Cap-Vert : naviguer au soleil avant la fin de la saison des alizés
Un archipel taillé pour la voile océanique
À 500 km des côtes africaines, le Cap-Vert aligne 10 îles principales dispersées sur l’Atlantique. De novembre à mai, les alizés de nord-est s’installent durablement, soufflant entre 15 et 25 nœuds avec une régularité qui séduit autant les plaisanciers européens que les équipages en route vers les Antilles. En fin de saison, le vent reste établi mais les grains se raréfient et la mer devient plus maniable qu’au cœur de l’hiver. Les navigations inter-îles s’effectuent le plus souvent au largue ou au bon plein, dans une houle atlantique longue mais lisible. Les distances sont raisonnables : 40 à 80 milles séparent la plupart des îles du groupe Barlavento, permettant de construire un itinéraire cohérent sans multiplier les longues traversées de nuit.
Les marinas restent peu nombreuses. Celle de Mindelo, sur l’île de São Vicente, demeure la base technique la plus équipée de l’archipel. On y trouve chantier, avitaillement correct et une communauté internationale de navigateurs. Ailleurs, on privilégie les mouillages forains, parfois rouleurs, toujours spectaculaires, au pied de falaises volcaniques ou de plages blondes battues par le vent.
Mindelo, cœur culturel et escale stratégique
Impossible d’aborder le Cap-Vert sans passer par Mindelo. La baie est vaste, bien protégée des vents dominants, et offre un plan d’eau confortable pour préparer les navigations suivantes. Mais l’intérêt de l’escale dépasse la logistique. Ville natale de la chanteuse Cesária Évora, Mindelo vibre au rythme de la morna et de la coladeira. En fin d’après-midi, les terrasses s’animent, les guitares s’accordent, et la douceur de l’air contraste avec la rudesse minérale des paysages environnants. L’architecture colorée, héritée de l’époque coloniale portugaise, donne à la ville un charme inattendu en plein Atlantique. À quelques milles au large, l’îlot de Santa Luzia, inhabité, offre une parenthèse sauvage. Les débarquements restent délicats selon la houle, mais les fonds clairs invitent à la plongée libre. L’eau oscille entre 22 et 25 °C en fin de saison des alizés, suffisamment agréable pour prolonger les baignades sans combinaison épaisse.
Santo Antão et Fogo : l’archipel vertical
Naviguer au Cap-Vert, c’est accepter l’omniprésence du relief. Les îles surgissent abruptement de l’océan, culminant à plus de 1 500 m pour certaines. Depuis le cockpit, les silhouettes volcaniques dessinent des profils dramatiques, surtout au lever du soleil. Sur Santo Antão, l’escale se prolonge volontiers à terre. Les vallées profondes, sculptées par l’érosion, abritent cultures en terrasse et villages isolés. Les randonnées vers la vallée de Paul ou le long de la Ribeira Grande offrent un contraste saisissant avec la sécheresse côtière. En quelques heures, on passe du désert minéral à une végétation luxuriante. Plus au sud, Fogo domine l’horizon avec son volcan actif, le Pico do Fogo, point culminant de l’archipel à 2 829 m. Le mouillage de São Filipe impose de la vigilance en cas de houle, mais la récompense se trouve à terre : vignobles plantés sur des sols noirs, maisons coloniales et excursion jusqu’au cratère pour les marcheurs aguerris. L’impression de naviguer au pied d’un géant en activité ajoute une dimension presque irréelle au voyage.
Sal et Boa Vista : plages atlantiques et sports de glisse
Pour une ambiance plus balnéaire, direction les îles orientales. Sal et Boa Vista attirent depuis plusieurs années amateurs de kitesurf et de windsurf. Les longues plages de Santa Maria ou de Praia de Chaves déroulent des kilomètres de sable clair, battus par un vent régulier idéal pour les sports de glisse. À cette période, l’affluence touristique reste modérée par rapport au pic hivernal. Les infrastructures hôtelières sont plus développées que sur les autres îles, ce qui facilite les changements d’équipage ou les retours aériens. Pour les navigateurs, les mouillages demandent cependant de bien anticiper la direction du vent et la tenue des fonds, souvent sableux mais exposés à la houle d’est.
Une navigation engagée mais accessible
Le Cap-Vert n’est pas une destination de cabotage abrité. Les passes sont franches, sans récifs traîtres comme sous les tropiques, mais la houle atlantique impose une lecture attentive des cartes et des bulletins météo. Les effets accélérateurs entre les îles peuvent renforcer sensiblement le vent. Une bonne autonomie en eau et en carburant reste recommandée, même si l’avitaillement s’améliore d’année en année. En fin de saison des alizés, les températures diurnes tournent autour de 25 à 28 °C, avec un air sec et lumineux. Les soirées sont agréablement fraîches. La visibilité exceptionnelle offre des atterrissages spectaculaires, où les îles apparaissent comme des mirages volcaniques à l’horizon.
Un voyage entre Afrique et Atlantique
Naviguer au Cap-Vert, c’est ressentir un mélange singulier d’influences africaines, portugaises et atlantiques. La cuisine marie poissons grillés, cachupa traditionnelle et rhum local. Les marchés débordent de fruits tropicaux importés du continent voisin, tandis que les quais accueillent à la fois barques de pêche et voiliers transocéaniques. À l’approche de la fin des alizés, l’archipel offre une fenêtre idéale : vents encore établis, températures clémentes et lumière dorée sur les reliefs volcaniques. Une escale stratégique pour les équipages en route vers les Caraïbes, mais aussi une destination à part entière pour ceux qui cherchent un terrain de jeu atlantique, authentique et spectaculaire, avant que la saison ne bascule vers des conditions plus variables.
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