Île des Embiez au printemps : une escale varoise entre criques, sentiers et Méditerranée préservée

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

À 12 minutes de bateau du Brusc, l’île des Embiez retrouve au printemps l’un de ses plus beaux visages : les sentiers se parfument de végétation méditerranéenne, les criques gagnent en lumière et l’archipel se découvre avant l’effervescence estivale. Entre port de plaisance, balades côtières, patrimoine lié à Paul Ricard et paysages ouverts sur le large, cette petite île varoise offre une parenthèse facile d’accès, mais déjà très dépaysante.

Une île à portée de navette, mais déjà ailleurs

Il suffit de quitter le quai Saint-Pierre, au Brusc, pour voir l’île des Embiez se détacher progressivement de la côte de Six-Fours-les-Plages. La traversée ne dure qu’une douzaine de minutes, mais le décor change vite. Les façades du littoral s’éloignent, les mâts du port apparaissent, puis la végétation méditerranéenne prend le dessus. En été, une liaison maritime permet aussi de rejoindre l’île depuis Sanary-sur-Mer, ce qui en fait une escapade très accessible depuis l’ouest toulonnais.

Cette proximité explique une partie de son succès. Avec ses 95 hectares, l’île reste assez petite pour se parcourir facilement à pied, mais suffisamment variée pour occuper une journée entière, voire davantage. On y vient pour se baigner, marcher, naviguer, déjeuner face à la mer ou simplement prendre le temps d’un tour d’île, entre rochers sculptés, pinèdes, criques et points de vue ouverts sur l’archipel.

 

Un archipel posé entre Le Brusc et le large

L’île des Embiez est la plus connue des îles qui ferment la rade du Brusc et de Six-Fours-les-Plages, à l’ouest du cap Sicié. Autour d’elle, l’archipel rassemble aussi le Petit Rouveau, le Grand Rouveau, les rochers des Magnons et plusieurs îlots qui composent un paysage très découpé, où la roche claire contraste avec le bleu profond de la Méditerranée.

Longtemps, ce petit territoire a vécu au rythme de la mer. Fréquenté par les pêcheurs et les navigateurs, convoité, exploité, transformé, il a connu plusieurs vies. Au Moyen Âge, les moines de l’abbaye de Saint-Victor de Marseille y exploitent des salins. Plus tard, l’île passe entre les mains de grandes familles locales, devient bien national à la Révolution, puis accueille une usine de soude au XIXe siècle. Derrière son image de destination balnéaire, les Embiez gardent donc une histoire plus dense qu’il n’y paraît.

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L’empreinte de Paul Ricard, entre tourisme et protection marine

Le tournant majeur intervient en 1958, lorsque Paul Ricard achète l’île. L’industriel marseillais ne veut pas seulement en faire une destination de vacances. Il aménage un port de plaisance, développe des hébergements, structure l’accueil touristique, mais conserve aussi une ambition plus large : faire des Embiez un lieu tourné vers la mer, la recherche et la sensibilisation à l’environnement.

Cette dimension reste aujourd’hui l’un des marqueurs forts de l’île. L’Institut océanographique Paul Ricard, engagé depuis 1966, poursuit ses missions autour de la connaissance et de la protection du milieu marin. Si l’aquarium et le musée sont actuellement fermés pour travaux jusqu’en 2026 2027, l’institut continue d’organiser des actions de sensibilisation, des rencontres, des ateliers et des balades naturalistes selon les périodes. L’île ne se résume donc pas à un décor de vacances : elle raconte aussi une certaine idée de la Méditerranée, plus fragile, plus vivante, et mieux comprise quand on prend le temps de l’observer.

 

Une escale appréciée des plaisanciers

Pour les navigateurs, les Embiez gardent un vrai intérêt nautique. Le port de plaisance dispose d’anneaux pour les visiteurs de passage, avec une capacité annoncée de 100 places visiteurs, ce qui permet d’envisager une escale organisée plutôt qu’un simple arrêt improvisé. L’emplacement est séduisant : on se retrouve directement au cœur de l’île, avec les sentiers, les restaurants, les plages et les points de vue accessibles sans voiture.

