
L’Australie franchit une nouvelle étape dans la décarbonation du transport maritime. Volvo Penta et le chantier naval Aus Ships viennent d’annoncer le développement du premier ferry à passagers à propulsion 100 % électrique du pays. Ce navire expérimental, attendu pour fin 2026, doit servir de démonstrateur technologique avant une possible généralisation des ferries électriques sur les grandes lignes côtières australiennes.
Un premier ferry électrique pour les transports maritimes australiens
Le projet marque une avancée importante pour le transport maritime en Australie, où la transition énergétique du secteur reste encore limitée. Le futur ferry, actuellement en construction, doit être mis en service à titre expérimental au quatrième trimestre 2026 avant une exploitation commerciale. Pensé comme une plateforme de démonstration grandeur nature, le navire doit permettre de mieux comprendre les contraintes et les performances réelles de la propulsion électrique dans des conditions d’exploitation commerciale.
Derrière cette initiative, l’objectif dépasse largement un seul bateau. Volvo Penta et Aus Ships veulent poser les bases d’un modèle reproductible capable d’alimenter à terme une flotte complète de ferries électriques sur les grands axes maritimes australiens.
Une propulsion électrique inédite pour un ferry à passagers
Le ferry utilisera une double installation du nouveau système Volvo Penta IPS450E, une configuration encore jamais commercialisée sur un navire à passagers. Chaque ligne d’arbre développera 250 kW de puissance électrique grâce à une propulsion IPS intégrée, technologie déjà connue dans le nautisme pour sa maniabilité et son efficacité énergétique. Le système repose sur des pods orientés vers l’avant et un contrôle électronique complet du bateau afin d’optimiser la consommation d’énergie et les performances.
Le ferry embarquera également une batterie de 460 kWh associée à des panneaux solaires afin de créer un écosystème énergétique hybride capable de limiter au maximum les émissions.
Pendant sa phase de démonstration, le navire sera aussi équipé d’un groupe électrogène Volvo Penta D4 à vitesse variable utilisé comme prolongateur d’autonomie. Ce choix doit permettre d’assurer des opérations plus longues tout en collectant des données précises sur les coûts, l’autonomie, la maintenance et la fiabilité du système.
Des ferries plus silencieux et plus efficaces
Pour Volvo Penta, cette expérimentation doit aussi démontrer que les technologies électriques peuvent désormais répondre aux exigences du transport maritime commercial.
Le système Electric IPS ne se limite pas à la propulsion. Il intègre également le pilotage du navire avec joystick, contrôle basse vitesse, système de positionnement dynamique Volvo Penta DPS et écrans de contrôle homologués de 8 pouces.
L’un des enjeux majeurs reste l’amélioration de l’expérience à bord. La propulsion électrique permet de réduire fortement les vibrations et le bruit, tout en améliorant la précision des manœuvres dans les ports et les zones urbaines fréquentées.
Du côté d’Aus Ships, cette intégration ouvre aussi de nouvelles perspectives dans la conception des ferries à passagers. Le chantier australien, déjà connu pour la construction des CityCats de Brisbane et de nombreux catamarans rapides, veut utiliser ce projet pour préparer l’évolution future du marché.
Un projet soutenu par l’Australie et Singapour
Le programme bénéficie d’un soutien financier de 2 millions AUD grâce à l’initiative Australia Singapore Low Emissions Technologies (ASLET), portée conjointement par les gouvernements australien et singapourien. Le projet est coordonné par le CSIRO, l’agence scientifique nationale australienne, ainsi que par la Maritime and Port Authority of Singapore.
L’objectif affiché est clair : accélérer le développement des technologies maritimes bas carbone tout en renforçant les compétences industrielles régionales dans le domaine de la décarbonation maritime. Pour les scientifiques impliqués, ce type de démonstrateur est essentiel afin d’obtenir des données concrètes sur les performances opérationnelles, les coûts d’exploitation et la viabilité économique des ferries électriques.
Une future flotte électrique sur la côte Est australienne ?
Le ferry actuellement en construction n’est qu’une première étape. Les partenaires évoquent déjà la création future d’une flotte de navires similaires destinée à desservir plusieurs grandes villes australiennes, notamment Brisbane et Sydney.
Aus Ships, qui dispose déjà de contrats de renouvellement de flotte jusqu’en 2029, pourrait jouer un rôle central dans cette montée en puissance.
Pour Volvo Penta, ce projet s’inscrit aussi dans une stratégie plus large d’électrification maritime. Le groupe estime que 2026 et 2027 devraient marquer une accélération importante du marché des solutions hybrides et électriques dans le transport maritime.
Au-delà du cas australien, cette collaboration illustre surtout une évolution plus profonde du secteur : l’électrification des navires à passagers n’est plus un concept expérimental réservé aux prototypes. Elle commence progressivement à entrer dans une phase industrielle, avec des projets pensés pour fonctionner au quotidien sur des lignes commerciales réelles.
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