Ferrari présente Hypersail, son voilier volant de 100 pieds et sa nouvelle livrée inspirée des Hypercars

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

À Milan, Ferrari a levé le voile sur la livrée de son spectaculaire Hypersail, un monocoque océanique volant de 100 pieds qui marque une nouvelle étape dans l’incursion du constructeur italien dans l’univers de la voile offshore. Présenté pendant la Design Week, ce projet hors norme ne se contente pas d’attirer l’œil : il incarne la volonté de Ferrari de transposer dans le nautisme son obsession de la performance, du design et de l’innovation.

Ferrari n’a pas choisi un simple décor pour présenter Hypersail. En profitant de la Design Week de Milan, la marque italienne a placé son nouveau projet dans un environnement où la création, la technologie et l’esthétique dialoguent naturellement. Le moment était bien trouvé pour révéler la livrée de ce monocoque océanique volant de 100 pieds, pensé comme un concentré de recherche, d’ingénierie et de style.

Avec Hypersail, Ferrari ne se contente pas d’un exercice de style. La marque cherche à transposer dans le nautisme ce qui fonde depuis longtemps son identité automobile : une recherche permanente de performance, sans jamais dissocier la technique de l’esthétique. Le projet se présente ainsi comme une synthèse entre ingénierie, vitesse et langage formel, dans un domaine où les contraintes sont encore plus radicales que sur la route ou sur circuit.

Un voilier pensé comme une Ferrari de l’océan

Le projet Hypersail repose sur une idée simple en apparence, mais redoutablement ambitieuse : appliquer au monde de la voile offshore l’ADN qui a fait la réputation de Ferrari. Cela passe par une recherche permanente de performance, mais aussi par une vision du design où rien n’est gratuit. Ici, la forme ne cherche jamais à séduire pour elle-même. Elle découle directement de la fonction. Chaque ligne, chaque volume, chaque surface répond à une logique précise, dictée par les contraintes du vent, de l’eau, de la vitesse et de l’aérodynamique. Ferrari revendique d’ailleurs cette approche avec clarté : sur Hypersail, la performance impose les règles, et le design leur donne une expression visuelle forte.

La silhouette élancée du bateau évoque ainsi certaines lignes emblématiques de Ferrari, tandis que l’architecture du roof s’inspire de l’univers des Hypercars engagées en compétition d’endurance. Cette continuité visuelle traduit une volonté assumée : créer un lien direct entre la culture automobile de la marque et son exploration du domaine maritime.

Flavio Manzoni, Chief Design Officer de Ferrari, résume cette approche en soulignant la dimension expérimentale du projet :

« Hypersail a représenté une opportunité inattendue pour le Ferrari Design Studio ; un objectif exigeant en raison de sa complexité, qui nous a permis d’étendre notre recherche créative à un contexte différent de notre domaine habituel. »

 

© Ferrari

 

Une silhouette inspirée des modèles les plus emblématiques de la marque

Même dans un univers aussi éloigné de la route qu’un voilier océanique à foils, Ferrari n’a pas renoncé à ses codes. La silhouette allongée d’Hypersail évoque ainsi la pureté des proportions de la Monza SP1 et SP2, tandis que certaines lignes du roof rappellent l’écriture graphique de la 499P, l’Hypercar victorieuse au Mans. Ce dialogue avec l’histoire récente de Ferrari donne au projet une vraie cohérence. Hypersail ne ressemble pas à un objet isolé ou à une parenthèse expérimentale. Il s’inscrit au contraire dans une continuité esthétique, avec cette même tension entre sobriété des surfaces, efficacité aérodynamique et sens du détail.

