Bazaruto en mai : l’archipel du Mozambique qui donne envie de grand large

Au large de Vilankulo, dans les eaux chaudes de l’océan Indien, l’archipel de Bazaruto concentre l’un des plus beaux visages du Mozambique. Dunes blondes, lagons turquoise, récifs coralliens, pêche traditionnelle et faune marine exceptionnelle composent une destination spectaculaire, mais fragile, où le voyage se pense davantage comme une immersion dans un sanctuaire naturel que comme une simple parenthèse balnéaire.

Un archipel préservé au large de Vilankulo

Le Mozambique possède l’un des plus longs littoraux d’Afrique orientale, avec environ 2 470 km de côtes baignées par l’océan Indien. Dans ce décor encore relativement peu fréquenté par le tourisme de masse, l’archipel de Bazaruto occupe une place à part. Situé au large de Vilankulo, dans la province d’Inhambane, il forme un ensemble d’îles, de bancs de sable, de récifs et de lagons dont la beauté frappe dès l’arrivée par bateau ou par les airs.

Bazaruto n’est pas une destination ordinaire. L’archipel est protégé par le parc national de l’archipel de Bazaruto, créé pour préserver ses écosystèmes marins et terrestres. African Parks, qui cogère le parc avec les autorités mozambicaines, le présente comme l’un des sanctuaires marins les plus importants de la côte est africaine, avec des eaux fréquentées par les baleines, les requins, les raies manta, les dauphins, les tortues marines et la dernière population viable connue de dugongs en Afrique de l’Est. Bazaruto s’est développé autour d’un tourisme plutôt exclusif. Les hébergements sont peu nombreux, souvent haut de gamme, et l’accès se fait principalement depuis Vilankulo, par bateau ou par hélicoptère selon les îles et les établissements. Anantara Bazaruto Island Resort rappelle par exemple que Bazaruto se trouve à environ 30 km du continent et met en avant les sorties en mer, les couchers de soleil, les dauphins et la migration des baleines à bosse entre juillet et septembre.

Ce positionnement peut donner une image élitiste de la destination, mais il répond aussi en partie à la fragilité du milieu. Sur un territoire insulaire protégé, l’enjeu n’est pas d’accueillir toujours plus de visiteurs, mais de limiter la pression sur les récifs, les plages de ponte, les herbiers et les communautés locales. Le défi est là : permettre la découverte d’un lieu exceptionnel sans l’abîmer.

© AdobeStock

Le dugong, symbole fragile de Bazaruto

Le dugong est devenu l’un des grands symboles de Bazaruto. Cet étrange mammifère marin, parfois surnommé « vache de mer », se nourrit d’herbiers et évolue dans des eaux peu profondes. Sa présence donne une valeur écologique majeure à l’archipel, mais elle rappelle aussi la fragilité du site. Le programme Dugong and Seagrass Conservation indique que la population de dugongs de Bazaruto est protégée par 2 aires marines, le parc national de l’archipel de Bazaruto et le Vilanculos Wildlife Sanctuary, tout en précisant qu’une part importante des individus connus se trouve aussi en dehors de ces zones strictement surveillées. Autrement dit, la protection de l’espèce ne dépend pas seulement des limites administratives du parc, mais aussi de la qualité des herbiers, des pratiques de pêche, de la navigation et de l’engagement local.

Pour le voyageur, l’observation d’un dugong reste rare et ne doit jamais être promise comme une attraction garantie. C’est justement ce qui rend sa présence si précieuse. Bazaruto ne se visite pas comme un aquarium ouvert, mais comme un écosystème vivant où l’on accepte de ne pas tout voir.

 

 

Bazaruto, Benguerra et les îles du parc

L’archipel est souvent associé à quelques noms qui reviennent dans tous les itinéraires : Bazaruto, Benguerra, Magaruque, Santa Carolina, Bangue et les bancs de sable alentour. Les sources officielles du parc national mettent en avant un espace protégé de plus de 1 500 km², créé notamment pour préserver les dugongs et les tortues marines.

Bazaruto, la plus grande île, impressionne par ses dunes, ses lacs intérieurs, ses plages et ses points de vue sur l’océan. Benguerra attire une clientèle plus confidentielle, notamment grâce à ses lodges haut de gamme et à ses paysages de carte postale. Magaruque, plus accessible depuis Vilankulo, se prête bien à une excursion à la journée. Santa Carolina, longtemps surnommée Paradise Island, garde une aura particulière liée à son passé plus glamour, lorsqu’elle accueillait un hôtel de luxe devenu emblématique dans les années 1950.

Chaque île possède son ambiance, mais toutes partagent la même évidence : Bazaruto est d’abord un archipel de sable, de vent et d’eau. Le luxe existe, parfois très affirmé, mais il ne doit pas masquer l’essentiel : la force du lieu tient à sa nature encore dominante.

© AdobeStock

Vilankulo, porte d’entrée de l’archipel

Vilankulo reste la grande porte d’entrée de Bazaruto. Cette ville côtière du sud du Mozambique sert de base pour organiser les transferts, les excursions et les séjours sur les îles. Elle garde une atmosphère de bord de mer plus directe, plus vivante, avec des bateaux sur la plage, des départs à marée favorable et une relation quotidienne avec l’archipel.

Pour les voyageurs qui ne séjournent pas dans un lodge insulaire, Vilankulo permet déjà de goûter à Bazaruto à travers des sorties en bateau, des journées de snorkeling ou des excursions vers les îles les plus accessibles. La météo, la marée et l’état de la mer restent déterminants. Même sous les tropiques, une sortie réussie dépend toujours des conditions du jour.

© AdobeStock

Une escale nautique à aborder avec respect

Pour les amateurs de mer, Bazaruto possède une dimension fascinante. Les eaux sont chaudes, les couleurs saisissantes, les fonds superbes et les paysages changent en permanence avec la lumière. Mais l’archipel n’est pas un simple terrain de jeu. C’est un espace protégé, habité, utilisé par des pêcheurs locaux et soumis à des règles de conservation.

La navigation de plaisance et les excursions doivent donc s’inscrire dans cette logique. Les récifs, les herbiers, les tortues, les dugongs et les bancs de sable exigent une attention constante. Les mouillages, les approches en bateau, la vitesse, les activités nautiques et les déchets sont autant de sujets qui comptent dans une zone aussi fragile. La beauté de Bazaruto impose une forme de retenue.

 

Bazaruto, un paradis qui se mérite

L’archipel de Bazaruto fascine parce qu’il donne le sentiment d’un monde encore largement dominé par la mer. Les plages sont immenses, les eaux limpides, les îles espacées, les dunes presque irréelles et la faune marine d’une richesse rare. Pourtant, ce décor n’a rien d’un paradis facile. Il demande de voyager avec conscience, de respecter les règles du parc, de comprendre la fragilité des espèces et de ne pas réduire l’expérience à quelques photos de lagons.

C’est sans doute ce qui fait la force de Bazaruto aujourd’hui. Dans un monde où beaucoup de destinations tropicales finissent par se ressembler, cet archipel du Mozambique conserve une identité puissante : celle d’un sanctuaire marin spectaculaire, encore sauvage par endroits, où le grand luxe n’efface pas la sensation d’être face à une nature plus grande que soi.

 

 

Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.