Pourquoi septembre est l’un des meilleurs mois pour découvrir les fjords de Norvège
La fin de l'été ne ferme pas brutalement la porte des fjords norvégiens. Elle en change le tempo. Les longues journées de juin et juillet s'éloignent, mais la lumière reste généreuse au sud du cercle polaire. Elle glisse plus bas sur les versants, allonge les ombres et fait ressortir la roche, les forêts et les fermes accrochées au-dessus de l'eau. Pour les voyageurs qui acceptent une météo plus mobile, cette période offre un visage particulièrement nuancé de la Norvège.
Le Geirangerfjord et le Nærøyfjord constituent le cœur spectaculaire des fjords de l'Ouest inscrits au patrimoine mondial. Le premier est connu pour ses parois abruptes et ses cascades, dont les Sept Sœurs. Le second, bras étroit du Sognefjord, resserre la navigation entre des montagnes qui plongent presque directement dans l'eau.
En fin d'été, les navires d'excursion circulent encore, mais certains horaires commencent à se réduire. Il faut vérifier chaque liaison plutôt que de compter sur la fréquence de juillet. La récompense est immédiate : après le passage d'une averse, les nuages se déchirent parfois à mi-pente et donnent au paysage une profondeur presque irréelle.
Le Sognefjord s'étire sur plus de 200 kilomètres à l'intérieur des terres et permet de construire un voyage à plusieurs vitesses. Flåm concentre les arrivées et le célèbre train qui grimpe vers Myrdal ; Aurland et Undredal offrent une échelle plus modeste. Plus au nord, les bras de fjord conduisent vers les glaciers et des vallées où les sentiers restent praticables tant que les premières conditions hivernales ne s'installent pas.
Le Hardangerfjord propose une atmosphère différente. Vergers, villages et versants cultivés adoucissent le décor. À la fin d'août et en septembre, les pommes arrivent à maturité et les fermes mettent en avant jus et cidres locaux. C'est une manière très concrète de sentir le passage de saison, loin d'un simple changement de couleur sur les arbres.
Bergen constitue une base logique avant de gagner les fjords. Le quartier hanséatique de Bryggen, les quais, le marché aux poissons et les hauteurs accessibles en funiculaire donnent un aperçu dense de la côte ouest. La pluie y fait partie du voyage : mieux vaut l'intégrer au programme que tenter de l'éviter à tout prix. Musées, cafés et halles deviennent alors des étapes naturelles.
Sur la route, l'équipement compte davantage qu'en plein été. Une couche chaude, un vêtement réellement imperméable et des chaussures adaptées aux sols humides sont indispensables. En montagne, une journée douce au bord de l'eau peut coexister avec du vent, du brouillard ou des températures nettement plus basses en altitude.
Une semaine suffit pour découvrir un premier ensemble cohérent, à condition de renoncer à tout voir. Depuis Bergen, on peut rejoindre le Hardangerfjord, revenir vers Voss puis poursuivre vers Aurland et le Nærøyfjord. Une autre option consiste à gagner Ålesund et le Geirangerfjord, en prenant davantage de temps sur la route et les ferries. Dans les deux cas, deux nuits au même endroit permettent d'absorber une journée de pluie sans bouleverser tout le voyage.
Les routes panoramiques sont rarement rapides. Tunnels, traversées en ferry, travaux et arrêts fréquents allongent les temps annoncés par les applications. En fin d'été, certaines routes de montagne restent ouvertes mais peuvent connaître du brouillard, du gel matinal ou une fermeture temporaire. Il faut consulter l'état du réseau avant chaque étape et éviter de bâtir un programme dépendant d'une correspondance trop serrée.
Les ferries font partie du paysage et du réseau routier norvégien. Ils permettent de franchir les fjords tout en transformant le déplacement en mini-croisière. Le train et les bateaux de ligne ouvrent aussi des itinéraires sans voiture, notamment entre Bergen, Voss, Flåm et les bras du Sognefjord. À mesure que septembre avance, la réservation et la vérification des horaires deviennent plus importantes.
À la fin de l'été, tous les voyageurs doivent prévoir davantage de marge. Le vent peut être canalisé par les fjords, la température de l'eau reste basse et les heures de jour diminuent rapidement. Les randonneurs comme les passagers des bateaux d'excursion ont intérêt à suivre les prévisions, à conserver une solution de repli et à vérifier l'ouverture des services après la haute saison.
Fin août, le voyage conserve encore un parfum d'été. En septembre, les premières couleurs apparaissent plus franchement, surtout en altitude et dans l'intérieur des terres. Plus au nord, les nuits suffisamment sombres peuvent permettre d'apercevoir une aurore boréale, sans que le phénomène soit prévisible longtemps à l'avance ni garanti.
La saison se goûte aussi dans les assiettes. Les pommes du Hardanger, les baies, les champignons et les poissons donnent aux menus une tonalité plus automnale. Dans les villages, certaines tables réduisent leurs jours d'ouverture après la haute saison : réserver évite de découvrir trop tard que la seule cuisine du secteur a fermé. Les commerces ferment souvent plus tôt qu'en France, particulièrement le week-end et dans les petites localités.
Cette incertitude fait partie du charme. La Norvège de fin d'été n'offre pas un décor figé, mais une succession d'instants : un fjord immobile le matin, une averse sur les crêtes, une éclaircie rasante en fin de journée. Juste avant l'automne, le pays semble moins se visiter qu'il ne se regarde changer.
Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.