Le travail mené sur le pont et le roof illustre parfaitement cette philosophie. Ces éléments ont été développés pour atteindre une efficacité technique maximale, tout en conservant une lecture visuelle forte. Le résultat donne au bateau une présence singulière, à mi chemin entre prototype de course et manifeste de design. Matteo Lanzavecchia, responsable de l’ingénierie véhicule chez Ferrari et directeur technologique du projet, insiste sur cette dimension technologique :

« Hypersail est un navire unique par son échelle et sa technologie, conçu pour offrir des performances maximales dans un environnement aussi singulier et imprévisible que l’océan. »

Le Giallo Fly, un jaune historique pour signer l’identité d’Hypersail

Le détail qui attire immédiatement le regard, c’est évidemment la couleur. Pour la livrée d’Hypersail, Ferrari a choisi le Giallo Fly, un jaune chargé d’histoire dans l’univers de la marque. Bien moins omniprésent que le rouge dans l’imaginaire collectif, le jaune occupe pourtant une place particulière chez Ferrari, au point d’être présenté comme sa deuxième âme. Sur Hypersail, ce choix ne relève pas seulement du clin d’œil patrimonial. Le nom même de cette teinte prend ici une résonance nouvelle, puisque le mot “Fly” renvoie directement à la capacité du bateau à voler sur ses foils. Ferrari relie ainsi son héritage à la fonction même de l’engin.

Ce jaune vient dialoguer avec une autre signature visuelle forte, le Grigio Hypersail, une nouvelle nuance de gris associée à la fibre de carbone qui constitue le matériau principal de la coque. L’ensemble compose une livrée à la fois élégante, tendue et très technique, où la couleur ne sert pas à habiller le bateau mais à souligner sa structure, ses volumes et ses zones de performance. Appliqué à la cabine, aux foils et à certaines lignes de coque, le Giallo Fly fait aussi écho à plusieurs modèles marquants de Ferrari, de la 512 BB à des inspirations plus récentes comme LaFerrari ou la F80. Cette continuité stylistique permet à Hypersail d’affirmer une identité pleinement Ferrari, même loin de l’asphalte.

 

© Ferrari

 

Une machine de haute technologie nourrie par les énergies renouvelables

Au delà de son apparence, Hypersail intrigue surtout par son concept technique. Ferrari le présente comme un navire unique par son échelle et par la sophistication de ses technologies. Son principe central repose sur le foiling, avec un système de contrôle avancé qui s’appuie sur des compétences développées dans l’automobile. L’idée n’est pas seulement de faire voler un grand monocoque. Elle consiste à obtenir le maximum de performance dans un environnement instable, imprévisible et exigeant. Pour cela, le bateau s’appuie aussi sur des énergies renouvelables, en combinant le vent, le solaire et le mouvement.

L’intégration de panneaux solaires dans le pont et sur les flancs de la coque illustre bien cette logique. Leur implantation a été définie à partir d’une étude poussée de l’exposition solaire pendant la navigation. Ferrari précise également que ces panneaux sont praticables, avec une adhérence spécifique et des systèmes de fixation techniques pensés pour préserver la liberté de déplacement de l’équipage. Ce niveau de détail montre qu’Hypersail n’est pas seulement un objet vitrine. C’est aussi un terrain d’expérimentation grandeur nature, où la recherche sur les matériaux, les flux d’énergie, l’aérodynamique et l’ergonomie doit déboucher sur des solutions concrètes.

Une présentation milanaise pour installer Hypersail comme manifeste technologique

Ferrari a choisi d’accompagner cette révélation par une exposition dédiée dans son Flagship Store de Milan, du 22 au 26 avril, pendant la Design Week. Le projet s’y déploie comme un manifeste, entre objet de design, démonstrateur technologique et symbole d’une nouvelle ambition.

La marque a également imaginé une installation artistique en forme de phare sur la terrasse de HIGHLINE Milano, face à la Piazza del Duomo. Le symbole est bien trouvé. Avec Hypersail, Ferrari cherche clairement à se positionner comme un acteur capable d’éclairer une nouvelle voie dans la navigation océanique de haute performance. En dévoilant cette livrée, Ferrari ne présente donc pas seulement un habillage. Le constructeur met en scène une vision. Celle d’un bateau où l’esthétique ne vient jamais ralentir la performance, mais l’accompagne et la rend visible. Et dans un univers nautique en pleine mutation, Hypersail apparaît déjà comme l’un des projets les plus intrigants du moment.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.