Collioure, le petit port catalan qui a inspiré les peintres

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Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Lorsque les foules de l’été se retirent, Collioure retrouve en octobre la lumière qui fascina Matisse et Derain. Entre le château royal, les ruelles colorées et les vignes plongeant vers la Méditerranée, le port catalan offre une escapade culturelle aussi forte que son paysage.

Collioure semble avoir été composée pour le regard : un clocher posé dans l’eau, un château massif, des barques catalanes et des façades qui se reflètent dans la baie. Cette harmonie n’a pourtant rien d’un décor immobile. Le port a été tour à tour place forte, village de pêche et centre de commerce du vin avant de devenir une destination artistique et balnéaire. En octobre, le retrait des visiteurs permet de retrouver ces différentes couches. La Méditerranée peut encore être douce, les terrasses restent vivantes lors des beaux jours et les vignes des Albères commencent à changer de couleur.

L’été 1905, quand Matisse et Derain font basculer la couleur

Henri Matisse arrive à Collioure durant l’été 1905 et invite André Derain à le rejoindre. Tous deux peignent le port, les bateaux, les toits et les collines en libérant la couleur de sa fonction descriptive. Au Salon d’Automne, leurs œuvres et celles d’autres artistes provoquent une réaction célèbre : la critique parle de « fauves ». Collioure devient ainsi l’un des laboratoires du fauvisme.

Un chemin du Fauvisme, jalonné de reproductions, permet de comparer certains tableaux aux points de vue qui les ont inspirés. La ville a changé, les arbres ont grandi et les usages du port ne sont plus les mêmes ; c’est précisément ce décalage qui rend la promenade intéressante. Il ne s’agit pas de retrouver un cadre identique, mais de comprendre comment les artistes ont transformé ce qu’ils voyaient.

Du Mouré à Boramar, les ruelles et la baie sans le rythme de juillet

Le quartier du Mouré grimpe derrière l’église Notre-Dame-des-Anges. Escaliers, passages étroits et maisons blanchies composent un labyrinthe court mais dense. À ses pieds, la plage de Boramar occupe le centre de la baie, entre l’église et le château royal. En octobre, on peut s’y asseoir sans l’alignement compact des serviettes estivales.

La lumière du matin éclaire différemment la façade du clocher et les remparts ; celle du soir réchauffe les maisons du port d’Avall. Les photographes ont intérêt à revenir plutôt qu’à chercher un seul point de vue. Les jours de tramontane, le ciel devient très net mais les rafales rendent les quais inconfortables. Il faut alors rester loin des zones atteintes par les vagues.

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Le château royal, une forteresse qui raconte les frontières catalanes

Le château royal occupe une position stratégique entre deux anses. Ses fondations et transformations témoignent de plusieurs périodes, des rois de Majorque aux aménagements militaires successifs. La visite permet de comprendre pourquoi Collioure fut longtemps un verrou côtier, bien avant de devenir un motif de peinture. Les terrasses ouvrent des vues sur le clocher, les plages et les reliefs.

À l’époque moderne, la forteresse a aussi servi de lieu d’internement, notamment en 1939 pour des réfugiés républicains espagnols. Cette mémoire donne au monument une gravité souvent absente des cartes postales. Horaires et espaces accessibles changent selon les expositions et les événements ; il faut les consulter avant la visite.

Fort Saint-Elme et sentiers des vignes, Collioure se découvre aussi en hauteur

Au-dessus de la ville, le fort Saint-Elme surveille la côte et les cols. Son ouverture au public n’est pas constante, mais les chemins alentour offrent des panoramas remarquables. Les sentiers montent vite dans les vignes en terrasses, soutenues par des murets de schiste. Ces parcelles donnent les vins de Collioure et de Banyuls, travaillés sur un relief qui rend toute mécanisation difficile.

Octobre est propice à la marche, à condition de partir équipé. Le soleil reste fort, l’ombre rare et les pierres peuvent glisser après la pluie. La tramontane accroît le risque sur les crêtes. Une boucle courte et bien balisée vaut mieux qu’une improvisation. Les caves proposent des dégustations, mais leurs horaires d’arrière-saison doivent être confirmés.

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Anchois, vins et cuisine catalane derrière l’image de carte postale

La pêche à l’anchois a profondément marqué Collioure. Quelques maisons perpétuent la préparation au sel, dont le savoir-faire bénéficie d’une indication géographique protégée. Visiter un atelier ou une boutique spécialisée permet de comprendre les gestes, le temps de maturation et la différence entre un produit artisanal et une simple conserve souvenir.

À table, poissons, boles de picolat, escalivade et desserts catalans côtoient les vins secs de Collioure et les vins doux naturels de Banyuls. En octobre, réserver reste prudent le week-end, tandis que certains établissements prennent leurs congés après la saison. Les bonnes adresses ne se concentrent pas toutes sur le premier rang du port : les rues en retrait méritent aussi d’être explorées.

Antonio Machado, une autre mémoire espagnole au cimetière de Collioure

Collioure est également liée au poète espagnol Antonio Machado, mort dans la ville en février 1939 après avoir franchi la frontière avec les réfugiés de la Retirada. Sa tombe, au cimetière, reçoit encore lettres et hommages. Le lieu rappelle que la frontière toute proche fut un passage douloureux pour des milliers d’exilés.

Cette histoire résonne avec le chemin côtier et les routes vers Port-Vendres, Banyuls et Cerbère. Plusieurs lieux de mémoire et itinéraires permettent d’approfondir la Retirada. Aborder Collioure par ce prisme élargit considérablement la visite : derrière les couleurs fauves apparaît une ville frontalière, traversée par l’histoire européenne.

Venir en train et profiter d’octobre sans dépendre de la baignade

La gare place Collioure à distance de marche du centre, même si le retour chargé monte davantage. Le train relie Perpignan et les autres ports de la Côte Vermeille, ce qui permet de se passer de voiture et d’éviter des stationnements contraints. Port-Vendres se rejoint à pied par le littoral ou rapidement par le rail ; Banyuls constitue une autre extension logique autour du vin et de la mer.

En octobre, la baignade dépend de la température, du vent et de l’état de la mer. Les plages ne sont pas toujours surveillées et les criques rocheuses deviennent dangereuses dès que la houle se lève. Deux nuits permettent de choisir le bon moment pour les sentiers, le château et la baie. Collioure ne doit pas seulement son pouvoir aux artistes qui l’ont peinte : elle continue de montrer pourquoi la lumière, l’histoire et le relief pouvaient ici changer une manière de voir.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.