Essai Leopard 53 PC : un catamaran à moteur performant, confortable et… silencieux !

Navire amiral de la gamme Leopard à moteur, le 53 PC revient dans une version profondément revue. Sa carène, déjà éprouvée et validée, reste inchangée. Mais tout ce qui fait le plaisir de la vie à bord a été repensé ! Essai complet d’un bateau aussi à l’aise dans les flottes de location que pour la grande croisière…

Un best-seller qui n'a plus rien à prouver

Avec plus de 142 unités livrées depuis son lancement, le Leopard 53 PC est devenu, au fil des années, l'un des catamarans à moteur les plus diffusés au monde, digne héritier du 51 PC qui l'a précédé dans la gamme du chantier. Robertson & Caine, qui construit à Cape Town tous les catamarans Leopard depuis plus de trente ans, aurait pu se contenter d'un simple restylage pour relancer son best-seller. Leopard a préféré revoir en profondeur les espaces de vie, tout en conservant la carène signée Simonis Voogd qui a fait le succès du modèle. Présentée en première mondiale à Miami en février dernier puis à l’International Multihull Show en avril, cette version affinée a déjà trouvé preneur : plusieurs unités ont été commandées dès Miami, un signal encourageant sur un segment où la concurrence internationale est vive dans un marché tendu.

Avec ce 53 PC, Leopard ambitionne clairement de séduire une clientèle venue du monde du motoryacht, en misant sur un argument imparable : à taille comparable, un catamaran offre une habitabilité nettement supérieure et, autre atout majeur, une consommation bien moindre !

 

 

Leopard 53 PC ou la force tranquille d’un grand catamaran à moteur

Si l’objectif est de séduire une clientèle haut de gamme, le Leopard 53 PC ne cherche pas à le faire en mettant en avant une ligne agressive, une puissance démoniaque ou une débauche d’effets de style. Ce grand catamaran fait le choix de montrer son savoir-faire, son savoir-vivre et sa capacité à naviguer. 

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la vie à bord entre dans une nouvelle dimension, en commençant par le cockpit arrière, le véritable cœur social d’un bateau. C’est par là que nous avons la chance d’embarquer pour notre essai par une météo estivale en ce printemps particulièrement chaud. La météo est idyllique, pas de vent et une mer belle.

Nous commençons donc notre visite par le cockpit arrière, un espace qui gagne en modularité avec une toute nouvelle configuration baptisée « Alfresco », qui offre une grande liberté de configurations de l’espace selon les usages. Les assises et les tables peuvent être déplacées et reconfigurées rapidement, sans jamais donner l’impression d’un mobilier fragile ou improvisé. En mer, les éléments peuvent être sécurisés par un ingénieux système maison, ce qui évite l’écueil trop fréquent des aménagements séduisants à quai mais peu convaincants dès que le clapot s’installe. Une configuration fixe reste disponible pour les propriétaires qui privilégient la simplicité, la robustesse et l’entretien facile.

A l’arrière de ce cockpit, on trouve une plateforme de bain électrique conçue par le chantier. En position haute, elle accueille l’annexe. En position basse, elle devient une plage de bain généreuse, directement connectée à la mer. Le système peut recevoir une annexe de 3,80 mètres et jusqu’à 350 kg de charge. Facile à utiliser et bien moins contraignante à entretenir qu’un système hydraulique, cette plage-plateforme-bossoir sera particulièrement appréciée à chaque étape de la croisière…

 

 

Un intérieur plus fluide, plus lumineux, plus haut de gamme

Sur un catamaran de 53 pieds (15,40 m), le volume ne manque pas. Mais le travail réalisé par les équipes Leopard procure une impression d’espace inédite. Depuis le cockpit arrière, le regard traverse naturellement le carré jusqu’à l’avant, donnant le sentiment d’être à bord d’une unité d’une taille supérieure. La cuisine, les salons et les zones dédiées aux repas communiquent parfaitement. Les grandes surfaces vitrées, séparées par des montants en aluminium élégants et discrets, offrent une vision à 360° sur le mouillage tandis que l’éclairage d’ambiance et les nouvelles finitions choisies par les designers contribuent à une atmosphère des plus élégantes.

Leopard a particulièrement travaillé l’ergonomie de la vie à bord, la relation entre la cuisine, le carré et les cockpits avec un résultat optimal. L’ensemble est plus ouvert, plus convivial, sans perdre de vue l’usage marin. Le chantier a clairement cherché à rendre le bateau plus agréable au quotidien en navigation comme au mouillage.

Dans les coques, deux types d’aménagements sont proposés. Une version classique en quatre cabines, chacune avec sa salle de bain, répond parfaitement aux attentes de la location haut de gamme, des grandes familles ou des navigations avec de (nombreux) amis. La version trois cabines, avec une coque entièrement dédiée au propriétaire, séduira naturellement davantage pour un usage privé. Elle offre une vraie suite, avec un grand lit, de nombreux rangements et une séparation appréciable avec les invités. 

