
Après une semaine de course, les premiers concurrents du Vendée Globe s'apprêtent à traverser l'une des zones les plus redoutées des marins, le fameux Pot-au-Noir, qui correspond à la zone de rencontre des alizés qui soufflent de part et d'autre de l'équateur. Les météorologues de METEO CONSULT - La Chaine Meteo vous expliquent pourquoi les conditions météorologiques sont particulièrement délicates dans cet équateur météorologique.
28°C sous des nuages pesants, avec une masse d'air remplie à 80% d’humidité, telles sont les conditions météo particulièrement désagréables qui attendent les navigateurs. Communément caractérisé comme le passage à niveau entre les deux hémisphères, le «pot au noir» ou zone de convergence inter tropicale concentre de forts courants ascendants et des conditions météorologiques très instables. Dans cette zone de convergence entre les alizés du Nord et ceux venant du Sud qui fluctue au cours de l’année (globalement entre l’Afrique et le Brésil), l’air est y est surchauffé tout en restant très humide. Cela favorise la formation d’importantes quantités de vapeur d’eau au sein de nuages à développement vertical que l'on appelle cumulonimbus. Au sein de ces nuages, des phénomènes convectifs ascendants se produisent à l'origine d'orages souvent violents. Pluies diluviennes, violentes rafales et visibilité réduite peuvent alors surprendre les navigateurs. La plupart des skippers lorsqu'ils traversent le Pot-au-Noir, rapportent qu’ils sont passés d’un calme plat à des vents de 35 noeuds soufflant dans toutes les directions avec des grains très violents». Cette fameuse zone de tous les dangers, le «pot au noir», tire d’ailleurs son nom des nuages sombres très élevés qui la caractérise.
Le calme plat, un frein redouté
Néanmoins, le développement d’orages soudains n’est pas le seul phénomène météo redouté par les concurrents. Le calme plat représente également un facteur de stress pour les marins, celui rester scotcher sur l'eau pendant quelques heures et de voir son classement changer radicalement en peu de temps. Et statistiquement, il y a plus de périodes de calme que de périodes d’orages». L’objectif à atteindre est de pouvoir se positionner dans les zones mouvementées afin de bénéficier des vents porteurs, parfois au péril du voilier, tout en essayant de contourner les zones les plus instables. A ce jeu, intuition et chance seront les meilleures alliées des navigateurs.