Quels forts visiter dans la baie de Saint-Malo en automne ?

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À Saint-Malo, les forts surgissent au rythme des marées, posés sur les rochers comme des sentinelles. Ils racontent la défense d’un port convoité, l’ingéniosité de Vauban et de son ingénieur Garangeau, mais aussi une relation quotidienne entre la ville, les courants et les grandes marées. En été, les promenades sur les remparts se prolongent par des traversées à pied ou en bateau vers les îlots, lorsque les accès sont ouverts. De Fort National au Petit Bé, la baie se lit comme un paysage maritime fortifié, où l’histoire s’éclaire depuis la mer.

Pourquoi Saint-Malo a-t-elle fortifié sa baie ?

À partir du XVIIe siècle, la baie de Saint-Malo devient un ensemble défensif destiné à protéger le port et ses approches des attaques anglaises et hollandaises. Louis XIV confie à Vauban la conception du système, tandis que l’ingénieur Siméon Garangeau conduit les travaux. Les forts s’installent sur des rochers et des îlots, en complément des remparts et des batteries côtières. Leur position permet de contrôler les passes et de rendre l’accès à la cité corsaire plus difficile pour les navires ennemis. Cette architecture n’est pas un décor isolé : elle répond au relief, aux courants et au niveau de la mer. Les canons et les murs épais protègent des tirs venus du large, tandis que la marée transforme les voies d’accès. Les forts donnent ainsi à voir une histoire militaire façonnée par l’océan. Depuis les remparts, les silhouettes de Fort National, du Petit Bé et de l’île Harbour composent une lecture très concrète du système, surtout lorsque la mer se retire et révèle les rochers qui les portent.

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Fort National, une sentinelle au pied des remparts

Construit en 1689 sur le rocher de l’Islet, Fort National est l’un des plus proches de la ville fortifiée. Garangeau le réalise selon les plans de Vauban pour renforcer la défense de Saint-Malo. À marée basse, on peut gagner le fort à pied lorsque le site est ouvert aux visiteurs ; le drapeau français hissé indique traditionnellement que la visite est possible. Depuis ses plateformes, le regard embrasse les remparts, la plage du Sillon et la baie qui s’étend vers Dinard.

La visite aide à comprendre comment les ouvrages s’articulaient avec la ville : l’enceinte protège les rues et le port, tandis que les forts avancés contrôlent le large. À l’intérieur, les salles, les embrasures et les canons rendent tangible la vie militaire, plus austère que les panoramas. Il faut vérifier les horaires d’ouverture et l’état de la marée avant de partir. L’accès à pied n’est jamais une simple promenade improvisée : une remontée rapide de l’eau peut isoler l’îlot, et les indications locales priment toujours.

Le Grand Bé et le Petit Bé, deux îlots liés à la marée

Le Grand Bé se trouve au pied des remparts et abrite la tombe de l’écrivain Chateaubriand, né à Saint-Malo. Plus au large, le Petit Bé porte un fort achevé en 1707, après la mort de Vauban. Le premier attire les promeneurs qui souhaitent rejoindre le tombeau ; le second permet d’explorer un ouvrage militaire restauré et d’en apprendre davantage sur la défense maritime. Les deux îlots ne sont accessibles à pied qu’à certaines heures de marée basse, et le Petit Bé peut aussi se rejoindre en bateau-passeur selon les conditions.

La fenêtre de passage est limitée, car la mer recouvre rapidement le chemin. Il faut consulter les horaires de marée et respecter les horaires de retour communiqués par les responsables du site. Sur le Petit Bé, les visites commentées évoquent les systèmes de défense, les canons de marine et les mécanismes des marées. La vue sur la ville, l’estuaire de la Rance et le cap Fréhel donne une autre échelle à la baie. Pour les personnes à mobilité réduite, les accès rocheux et les chemins irréguliers imposent de vérifier l’accessibilité avant la visite.

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Quels autres forts observer dans la baie ?

Le fort de la Conchée se tient au large de Rochebonne, à plusieurs kilomètres du rivage. Cet ouvrage massif, souvent décrit comme un fort-navire, est difficile d’accès et n’ouvre au public que lors de rares occasions, notamment pour les Journées européennes du patrimoine. On peut l’observer depuis la côte ou lors d’une sortie en mer lorsque l’itinéraire le permet. L’île Harbour, face à Dinard, et le fort Duguesclin complètent le dispositif défensif autour de Saint-Malo, avec des accès et des conditions de visite différents.

