En septembre, Chios et Lesbos révèlent une Grèce encore largement méconnue
Chios et Lesbos séduisent moins par un monument unique que par la variété de leurs paysages et de leurs histoires. Leur proximité avec l’Anatolie se lit dans l’architecture, la cuisine et l’organisation des ports. Toutes deux sont habitées toute l’année, avec de vraies villes, des campagnes agricoles et des villages qui ne vivent pas exclusivement du tourisme.
Cette dimension change l’expérience en septembre. Lorsque les visiteurs de plein été repartent, les tavernes ne ferment pas toutes leurs portes et les ports retrouvent simplement leur rythme habituel. Il faut en revanche accepter les distances : Lesbos est la troisième plus grande île de Grèce, et Chios ne se résume pas à sa capitale. Louer un véhicule ou prévoir plusieurs escales maritimes permet d’éviter une découverte trop superficielle.
Le sud de Chios est le territoire des Mastichochoria, les villages producteurs de mastic. Cette résine aromatique est récoltée sur une variété de lentisque qui a façonné l’économie et l’identité de l’île. Pyrgi se reconnaît à ses façades couvertes de motifs géométriques noirs et blancs. Mesta, plus compacte, conserve une structure médiévale défensive faite de passages voûtés et de maisons serrées les unes contre les autres.
La côte change elle aussi de ton. Mavra Volia, près d’Emporios, est formée de galets volcaniques sombres qui contrastent avec une eau très claire. Plus au nord, les paysages se font plus austères et les villages plus espacés. Chios-ville constitue le principal point d’arrivée et le centre le plus animé, mais son front de mer n’est qu’une introduction à une île beaucoup plus secrète.
Lesbos joue sur une autre échelle. Mytilène, sa capitale, mêle vie portuaire, maisons néoclassiques et quartiers contemporains. Au nord, Molyvos descend en amphithéâtre sous une forteresse médiévale, avec un port de pêche particulièrement agréable en fin de journée. Au sud, Plomari reste attachée à la production d’ouzo, tandis que le golfe de Kalloni ouvre un vaste paysage d’eaux calmes, d’oliveraies et de zones humides.
À l’ouest, le décor devient presque aride. La forêt pétrifiée, issue d’une activité volcanique ancienne, constitue l’un des grands sites naturels de l’île. Lesbos est d’ailleurs classée dans son ensemble comme géoparc mondial de l’Unesco. Ce contraste permanent, entre forêts, terres sèches, sources thermales et longues plages, explique pourquoi quelques jours ne suffisent pas toujours.
Pour les plaisanciers, l’Égée orientale offre des distances plus importantes et une fréquentation souvent moindre que les bassins les plus célèbres de Grèce. Les ports de Chios, Mytilène, Molyvos ou Plomari permettent de construire un itinéraire, mais les équipements et la protection varient fortement d’une escale à l’autre. Il faut également tenir compte du meltem, qui peut encore souffler en septembre, et des accélérations près des caps.
La proximité de la côte turque ne dispense d’aucune formalité : passer d’un pays à l’autre reste une navigation internationale. Pour un voyage limité à la Grèce, le plus simple est de rester dans les eaux grecques et de considérer Chios et Lesbos comme deux destinations à part entière plutôt que comme de rapides étapes.
Septembre reste chaud dans l’Égée orientale. En début de mois, les maximales approchent fréquemment 27 à 30 °C et la mer conserve autour de 24 à 25 °C. La chaleur devient progressivement plus supportable pour visiter les villages et marcher. Les précipitations restent généralement limitées, mais le vent du nord peut encore marquer plusieurs journées consécutives. Une petite veste est utile sur l’eau et le soir, surtout durant la seconde moitié du mois.
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