L’escale plaît aussi parce qu’elle offre un compromis rare sur cette partie du Var. Elle reste proche du continent, mais l’ambiance change dès l’arrivée. On peut y passer quelques heures entre deux navigations, ou choisir d’y rester plus longtemps pour profiter du rythme insulaire. La fréquentation peut être importante aux beaux jours, mais l’île garde des respirations dès que l’on s’éloigne du port et des zones les plus fréquentées.

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Criques, sentier côtier et paysages de Méditerranée

Le meilleur moyen de découvrir les Embiez reste de marcher. Le sentier côtier permet de faire le tour de l’île en profitant de paysages très variés : petites anses, rochers, pins penchés par le vent, vues sur le cap Sicié, perspectives vers le large et passages plus abrités côté lagune du Brusc. Sur une île de cette taille, la promenade garde une dimension accessible, mais elle offre assez de relief et de diversité pour ne jamais donner l’impression de tourner en rond.

Les criques font évidemment partie de l’attrait des lieux. Certaines sont faciles à rejoindre, d’autres demandent un peu plus de marche, mais toutes participent à cette impression de Méditerranée concentrée. L’eau y prend des teintes très claires lorsque la lumière descend sur les fonds rocheux et les herbiers. Pour la baignade, mieux vaut prévoir des chaussures adaptées sur certaines zones, car le rivage alterne entre petites plages, galets et rochers.

 

Un vignoble bio face à la mer

Autre singularité de l’île : son vignoble. Les vignes des Embiez rappellent que l’île n’est pas uniquement un espace balnéaire. Elles s’inscrivent dans un paysage agricole discret, modelé par les embruns, le soleil et les vents marins. Ce vignoble bio donne une dimension supplémentaire à la visite, avec cette impression assez rare de parcourir un territoire insulaire où la mer, la végétation et la culture de la vigne se répondent.

C’est aussi ce mélange qui rend les Embiez attachantes. L’île ne joue pas seulement la carte de la crique ou du panorama. Elle possède plusieurs lectures : nautique, paysagère, historique, scientifique, viticole. En quelques heures, on peut passer d’un quai animé à un chemin de pins, d’un point de vue sur l’archipel à un espace de sensibilisation marine, d’une baignade à un verre pris face à la mer.

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Une destination facile, mais à préparer en saison

L’accès reste l’un des grands atouts des Embiez. Les navettes depuis Le Brusc fonctionnent toute l’année, 7 jours sur 7, avec des horaires variables selon la saison. En juillet et août, la liaison depuis Sanary-sur-Mer ajoute une option intéressante pour les visiteurs déjà installés sur cette partie du littoral varois. Pour les plaisanciers, l’arrivée par la mer reste évidemment la plus naturelle, mais il est préférable d’anticiper en période de forte fréquentation.

Sur place, l’absence de grande distance rend la visite fluide. Une journée suffit pour marcher, se baigner et déjeuner, mais une nuit sur l’île permet d’en saisir une autre ambiance, lorsque les derniers visiteurs repartent vers le continent et que la lumière tombe sur les quais. C’est souvent à ce moment-là que les Embiez révèlent le mieux leur caractère : une île très accessible, mais qui conserve, malgré tout, ce petit sentiment d’écart propre aux escales méditerranéennes.

 

Les Embiez, une parenthèse varoise qui a gardé son identité

Réduire les Embiez à une jolie île de carte postale serait passer à côté de ce qui fait son intérêt. Bien sûr, les criques, l’eau claire et les pins suffisent déjà à justifier la traversée. Mais l’île raconte aussi une histoire plus complète : celle d’un ancien territoire salin, d’une île transformée par Paul Ricard, d’un port de plaisance actif, d’un lieu de recherche marine et d’un petit monde méditerranéen où l’on vient autant pour regarder la mer que pour mieux la comprendre.

À quelques centaines de mètres du continent, cette escale garde une vraie personnalité. Elle est facile à rejoindre, agréable à parcourir et suffisamment riche pour séduire aussi bien les plaisanciers que les visiteurs venus passer une journée au large de Six-Fours-les-Plages.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.