 

© Jean-Christophe Guillaumin

 

En navigation...

En mer, le Leopard 53 PC confirme la pertinence de sa carène. Les architectes Simonis Voogd ont dessiné une plateforme qui privilégie l’équilibre, la stabilité et l’efficacité plutôt que la recherche de performances peu utiles sur une unité au programme axé vers la (grande) croisière.  Avec ses deux Yanmar de 370 chevaux, le bateau n’est pas surmotorisé. Il progresse pourtant avec une aisance remarquable : nous avons dépassé les 22 nœuds alors même que notre coque n’était pas particulièrement propre, après plus de 6 mois passés dans les eaux d’un port méditerranéen. Les 24 nœuds en pointe annoncés par le chantier apparaissent donc tout à fait réalistes. 

À allure économique, autour de 7 nœuds – soit une vitesse bien plus rapide que la majorité des voiliers autour de nous - et 1 300 tours par minute, la consommation relevée tourne autour de 10 litres par heure pour les deux moteurs. Avec 2 130 litres de carburant embarqués, le bateau entre dans un registre de très grande autonomie. On peut même imaginer une transatlantique…

Au-delà de 10 nœuds, la consommation grimpe à 29 l/h pour atteindre les 75 l/h à la vitesse de croisière de 17 nœuds. A fond, la consommation atteint 145 l/h à 3700 tr/mn. 

Sur un bateau de croisière, il est sécurisant de pouvoir atteindre rapidement sa destination quand la nécessité l’impose. A vitesse de croisière, le Leopard 53 PC est particulièrement confortable, stable, rassurant, passant dans le clapot avec une facilité déconcertante. 

 

© Jean-Christophe Guillaumin

 

Un comportement marin rassurant

Ce qui surprend le plus à la barre, ce n’est pas la vitesse pure. C’est la manière dont le bateau la délivre. Le catamaran avance avec une force tranquille, sans se cabrer, sans mouvements parasites – merci la carène de catamaran. À 17 nœuds, les déplacements à bord restent faciles. Le carré reste parfaitement vivable. Le flybridge est toujours aussi agréable. C’est l’un des avantages majeurs du catamaran à moteur par rapport à de nombreux monocoques de longueur comparable. Un monocoque pourra offrir une autre finesse de barre, parfois une meilleure douceur dans certains états de mer, mais il aura du mal à rivaliser avec cette plateforme stable et cette surface habitable.

Selon la météo et vos envies, vous aurez le choix entre deux postes de pilotage. Le premier à l’intérieur, face à la mer à tribord, l’autre sur le fly qui a, lui aussi, bénéficié d’une refonte en profondeur avec un module bar et cuisine extérieure (équipé d’un évier, d’un grill et d’un réfrigérateur) et l’espace repas permettant d’accueillir jusqu’à 8 convives. Le tirant d’eau d’un mètre ouvre également des possibilités intéressantes au mouillage. Pour les Bahamas, les Caraïbes, certaines zones méditerranéennes ou les lagons, c’est un atout évident. Le bateau peut s’approcher plus facilement des plages ou des zones abritées, sans imposer les mêmes contraintes qu’un yacht monocoque avec des tirants d’eau nettement supérieurs.

 

 

Le silence, le vrai luxe à bord

Les évolutions apportées au Leopard 53 PC sont importantes, mais le principal atout de cette nouvelle version est sans conteste le silence en navigation. Tous les propriétaires le reconnaissent, naviguer sur un bateau à moteur implique de subir des bruits parasites du moteur et des vibrations qui peuvent être, à la longue, fatigantes. Pour éviter ces désagréments qui touchent toutes les unités à moteur, Leopard a choisi de regrouper les principaux systèmes techniques dans une salle des machines séparée, étanche et mieux isolée. Moteurs, générateur et systèmes hydrauliques sont ainsi mieux contenus acoustiquement. À l’essai, cette évolution modofie réellement la perception du bateau. Même lorsque les deux Yanmar sont sollicités, il reste possible de discuter dans le carré sans hausser la voix. Les vibrations parasites sont bien maîtrisées, y compris lorsque l’allure augmente. Et à bord d’un bateau dont la vocation première est la croisière, ce silence devient un argument particulièrement apprécié par les usagers du bord. 

Fiche technique :

Constructeur : Robertson & Caine

Architectes navals : Simonis Voogd Design

Longueur hors-tout : 15,40 m

Longueur flottaison : 15,24 m

Largeur : 7,67 m

Tirant d'eau : 1,00 m

Motorisation : 2 × Yanmar 370 ch

Vitesse maximale : 24 nœuds

Vitesse de croisière : 17 nœuds

Carburant : 2 130 litres

Eau : 700 litres

Eaux noires : 160 litres

Déplacement : 21 411 kg 

Capacité de charge : 6119 kg

Aménagements : 3 ou 4 cabines avec salles de bain privatives

Prix standard : 1 359 000 euros HT

Prix de la version essayée : 1 805 034 euros HT

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.