Fountaine Pajot à l’essai : le FP 55, le chaînon manquant ?

© Gilles Martin-Raget

Les catamarans Fountaine Pajot se déclinent désormais en deux univers distincts : d’un côté, les catamarans à voile ; de l’autre, les Fountaine Pajot Yachts, des unités haut de gamme à partir de 18 mètres, équipées notamment d’un flybridge. Avec le nouveau FP 55, le chantier rochelais entend créer un trait d’union entre ces deux gammes. Nous avons pu prendre la barre de ce nouveau catamaran quelques jours avant sa présentation officielle au Cannes Yachting Festival.

Un catamaran aux programmes variés

Le FP 55 est le dernier-né d’une gamme Fountaine Pajot entièrement renouvelée en seulement quelques années et désormais composée des FP 41, FP 44, FP 48 et FP 51, auxquels viennent s’ajouter les unités de la gamme Fountaine Pajot Yachts : FPY 59, FPY 70, FPY 80 et FPY 120. Ces dernières sont disponibles en version voile ou moteur selon les choix des propriétaires.

Avec son flybridge, ses aménagements, ses finitions et les volumes proposés à bord, le nouveau 55 aurait parfaitement pu prétendre à rejoindre la gamme « Yachts » du chantier. Fountaine Pajot a pourtant préféré en faire le navire amiral de sa flotte « Sailing Cat ». Un choix finalement assez logique pour ce véritable voilier, capable d’emmener sereinement un équipage familial jusqu’au bout du monde. Le FP 55 réussit ainsi à faire le lien entre les deux univers du constructeur. Un 55 pieds capable de répondre à différents programmes selon les desideratas des propriétaires.

© Gilles Martin-Raget

Visite guidée

En arrivant sur les pontons du port Santa Lucia, à Saint-Raphaël, impossible de manquer le FP 55. Avec son flybridge et son mât culminant à près de 27 mètres, le catamaran en impose. Il paraît d’ailleurs sensiblement plus grand que ne pourraient le laisser imaginer les 55 pieds annoncés sur sa fiche technique. Cette impression se confirme dès que l’on monte à bord. Les jupes arrière, larges et accueillantes, facilitent l’embarquement. Trois marches suffisent ensuite pour rejoindre le cockpit. À l’arrière bâbord, une confortable méridienne permet de profiter de la navigation avec une vue imprenable sur la mer. Juste à côté, les commandes moteur déportées simplifient les manœuvres de port en offrant une excellente visibilité sur le ponton si nécessaire. Malin !

© Jean-Christophe Guillaumin

À tribord, la plancha semble déjà inviter les voisins de mouillage à venir partager un moment à bord. Son emplacement permet de rester au cœur des conversations avec le reste de l’équipage sans pour autant enfumer le cockpit… Bien protégé du soleil et des éléments, celui-ci accueille une grande table en teck qui, grâce à sa rallonge, peut recevoir jusqu’à douze personnes. Une banquette arrière et deux autres disposées de part et d’autre de la table complètent l’ensemble, tandis que des bains de soleil installés de chaque côté sur le haut des dossiers offrent de nouveaux espaces de détente, aussi agréables en navigation qu’au mouillage.

En pénétrant dans le carré, on découvre à bâbord la cuisine et son îlot central. Généreusement dimensionnée et particulièrement bien équipée, elle dispose de deux fours, d’un four à micro-ondes, d’un lave-vaisselle, d’une plaque électrique à induction et de nombreux rangements. En face, un imposant réfrigérateur-congélateur « comme à la maison » complète l’équipement. Sous les planchers, plusieurs grands coffres de 90 litres permettent de stocker l’avitaillement nécessaire à une longue croisière. L’un d’eux peut même recevoir un réfrigérateur supplémentaire si nécessaire.