Les remparts offrent les meilleurs points de vue pour repérer ces constructions sans les approcher. Au Bastion de la Hollande, les canons et l’ouverture vers l’estuaire de la Rance rappellent la menace des flottes étrangères. Les forts s’inscrivent dans un ensemble plus large qui associe ouvrages côtiers, batteries et surveillance terrestre. Pour découvrir les secteurs éloignés, une excursion commentée en bateau permet de saisir les distances et les orientations, sans confondre une observation depuis le large avec une visite à terre. Certaines propriétés demeurent privées ou fermées pour des raisons de sécurité et de conservation.

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Comment les marées organisent-elles la visite des forts ?

À Saint-Malo, le marnage peut transformer profondément la baie en quelques heures. À marée basse, le sable et les rochers découvrent des itinéraires vers le Grand Bé, le Petit Bé et Fort National ; à marée haute, les mêmes accès disparaissent sous l’eau. Le coefficient ne suffit pas à lui seul pour décider d’une traversée : l’heure exacte, la météo, l’état des chemins et les consignes des gestionnaires comptent aussi. Les horaires affichés sur les sites touristiques et les panneaux locaux doivent être consultés le jour même.

Il est imprudent de s’engager sur un passage sans avoir vérifié l’heure de retour et le temps nécessaire pour rejoindre la terre ferme. En cas de doute, un bateau-passeur ou une visite guidée constitue une solution plus sûre lorsqu’elle est proposée. Les enfants doivent rester accompagnés, et les rochers humides peuvent être glissants même par beau temps. La marée est aussi une part du spectacle : attendre sur les remparts permet de voir le paysage se transformer et de comprendre pourquoi la défense de Saint-Malo a dû composer avec l’océan.

Que voir autour des forts entre deux promenades ?

Les remparts d’Intra-Muros forment une promenade continue au-dessus des plages et du port. On y découvre les bastions, les portes de la cité et les perspectives sur le Grand Bé, le Petit Bé et Dinard. La plage de Bon-Secours, au pied des murs, possède une piscine d’eau de mer et une école de voile ; elle offre un point de vue direct sur les îlots. Du côté du Sillon, la digue ouvre la promenade vers Paramé et les villas balnéaires qui racontent un autre chapitre de l’histoire maritime de la ville.

À Saint-Servan, la tour Solidor surveille l’estuaire de la Rance et rappelle le rôle ancien du port de Saint-Servan. Les musées, les maisons de corsaires et les rues d’Intra-Muros complètent une journée consacrée aux fortifications. Pour sortir de la ville, les navettes saisonnières vers Cézembre et les îles Chausey ajoutent une dimension d’excursion, avec des départs dépendant des marées et des conditions de mer. Le patrimoine se prolonge ainsi dans le paysage côtier, entre plages, phares, îlots et chenaux.

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Comment rejoindre Saint-Malo et préparer sa visite ?

Saint-Malo est reliée à Paris par TGV, avec des liaisons directes ou des correspondances selon les horaires. La gare se trouve à environ vingt minutes à pied d’Intra-Muros ; bus et taxis assurent aussi la liaison. Des ferries relient la ville aux îles Anglo-Normandes et à l’Angleterre selon les saisons, tandis que les excursions locales vers les forts et les îlots partent des embarcadères du port. En voiture, les parkings autour de la cité sont rapidement chargés en été ; vérifier la disponibilité des places avant d’entrer dans les rues étroites facilite l’arrivée. Pour un séjour en France métropolitaine, aucune formalité particulière n’est requise pour les ressortissants français ; l’euro est la monnaie utilisée et les paiements par carte sont largement acceptés. Pensez à réserver les visites guidées et les navettes insulaires en haute saison. Une assurance voyage peut être utile pour les activités nautiques et les annulations, même si les soins relèvent du système français. Vérifiez les horaires officiels des forts, les conditions d’accès à pied et les marées du jour auprès de l’office de tourisme avant de partir.

Combien de temps consacrer aux forts de la baie ?

Une journée suffit pour parcourir les remparts, visiter Fort National si l’accès est ouvert et rejoindre le Grand Bé ou le Petit Bé lorsque la marée le permet. Deux ou trois jours autorisent une excursion en bateau, une halte à Saint-Servan et une découverte des plages et des quartiers balnéaires. Pour les îlots plus éloignés, il faut adapter le séjour aux calendriers des navettes et aux horaires de marée. Un programme souple permet de déplacer une visite si la mer ou le vent compliquent l’accès. Les forts de Saint-Malo ne se visitent pas comme des monuments isolés : ils se comprennent dans l’ensemble formé par le port, les remparts, les courants et les marées. En été, l’alliance entre patrimoine et promenade maritime est particulièrement agréable, à condition de préparer l’accès aux îlots. Une fois sur les remparts, prenez le temps d’observer les silhouettes de pierre au large : chacune raconte une manière de défendre la ville et de vivre avec la mer.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.