Ce lundi, nous entamons notre galerie de portraits dédiée aux skippers de la Mini-Transat (Douarnenez, 13 octobre 2013). Ce sera la première transatlantique d'Arthur Léopold Léger, un enfant de la balle qui a construit son propre bateau.
Arthur Léopold-Léger a grandi à la Trinité-sur-mer, bercé par les récits des navigations de son père, Philippe (une trentaine de transatlantiques et une préparation olympique). «Nous n'avons jamais vraiment échangé sur l'Atlantique mais j'ai entendu beaucoup d'histoires lors de discussions avec ses amis», explique le jeune skipper. En navigation en double, comme sur l'Open demi-clé 6.50 de ce dimanche (5e au classement général), Arthur Léopold-Léger profite des conseils techniques paternels. «Sur le réglage des voiles, par exemple, précise-t-il. Mais il essaye de me laisser libre sur la stratégie car il sait que ce sont des choses qu'on apprend par soi-même.» Arthur Léopold-Léger a tout de suite été très attiré par la régate, d'abord en dériveur à l'âge de dix ans, puis en multicoque de sport, à partir de 15 ans. Il explore également la navigation habitable en compagnie de grands noms de la course au large comme Marc Guillemot ou Franck Cammas. «Mon principal point fort, la navigation au contact, vient de mon passé de régatier, détaille-t-il. Mais le plus délicat pour moi reste la gestion de la navigation loin des autres. Pas évident de rester motivé pendant vingt jours sans voir de bateau autour !» Pour s'entraîner, Arthur Léopold-Léger se force à partir en mer sans concurrent. «Il faut minimiser les moments de découragement, ajoute-t-il. Je sais qu'en mer il y a des moments de doute mais ils sont rapidement rattrapés par des moments sportifs intenses, des images inoubliables... J'appréhende cette navigation en solitaire mais je l'attends aussi avec beaucoup d'impatience.»
Un bateau fabrication - maison
Arthur Léopold-Léger ne se souvient plus de sa première course de mini en tant que spectateur mais il sait que vers 15 ans, il était très attiré par ce circuit, pour le côté sportif mais aussi pour l'aventure. «Il faut accepter de partir vraiment seul, sans moyen de communication excepté une VHF. J'ai toujours entendu parler du respect et de la solidarité qui règne entre les concurrents», explique-t-il. «Et puis en plus d'apprécier la course et la navigation, j'aime construire». Arthur Léopold-Léger, diplômé en ingénierie aéronautique pour l'appliquer à l'architecture navale, a commencé la construction de son voilier en 2007. «A l'époque, je n'avais que 2000 euros en poche, se rappelle-t-il. Et, malgré ma grosse motivation, je n'avais pas toutes les compétences nécessaires.» L'ancien coureur au large Alain Gabbay, ami de sa famille, lui propose alors d'héberger la construction du 6.50 sur son chantier de La Ciotat. «Pour le financement, j'ai également sollicité mon entourage, ajoute Arthur Léopold-Léger. Je suis allé voir le fondateur de Mécénat Chirurgie Cardiaque, que je connais très bien, pour lui proposer de consacrer l'argent de la revente de mon bateau à l'association, après la Mini-Transat. » Un argument de plus pour convaincre les différents mécènes. «80 à 90 personnes ont jusque-là contribué à mon projet, relève-t-il. Mais mon bateau est encore vierge de toute couleur: je cherche un partenaire principal.» Le ticket d'entrée est de 35 000 euros. «Ce n'est pas si important quand on sait que le budget du dernier vainqueur de la Mini-Transat était de près de 100 000 euros», relativise le jeune marin. «Il comprend le nom du bateau mais également l'organisation d'événements partenaires, par exemple.» Pour accroître sa visibilité, le jeune homme a longtemps cherché une idée de vidéo humoristique, à l'image de la parodie de Bref diffusée l'an dernier par Eric Peron. Il choisit finalement de tourner une parodie des publicités automobiles Deutsche Qualität, en costume sur son petit monocoque de 6,50 mètres. Décidément, après Alex Thomson et Arnaud Boissières, le costume noir est à la mode à bord! «Nous avons tourné dans le plus grand secret, sur l'heure de midi pour croiser le moins de monde possible sur les pontons de La Rochelle, nous confie Arthur Léopold-Léger. J'avais tellement peur qu'on me dise que ce n'était pas bien avant même de finir le tournage ! » Mais les premiers échos sont plutôt positifs. «Cela nous a déjà apporté quelques mécènes supplémentaires», explique le ministe. Côté sportif, il sera au départ de la Select 650 le samedi 20 avril prochain, en solo.
Séquence vidéo parodique ci-dessous