter le bord de mer. La baignade est tentante, mais la Manche conserve son caractère : même en été, l’eau reste fraîche. Elle se découvre donc progressivement, surtout lorsque la brise se lève ou après le passage d’un nuage. Par belle journée, les faibles profondeurs proches du rivage se réchauffent néanmoins agréablement.

© AdobeStock - cjames40

Belvoir Bay, la crique qui mérite le détour

Après Shell Beach, le sentier côtier conduit vers Belvoir Bay. Plus petite et davantage encaissée, cette crique offre une ambiance différente. On y descend par un chemin aménagé entre les fougères et la végétation littorale avant de découvrir une plage protégée par les falaises. Belvoir Bay se prête particulièrement bien à une pause en famille. La baie paraît plus intime, l’eau est souvent calme et le paysage donne l’impression d’avoir trouvé un refuge à l’écart du reste de l’île. Un kiosque saisonnier permet là encore de se restaurer simplement en été. Les deux plages peuvent être fréquentées au cœur de la journée, surtout lorsque plusieurs bateaux arrivent de Guernesey. Mais il suffit généralement de reprendre le sentier ou de marcher jusqu’à une extrémité de la baie pour retrouver davantage de tranquillité.

© AdobeStock - davidyoung11111

L’après-midi, suivre les falaises du sud

Après la baignade vient la plus belle partie de la promenade. Depuis Belvoir Bay, le sentier grimpe vers la côte sud, plus sauvage et plus escarpée. Le paysage change rapidement : les grandes plages disparaissent au profit des rochers, des falaises et des anses étroites.

Depuis les hauteurs, le regard embrasse Guernesey, Sercq et les îlots voisins. Par temps clair, la côte française peut également se dessiner au loin. Ce contraste entre une île minuscule et un horizon aussi vaste fait tout le charme de la promenade. Le parcours ne présente pas de difficulté majeure, mais de bonnes chaussures sont préférables. Certains passages comprennent des marches et des portions plus raides. Il faut aussi conserver un peu de temps : les points de vue invitent régulièrement à s’arrêter. La côte est fréquentée par de nombreux oiseaux marins. Avec un peu de patience, il est également possible d’apercevoir des dauphins au large, tandis que les macareux fréquentent surtout les environs au printemps.

 

Une dernière pause face au port

En fin d’après-midi, le chemin revient vers la côte ouest et le secteur du port. C’est l’heure de s’installer en terrasse, de prendre un verre ou de savourer un repas avant le bateau du retour. Herm compte notamment le White House Hotel et la Mermaid Tavern, deux adresses emblématiques de l’île. Il faut cependant garder un œil sur l’heure et sur le lieu exact d’embarquement. Selon la marée, les départs peuvent s’effectuer depuis le port principal ou depuis Rosaire Steps, un débarcadère situé plus au nord. Les indications sont communiquées sur place et par la compagnie maritime. Puis vient le moment de remonter à bord. Herm s’éloigne aussi rapidement qu’elle est apparue, avec la sensation d’avoir passé la journée beaucoup plus loin que ne le laisse penser la carte.

© AdobeStock - Elisabeth

Comment se rendre sur l’île de Herm ?

Herm ne possède ni aéroport ni liaison directe régulière avec la France. Il faut d’abord rejoindre Guernesey, par avion ou par ferry, puis embarquer à Saint-Pierre-Port à bord d’une navette de la compagnie Travel Trident. La traversée dure environ vingt minutes et plusieurs rotations sont habituellement proposées chaque jour pendant la haute saison. Les horaires varient toutefois selon la date, la météo et les marées : mieux vaut les vérifier avant le départ et réserver suffisamment tôt au cœur de l’été. Pour 2026, le tarif standard annoncé par la compagnie est de 19 livres sterling par adulte et 9 livres par enfant. Les plaisanciers peuvent également rejoindre Herm par leurs propres moyens, en tenant compte des courants, des marées et des possibilités de mouillage autour de l’île.

 

Quel temps fait-il à Herm en été ?

Herm bénéficie d’un climat océanique doux, directement influencé par la Manche. En juillet et en août, les températures maximales tournent généralement autour de 19 °C dans l’archipel de Guernesey. Les journées peuvent être lumineuses et agréablement tempérées, sans les chaleurs parfois marquées du continent. Le temps reste toutefois changeant : une matinée ensoleillée peut laisser place à quelques nuages, à une courte averse ou à une brise plus sensible sur les falaises. Le sac idéal contient donc une protection solaire, de l’eau, un coupe-vent léger et un vêtement supplémentaire pour le retour en bateau.

Herm n’est pas une destination où l’on vient accumuler les visites. Son principal attrait tient justement à ce qu’elle ne possède pas : ni voitures, ni grandes routes, ni agitation urbaine. Une journée suffit pour en parcourir les contours, mais quelques heures seulement pour comprendre que, sur cette île miniature, l’été se savoure surtout en prenant son temps.

 

 

Et avant de vous y rendre, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine

Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock -  Elisabeth

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.