
Deux manches très disputées ont ouvert cette 34ieme Coupe de l'America à San Francisco où les Néo-Zélandais ont frappé fort d'entrée en remportant leurs deux duels face au defender américain.
Extraordinairement spectaculaire ! Pour la première fois depuis le lancement de la compétition officielle le 4 juillet dernier avec la Coupe Louis Vuitton, on a assisté à de véritables duels entre Américains et Néo-Zélandais. Pour la première fois il y a même eu deux changements de leader au cours d'une même course, la première d'une journée qui restera dans l'histoire.
Sur le ring de la baie de San Francisco, ventilé par une brise de 16 à 21 nœuds, les deux duellistes, Dean Barker et James Spithill ont offert au public amassé tout au long des quais un combat d'une très haute intensité. Par deux fois les Kiwis d'Emirates Team Zealand (ETNZ) ont pris le meilleur sur les Américains d'Oracle Team USA, réalisant une journée parfaite. "Je suis fier de la façon dont les l'équipage s'est comporté", a déclaré Dean Barker, très modestement qui a pourtant livré un récital à la barre d'Aotearoa, son catamaran de 22 mètres.
Les Américains avaient pourtant pris la tête
Avec deux secondes de retard à la première marque, les Américains sont dans le match. Accusant 4 secondes à la porte sous le vent les hommes de James Spithill s'en remettent à la vista de leur tacticien John Kostecki, le druide d'Oracle, qui a remporté le premier de ses 11 titres de champion du monde sur ces mêmes eaux. La magie opère et les Américains croisent pour la première fois devant les Néo-Zélandais, soulevant les applaudissements du public.
Au jeu du chat et de la souris ETNZ et plus fort et reprend la tête au croisement suivant devant les gradins remplis de Marina Green. Au passage de la marque de près, les Kiwis gardent leur adversaire à distance (25 secondes). Volant parfaitement et exécutant leurs manœuvres à la perfection à plus de 40 nœuds, l'AC72 de Dean Barker clôt victorieusement cette première manche en 23´30 minutes, reléguant James Spithill à 36 secondes. Pour la première fois de la compétition, les spectateurs ont assisté à deux changements de leader dans une course d'une incroyable intensité.
Les Kiwis plus rapides selon Spithill
Pas convaincus de leur vitesse, les Américains décident de changer de foc pour la seconde confrontation. Une fois encore le départ est à l'avantage des Néo-Zélandais qui ne mènent que de 2 maigres secondes à la première marque. S'ensuit un jeu de marquage qu'on nommerait "à la culotte" en sport collectif. Pas le temps de souffler que les AC72 pointent déjà à la porte sous le vent qu'ils choisissent tous deux de contourner sur la bouée bâbord. Au vent, Oracle compte 46 secondes de retard, une perte de temps en partie due aux virements moins bien exécutés que ceux des Néo-Zélandais, parfaitement achevés.
"Nous avons perdu (surtout) en raison d'une différence de vitesse", avouait le barreur d'Oracle Team USA, James Spithill en conférence de presse. Une donnée telle que la vitesse est primordiale sur ces multicoques capables de manœuvrer avec autant - si ce n'est plus - d'aisance que les monocoques sur ces types de régates en duel appelées match-race. Il semblerait donc que les Kiwis aient un avantage de vitesse au près qu'on a d'ailleurs pu apercevoir au cours de la seconde manche lorsque leur AC72 s'est subitement dressé sur ses safrans et ses foils, à 1,5 mètre de hauteur.
Le Kiwi ne vole pas mais ces Kiwis là sont très proches de décoller au près, ce qui leur conféreraient un avantage supplémentaire sur leur adversaire qu'ils relèguent ce samedi à 4 points d'écart en raison de la pénalité de deux points infligée au defender pour tricherie avant le début de l'événement. Les Néo-Zélandais sont à 7 victoires de rapporter le trophée à Auckland, les Américains à 11 de pouvoir le conserver. Deux manches sont prévues ce dimanche à 13h15 et 14h15.