© Gilles Martin-Raget

À l’avant tribord se trouve le salon, équipé d’une table basse pouvant recevoir une table à hauteur variable. À bâbord, la table à cartes regroupe les informations provenant des différents instruments du bord. Une disposition particulièrement appréciable lors des navigations par mauvais temps ou pendant les quarts de nuit.

Grande nouveauté dans la gamme des catamarans à voile Fountaine Pajot : une porte permet désormais d’accéder directement depuis le carré au cockpit avant. Plus de trampoline sur le FP 55, l’avant est entièrement ponté et permet d’offrir un nouvel espace particulièrement cosy pour profiter de l’apéro au mouillage. Pour avoir embarqué quelques tonnes d’eau lors du convoyage entre La Rochelle et Saint-Raphaël par 40 nœuds de vent, le skipper nous a confirmé que l’évacuation de l’eau dans ce cockpit avant est très rapide et que la porte est vraiment parfaitement étanche. Autre point positif en matière de sécurité, le guindeau est totalement protégé par un coffre et aucune chaîne ni manœuvre ne risque de blesser un équipier.

© Gilles Martin-Raget

À l’étrave, les classiques delphinières ont également laissé place à un modèle nettement plus généreux, suffisamment confortable pour permettre de s’y allonger. Les 10 bateaux vendus à ce jour (avant même la première présentation), ont tous opté pour cette option !

Le flybridge, un véritable espace de vie… et de navigation

© Gilles Martin-Raget

On accède au fly par un escalier assez raide mais équipé de rampes solides depuis le cockpit. Là encore, l’espace disponible est impressionnant pour un bateau de cette taille. Les 23 m2 du fly se décomposent en l’espace navigation à l’avant : toutes les manœuvres – il manque juste une prise de ris automatique sur ce numéro 1 de la série – reviennent sur les 4 winches 60 Harken électriques. Deux personnes suffisent amplement pour gérer ce bateau pourtant équipé d’une belle surface de voile - 176 m2 + le gennaker de 146 m2 en option mais indispensable, nous le verrons lors de notre navigation… A l’arrière du fly, deux larges et confortables banquettes se font face, celle de bâbord bénéficiant en plus d’une belle table pour déjeuner avec une vue à 360°. Un meuble sépare les espaces entre le poste de barre et le salon, équipé d’une plancha, d’un évier et d’un réfrigérateur…

On regrettera seulement l’absence d’une échelle pour se simplifier la vie quand il faut aller fermer le lazzybag, ce qui oblige à grimper sur le bimini par ailleurs équipé de larges panneaux solaires, comme tous les espaces disponibles à bord. Résultat : 6300 watts de panneaux permettent d’envisager une autonomie totale si vous naviguez dans des zones à fort ensoleillement. 

Trois versions pour trois programmes

© Gilles Martin-Raget

Fountaine Pajot propose le FP 55 avec trois configurations d’aménagement, avec quatre, cinq ou six cabines doubles, toutes dotées de leur propre salle de bains. Notre bateau d’essai, le numéro 1 de la série, est aménagé en version Maestro. La coque tribord accueille trois cabines doubles, tandis que la coque bâbord comprend une cabine double à l’avant et la suite propriétaire à l’arrière. Cette dernière est accessible aussi bien depuis l’intérieur que directement depuis le cockpit. Mention spéciale pour sa salle de bains et ses nombreuses entrées de lumière naturelle, qui rendent l’ensemble particulièrement agréable à vivre.

© Gilles Martin-Raget

En croisière, on appréciera également les nombreux rangements disponibles dans les différentes cabines ainsi que les volumes généreux des salles de bains, suffisamment vastes pour rester confortables y compris pour les équipiers de grande taille.

