L'électronique d'occasion : les pièges à éviter

Equipements
Vendredi 30 avril 2021 à 16h06

L’électronique a beaucoup évolué ces dernières années. Un certain nombre d’équipements a connu des transformations, d’autres ont disparu du marché et certains sont restés des valeurs sûres. Difficile de s’y retrouver. Pour vous permettre de mieux comprendre, nous vous donnons quelques conseils pour que vous puissiez effectuer un achat ou faire une évaluation de l’électronique d’occasion en ayant des arguments.

©Albert Brel
L’électronique a beaucoup évolué ces dernières années. Un certain nombre d’équipements a connu des transformations, d’autres ont disparu du marché et certains sont restés des valeurs sûres. Difficile de s’y retrouver. Pour vous permettre de mieux comprendre, nous vous donnons quelques conseils pour que vous puissiez effectuer un achat ou faire une évaluation de l’électronique d’occasion en ayant des arguments.

Des valeurs souvent mal estimées

Depuis de nombreuses années, certains experts ont tendance à donner une décote qui est souvent loin de la réalité et ce dans les deux sens surévaluation ou sous-évaluation. D’autres se posent moins de problème, ils appliquent une décote de 10% par an en ajoutant qu’un équipement de plus de 7 ans n’a aucune valeur marchande. Ces deux interprétations doivent être nuancées et affinées en fonction de plusieurs critères. Parmi ceux-ci, on peut citer la marque, l’évolution technique, l’intérêt, etc. Il est évident qu’un appareil qui est toujours fabriqué par une marque sérieuse a plus de valeur marchande qu’un qui n’existe plus sur le marché. De plus, il sera difficile voire impossible de le faire réparer ou tout simplement de le configurer pour l’interfacer avec d’autres équipements plus récents.

Les équipements qui gardent ou qui perdent la côte

Nous n’allons pas voir l’ensemble de l’équipement électronique. Dans ce premier volet, nous avons retenu trois équipements parmi les plus importants à bord et qui représentent un budget conséquent : les communications, les pilotes et les radars.

Les communications

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Cette VHF sans ASN peut rester à bord mais n'a aucune valeur© Albert Brel

Une VHF fixe est obligatoire à bord pour une navigation semi-hauturière (plus de 6 milles d’un abri) depuis janvier 2017. Les anciens modèles ne possédant pas l’ASN (Appel Sélectif Numérique) sont toujours tolérés, mais ne sont plus commercialisés. Rappelons qu’une VHF ASN possède un numéro d’identification (NMSI) et un bouton d’appel qui permet d’envoyer un message de détresse. De ce fait, les VHF standards sans ASN n’ont aucune valeur marchande. Quant aux nouvelles générations, le prix du neuf ne cesse de baisser avec de plus en plus de fonctions (AIS, combiné déporté, interface, etc.) donc l’occasion, sauf très récente, présente peu d’intérêt.

Les appareils portables de communications par satellites (Iridium, Thuraya, Inmarsat), bien que ces appareils aient évolué, en particulier, pour les interfaces avec un ordinateur, sont toujours d’actualité et peuvent se négocier à un bon prix. Pour les anciens modèles, on peut appliquer une décode de 10% par an et pour les dernières générations toujours présentes sur le marché une de 5%. Par exemple, un Iridium 9575 proposé neuf à 1 600 euros peut se négocier entre 1 000 et 1 200 euros s’il est en bon état.

Pour les appareils fixes de communications par satellites, certains ont disparu du marché, c’est le cas du Mini M, ils n’ont plus aucune valeur marchande. D’autres comme le Trackphone et le service associé Mini Vsat Broadband gardent une valeur marchande importante du fait de la couverture et de la vitesse pour la navigation Internet. Le système Inmarsat Fleet Broadband perd de son intérêt à cause du coût des communications. Dans le domaine satellitaire, reste la télévision. Là, il faut s’assurer que la zone de couverture du réseau (ASTRA 1, Hotbird, Eutelsat, …) est bien active et qu’elle est compatible avec votre zone de navigation et les programmes que vous recherchez. La marque la plus représentative est KVH.

Les pilotes : une valeur sûre

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Pilote inboard électrique de plus de 10 ans toujours d'actualité© Albert Brel

L’un des équipements le plus utile à bord est le pilote automatique. Les modèles de cockpit bien qu’il y ait peu de modèles sur le marché (Raymarine, Simrad), restent d’actualité. Compte tenu du faible prix de 400 à 600 euros pour un modèle simple à 1 700 euros pour un avec clavier de commande et compas électronique séparé, s’il est en bon état apparent (pas de corrosion) et s’il fonctionne, un modèle simple de moins de 5 ans se négociera à 150 euros et à 800 euros pour un avec clavier et compas séparé. Reste le modèle in-bord, c’est le pilote par excellence qui peut barrer le bateau dans pratiquement toutes les conditions. Ce sont des modèles, s’ils sont montés dans les règles de l’art qui vieillissent bien et gardent une réelle valeur marchande. Ils peuvent être équipés de vérins linéaires (électrique ou hydraulique) ou rotatifs. Au cours de ces dernières années, ils ont peu évolué. S’il y a eu évolution, elle a principalement porté sur le design du boîtier voire sur les possibilités d’interfaces. Un modèle de moins de 10 ans, ne présentant pas de signe de corrosion au niveau de la connectique ou du vérin, garde une valeur marchande importante. Il faut vérifier non seulement son fonctionnement et s’il est bien adapté au bateau mais aussi s’il est toujours commercialisé. Si tout est correct, on peut se baser sur une décote maximum de l’ordre de 5% par an.

Les radars

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Ce radar LCD présente une faible valeur marchande© Albert Brel

Le radar a, par contre, beaucoup évolué. L’écran vidéo a été abandonné au profit de ceux à cristaux liquides monochromes puis couleur. Les toutes dernières évolutions portent sur les modèles Wi-Fi, à écran tactile ou encore sur des antennes qui se connectent directement sur un écran multifonction. Les modèles à écran vidéo n’ont plus aucune valeur marchande. Ceux à écran LCD monochromes ont une petite valeur. Les LCD couleur dernière génération, Wi-Fi ou les antennes connectées à un écran multifonction restent des valeurs sûres et peuvent se négocier à un bon prix.

Notre avis

Ce qu’il faut éviter sont les appareils dont le système n’est plus exploité (Decca, Loran, Gonio, SatNav), ceux dont la marque a disparu du marché même s’ils sont en état de fonctionner (MLR, Neco, etc.). Il en sera de même des marques qui ne sont plus importées.

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GPS d'une autre époque© Albert Brel

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.