5000 milles

Vendée Globe
Dimanche 10 janvier 2021 à 17h34

Depuis l’abandon d’Isabelle Joschke hier soir à 22h23, le 9eme Vendée Globe compte 26 concurrents encore en course, 13 en pleine remontée de l’Atlantique Sud, 13 à se languir du cap Horn dans le Pacifique Sud. Les 20% du parcours restants pour la tête de flotte s’annoncent diablement intenses avec un groupe de chasseurs revenant sur le leader Yannick Bestaven (Maître CoQ IV). « 4-5 concurrents peuvent encore jouer la gagne » analysait Jean-Pierre Dick ce midi, invité au Vendée Live.

©Jean-Marie LIOT / Maître Coq
Depuis l’abandon d’Isabelle Joschke hier soir à 22h23, le 9eme Vendée Globe compte 26 concurrents encore en course, 13 en pleine remontée de l’Atlantique Sud, 13 à se languir du cap Horn dans le Pacifique Sud. Les 20% du parcours restants pour la tête de flotte s’annoncent diablement intenses avec un groupe de chasseurs revenant sur le leader Yannick Bestaven (Maître CoQ IV). « 4-5 concurrents peuvent encore jouer la gagne » analysait Jean-Pierre Dick ce midi, invité au Vendée Live.

Isabelle Joschke en équilibriste sur un MACSF à la quille ballante

« Il y a quelques jours, Isabelle avait eu un problème avec son vérin qui sert à basculer la quille d’un bord sur l’autre et quand il y a un souci sur ce vérin, il y a un système qui permet de bloquer la quille dans l’axe, qu’on appelle communément un “faux vérin”. Ça permet d’avoir la quille pile dans l’axe et le bateau peut continuer à naviguer. C’est ce système qu’Isabelle avait en place depuis quelques jours et qui a cassé hier soir. » explique Alain Gautier, team manager du projet MACSF. Contrainte à l’abandon alors qu’elle réalisait une superbe course, la navigatrice va devoir maintenant s’extirper par le Nord d’une dépression générant une mer forte, rendant sa progression dangereuse. « L’objectif est de passer ces prochaines 24 heures car ça va être long. Il y a 35-40 nœuds de vent avec 5-6 mètres de creux attendus pour la journée complète, ça va être tendu. Depuis hier soir, elle a déjà bien appréhendé son bateau, elle voit comme il fonctionne et elle s’en sort super bien. Il faut donc attendre demain soir pour définir une stratégie pour rejoindre un port de repli. » ajoute l’ancien vainqueur du Vendée Globe (1992/93). Jean-Pierre Dick, qui avait terminé l’édition 2012 sans quille à la quatrième place ajoutait lors de l’émission de la mi-journée ce dimanche : « Isabelle n’a pas le contrôle de sa quille qui est suspendue sur ses axes, la quille est un peu folle. Il y a un ballant permanent dans son bateau. C’était finalement moins gênant dans mon cas, j’avais perdu toute la quille, je devais naviguer autrement certes, c’était compliqué, mais pour Isabelle, c’est presque plus dangereux. »

Un front froid et une régate chaude !

Le chemin vers le fameux « point magique » dixit Jean-Pierre Dick, qui permet de cavaler tribord amures pour remonter l’Atlantique Sud poussé par les alizés de sud-est demande une attention de tous les instants. Pour les cinq premiers, il faut trouver les meilleures transitions entre les petits systèmes météo tout en évitant les zones de calmes. « L’élastique devrait se tendre à nouveau, jusqu’au front froid de Cabo Frio qui se dresse devant nos étraves. Les passages dans ce front froid changent, de modèle en modèle, ce n’est pas évident de trouver la bonne trajectoire. » expliquait Charlie Dalin à la vacation du matin. Car si Yannick Bestaven est reparti depuis quelques heures, il va buter d’ici peu dans ce front froid au large d’Itajaì et tout sera alors à recommencer ! Les milles d’avance de Yannick Bestaven vaudront à ce moment-là de l’or. Même un mince matelas pourrait encore lui donner une opportunité au moment de toucher les alizés qui graduellement se renforceront. Derrière lui, quatre hommes (Dalin, Seguin, Ruyant et Burton) dont le regroupement est quasi certain dans un peu plus de 24h lui mettront une pression d’enfer. D’ici les premières arrivées au Sables d’Olonne aux alentours du 29 janvier, le Vendée Globe va soulever bien des passions…

Le Horn, sinon rien

Demain lundi commencera une belle semaine pour Arnaud Boissières, Alan Roura, Jérémie Beyou et Pip Hare. Les quatre skippers vont successivement doubler le Horn après en avoir bien bavé depuis leur entrée dans le Pacifique Sud. Les conditions sont encore difficiles en approche du cap mythique dans un vent de secteur sud glacial. La météo rugueuse devrait perdurer quasiment jusqu’aux îles Falklands pour ce groupe de 4 IMOCA. Cali, qui double le Horn pour la quatrième fois, le sait bien : « Je ne suis pas mécontent de sortir de ce Pacifique ! Mais je sais que le Horn, c’est une petite porte de sortie, nous sommes encore dans le Sud après le cap, il faut continuer à faire gaffe et rester vigilant. » Plus loin, en 24e position, Alexia Barrier va demain soir affronter un gros « coup de chien » avec des rafales à 60 nœuds. Le Finlandais Ari Huusela devrait rencontrer des vents moins forts grâce à sa trajectoire bien plus nord que la Varoise.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.