Sous voiles : une bonne surprise

Le chantier Fountaine Pajot fête cette année ses 50 ans et n’a jamais oublié ce qui a fait son ADN depuis le début : le plaisir de la navigation. Le FP 55 n’est bien sûr pas un bateau de course et les conditions à quelques jours du début du salon de Cannes ne présagent rien de bien excitant : la mer est désespérément calme et le vent aux abonnés absents. Heureusement, un léger contretemps technique nous oblige à retarder notre appareillage et, miracle de la météo, le thermique se met tout doucement en marche. En attendant, la sortie du port ne pose guère de problème avec un large catamaran équipé de 2 moteurs espacés de plus de 8 mètres. Le bateau tourne sur place, d’autant plus facilement avec l’aide du propulseur d’étrave. Du haut du fly, la vision est bonne dans toutes les directions ; une caméra et un écran permettent de surveiller les angles morts. Quitter le ponton reste le moment le plus délicat avec un bateau de cette taille et c’est surtout là qu’un équipier est indispensable. A noter que depuis le haut du fly, on entend parfaitement l’équipier et la transmission des informations ne nécessite absolument pas le recours à un appareillage audio quelconque. 

A la sortie du port, nous commençons par tester les capacités au moteur de notre 55 pieds, équipé des 110 ch Yanmar (80 ch en standard). A 1400 tours/minute, nous naviguons à 5 nœuds. La consommation est alors de 4,9 litres/heure pour les 2 moteurs. La vitesse de croisière idéale - 7 nœuds - est atteinte à 2000 tours/minute. La consommation globale est alors de 11,2 litres/heure. A 3000 tours/minute, le bateau atteint les 9,2 nœuds – soit quasiment sa vitesse maximum que nous aurons mesuré à 9,36 nœuds - pour une consommation qui approche les 44 l/h… Clairement, mieux vaut naviguer à 7 nœuds ! 

Le temps de prendre toutes ces mesures et l’anémomètre commence à frémir : 6 nœuds, puis 7… Nous décidons de hisser la grand-voile à corne (en standard) Incidence de 110 m2. La manœuvre est d’une facilité déconcertante grâce aux winchs électriques, aux larges bailles à bouts et aux bloqueurs à portée de main. Une seule personne peut aisément effectuer la manoeuvre. La GV à poste, nous déroulons le génois, lui aussi en Dacron. Là encore, la manœuvre n’est qu’une formalité. Nous coupons les moteurs et… nous naviguons à 4,5 nœuds à 50° du vent. Le vent continue de monter – très légèrement – et nous voici à 6,3 nœuds alors que le vent atteint tout juste les 9 nœuds. Pas mal pour un bateau qui déplace plus de 32 tonnes, particulièrement chargé à quelques jours du salon de Cannes… Nous aurions aimé épicer cette navigation en envoyant le gennaker de 146 m2 mais le bateau étant en configuration « salon », l’accastillage nécessaire n’était pas à bord. Dommage, car nul doute que nous aurions pu tenter d’approcher la vitesse du vent… Nous nous consolons en virant de bord pour rentrer : alors que nous naviguons à seulement 5 nœuds, pas de manque à virer ; le FP 55 change d’amure avec autorité et retrouve sa vitesse initiale sur l’autre bord… 

© Jean-Christophe Guillaumin

Fiche technique FP 55 :

Longueur H.T. : 16.98 m

Largeur H.T. : 8.80 m

Tirant d’eau : 1.85 m

Déplacement lège : 32 100 kg 

Surfaces de voilure : Génois : 66 m²

Grand-voile : 110 m²

Motorisation : 2 x 80 cv

Eau douce : 900 l

Gasoil : 2 X 610 l 

Bateau certifié CE : Catégorie A : 14 pers., catégorie B : 16 pers., catégorie C : 24 pers., catégorie D : 28 pers.

Architecte naval : Berret-Racoupeau Yacht Design

Design intérieur : Isabelle Racoupeau

Prix de base : 1 411 000 euros HT

Prix de la version essayée (aménagements Maestro, nombreuses options et moteurs 110 cv) : 1 900 000 euros HT

© Gilles Martin-Raget

Le FP 55 de Fountaine Pajot sera à découvrir en avant-première au Yachting Festival de Cannes du 8 au 13 septembre au Port Canto.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.