Pêche à la crevette : la sortie familiale idéale pour découvrir l’estran cet été

Pêche en mer
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Une épuisette, une paire de chaussures adaptées et un peu de patience : la pêche à la crevette ne demande ni équipement coûteux ni longue expérience. À marée basse, cette activité accessible transforme l’estran en formidable terrain d’exploration pour toute la famille.

Une épuisette, une paire de chaussures adaptées et un peu de patience : la pêche à la crevette ne demande ni équipement coûteux ni longue expérience. À marée basse, cette activité accessible transforme l’estran en formidable terrain d’exploration pour toute la famille.

© AdobeStock - YVO-Photos

Lorsque la mer se retire, un nouveau paysage apparaît. Les rochers se découvrent, les mares se remplissent de reflets et de petites formes furtives s’agitent entre les algues. C’est le moment de sortir l’épuisette : sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique, la pêche à la crevette reste l’une des manières les plus simples et les plus amusantes de découvrir l’estran.

L’activité a tout pour séduire pendant les vacances. Elle se pratique à pied, demande peu de matériel et permet aux enfants d’observer de près un univers marin habituellement caché sous les vagues. Encore faut-il choisir le bon endroit, adopter les bons gestes et ne jamais perdre de vue la marée.

 

Une pêche accessible dès les premiers pas

La pêche à la crevette ne consiste pas à rester immobile en attendant une hypothétique prise. Elle invite au contraire à avancer lentement dans les petites mares, à explorer les bordures rocheuses et à soulever délicatement les algues avec l’épuisette. La crevette grise se recherche plutôt sur les plages de sable, dans quelques dizaines de centimètres d’eau. Le pêcheur pousse devant lui un haveneau, sorte de filet monté sur une armature, en raclant légèrement le fond. La crevette bouquet, plus grande et plus colorée, préfère les zones rocheuses, les anfractuosités et les mares laissées par la marée. Pour une première sortie avec des enfants, une petite épuisette solide suffit largement. Inutile de viser immédiatement une récolte abondante : le plaisir vient d’abord de la recherche. Une crevette qui bondit au fond du filet, un crabe caché sous une algue ou un petit poisson surpris dans une flaque suffisent généralement à transformer la promenade en expédition.

 

Quel matériel emporter ?

L’équipement peut tenir dans un simple sac. Il faut prévoir une épuisette à mailles adaptées, un seau pour observer temporairement les prises et des chaussures fermées offrant une bonne adhérence. Les bottes sont utiles sur les fonds sableux, tandis que de vieilles baskets ou des chaussons renforcés sont souvent plus sûrs sur les rochers glissants. Une réglette permettant de vérifier la taille des captures peut également être utile. Il faut y ajouter une montre, un téléphone chargé et, en été, de l’eau, un chapeau ainsi qu’une protection solaire. Sur l’estran, le vent et la fraîcheur de l’eau peuvent facilement faire oublier la force du soleil. Le seau ne doit pas devenir un aquarium surchargé. Les animaux que l’on ne souhaite pas conserver doivent être observés brièvement, puis remis à l’eau à l’endroit où ils ont été trouvés. Sous le soleil, l’eau d’un petit récipient se réchauffe rapidement et s’appauvrit en oxygène.

 

Apprendre à lire les mares et les rochers

La réussite dépend moins de la rapidité que de l’observation. Les crevettes se tiennent souvent à la limite entre l’ombre et la lumière, sous les algues ou le long des parois. Il faut approcher doucement l’épuisette, puis effectuer un mouvement régulier vers le fond de la mare. Un geste trop brusque provoque généralement une fuite immédiate. Dans les zones rocheuses, mieux vaut prospecter plusieurs petites mares plutôt que de s’acharner au même endroit. Les enfants apprennent ainsi à différencier les algues, à repérer les coquillages et à comprendre que chaque recoin abrite une faune particulière. Les pierres ne doivent pas être retournées inutilement. Lorsqu’elles le sont, elles doivent toujours être replacées exactement dans leur position d’origine. Une pierre abandonnée à l’envers expose au soleil les organismes installés dessous et peut détruire en quelques heures un petit habitat patiemment constitué.

 

La marée, règle numéro un

L’estran semble accueillant lorsque la mer est loin, mais il peut se refermer rapidement. Avant de partir, il est indispensable de consulter les horaires de marée et de vérifier les conditions météorologiques. Pour une sortie sereine, mieux vaut arriver pendant la marée descendante et commencer à revenir avant l’heure de basse mer. Il ne faut jamais attendre de voir l’eau remonter autour de soi. Certains passages, chenaux ou bancs de sable peuvent être recouverts bien avant le reste de la plage. Les enfants doivent rester proches des adultes, et un point de repère fixe doit être conservé sur la côte. Le brouillard constitue également un danger sous-estimé. Sur une plage très plate, quelques dizaines de mètres peuvent suffire à perdre ses repères. En cas de visibilité réduite, de mer agitée ou d’orage annoncé, la sortie doit être reportée.

 

Une réglementation à vérifier localement

La pêche à pied de loisir est destinée à la consommation personnelle : les prises ne peuvent pas être vendues. Les engins autorisés, les tailles minimales, les quantités maximales, les périodes de pêche et les secteurs accessibles peuvent varier selon les départements et les espèces. Certaines réserves naturelles, zones portuaires ou concessions conchylicoles sont par ailleurs interdites à la pêche. Il est donc essentiel de consulter l’arrêté local ou les panneaux installés à l’entrée de l’estran avant chaque sortie. Une fermeture temporaire peut aussi être décidée pour des raisons sanitaires ou environnementales. Même lorsque la pêche reste autorisée, les captures doivent être conservées au frais et consommées rapidement. En cas de doute sur l’identification d’une espèce ou sur la qualité sanitaire du secteur, le meilleur réflexe consiste à remettre les animaux à l’eau.

 

Une petite récolte, mais une grande aventure

La pêche à la crevette n’a pas besoin d’être miraculeuse pour être réussie. Quelques prises suffisent pour prolonger la sortie autour d’une poêle, avec un peu de beurre, d’ail ou simplement une pincée de sel. Les plus petites peuvent être relâchées, tout comme les femelles portant des œufs, facilement reconnaissables à la masse visible sous leur abdomen.

Pour les enfants, l’expérience dépasse largement le contenu du seau. Ils découvrent le rythme des marées, apprennent à observer sans détruire et comprennent que l’estran est un milieu vivant, aussi riche que fragile. À l’heure où les vacances se remplissent volontiers d’activités coûteuses et programmées, la pêche à la crevette rappelle qu’une épuisette et une marée basse peuvent encore suffire à occuper tout un après-midi. Une sortie simple, joyeuse et instructive, avec ce petit supplément d’aventure que seule la mer sait offrir.

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.