Charlie Dalin, Louis Burton et Boris Herrmann se détachent en tête de la flotte

Vendée Globe
Vendredi 22 janvier 2021 à 17h46

À cinq jours de l’arrivée, le scénario de la course est toujours aussi incertain. Pourtant, Charlie Dalin, Louis Burton et Boris Herrmann semblent avoir pris un léger avantage qui pourrait s’accroître dans le week-end. Derrière, Armel Tripon englobe les miles, Alan Roura a été obligé de plonger, Alexia Barrier et Ari Huusela s’apprêtent à vivre le chaos et Jean Le Cam s’épanche sur une arrivée qui s’annonce riche en émotion.

©Boris Herrmann / Seaexplorer - YC de Monaco
À cinq jours de l’arrivée, le scénario de la course est toujours aussi incertain. Pourtant, Charlie Dalin, Louis Burton et Boris Herrmann semblent avoir pris un léger avantage qui pourrait s’accroître dans le week-end. Derrière, Armel Tripon englobe les miles, Alan Roura a été obligé de plonger, Alexia Barrier et Ari Huusela s’apprêtent à vivre le chaos et Jean Le Cam s’épanche sur une arrivée qui s’annonce riche en émotion.

Dalin-Burton-Herrmann, un trio se détache…

Ils sont trois à appuyer sur l’accélérateur. Il n’y a pas que Louis Burton qui a réussi à prendre le fameux couloir de vent de Sud, alimenté par une dépression secondaire qui se creuse. Charlie Dalin, même s’il bénéficie de 4 à 5 nœuds de moins que son rival, et Boris Herrmann y sont parvenus aussi. Cette route leur permet de continuer leur progression avec un objectif : bénéficier dès samedi soir d’une nouvelle dépression qui génère des vents de Sud-Ouest.  « Entre les deux, il y a une zone de vent moins soutenu », décrypte Sébastien Josse, consultant météo du Vendée Globe. En somme, le suspense est toujours intense mais pour avoir une vue claire des forces en présence, il convient d’ajouter que :

- Dans la dernière ligne droite, selon le positionnement des empannages, il faudra compter sur la vitesse d’APIVIA en bâbord amure qui permet d’utiliser son foil opérationnel

- Boris Herrmann pourrait être avantagé à l’arrivée puisqu’il bénéficie d’une compensation de 6 heures après s’être dérouté pour le sauvetage de Kevin Escoffier

Pour les principaux concernés, l’heure est à la concentration maximale. « Les prochaines heures de course seront déterminantes pour conserver le bon rythme », confiait Boris Herrmann au Vendée live en anglais. Charlie Dalin, lui aussi, évoque « un finish serré » : « l’issue du match n’est pas claire encore mais je continue à naviguer du mieux possible ».

…. Chez leurs poursuivants, sentiments mitigés

Derrière les trois leaders actuels, les poursuivants ne bénéficieront probablement pas de l’enchaînement des deux systèmes dépressionnaires.  « Ils vont continuer à faire du Nord, abonde Christian Dumard, le météorologue du Vendée Globe. S’ils n’arrivent pas prendre le premier système, ils devraient bénéficier du second système qui est beaucoup plus vaste ». Giancarlo Pedote (Prysmian Group), qui fait partie de ce groupe, ne dit pas autre chose : « On va continuer de faire route vers le Nord pour suivre la rotation du vent. Et dès qu’on sort de cette zone anticyclonique, on prendra les vents de la dépression pour faire du portant et du reaching jusqu’aux Sables d’Olonne ».

Pour l’Italien, rien n’est joué (« dans la voile, tout est possible »). Pourtant, certains sont plus mesurés, comme Jean Le Cam (Yes We Cam !) : « Ca va être compliqué d’être dans le match jusqu’au bout, on a pris un paquet de retard ». Invité du Vendée Live, Benjamin Dutreux pense aussi que « ce sera très difficile. Il faut juste s’évertuer à aller à notre rythme et à naviguer ‘propre’ jusqu’au bout ».

Derrière, une remontée aux allures de chevauchées

Armel Tripon (11e) continue d’avaler les milles à vitesse grand V. L’Occitane en Provence, peu ralenti par le Pot au Noir, est le 2e de la flotte à avoir parcouru la plus longue distance en 24 heures (360 milles). Cela lui permet de réduire l’écart avec Maxime Sorel (10e, V and B - Mayenne) qui s’établit désormais à moins de 240 milles. Difficile d’imaginer qu’Armel Tripon ne parviennent pas à le dépasser…

Roura, un plongeon et du vent !

Arnaud Boissières (La Mie Câline - Artisans Artipôle) et Alan Roura étaient englués, hier après-midi, dans un « mini » Pot au Noir. On a compté parfois moins de deux nœuds pour les deux hommes ! Le skipper de La Fabrique a profité de cette accalmie pour… Plonger ! « Alan est allé sous la carène pour voir s’il n’y avait pas de délimage », confie Jacques Caraës, le directeur de course. Le Suisse a également tenté de monter au mât mais les conditions ne s’y prêtaient pas. Mais, fidèle à ses habitudes, garde sa motivation intacte : « je suis remonté à bloc ! »

Alexia Barrier et Ari Huusela, seuls face au chaos

Ils pointent à près de 6 000 milles de la tête de course. Et pour Alexia Barrier (TSE – 4myplanet) et Ari Huusela (STARK), l’heure n’est pas vraiment à penser au retour aux Sables d’Olonne. Les deux skippers affrontent en effet des conditions particulièrement musclées alors qu’elle s’approche de la Terre de Feu. Depuis huit jours, ils bataillent dans le même système dépressionnaire qui leur a emmené son lot de grains, de pluie et même de grêle… Le vent devrait même forcir dans les prochaines heures : à l’approche du Cap Horn, des rafales de 45 nœuds et des creux de 5,50 m sont à attendre. « Le Cap Horn, ça se mérite », souligne Alexia Barrier à raison.

Déjà la tête à l’après

Difficile pour les rescapés du Vendée Globe de n’être focalisés que sur la course. Si Giancarlo Pedote a affirmé qu’il ne pensait qu’à ce rush final, ce n’est pas le cas des autres. Jean Le Cam (Yes We Cam !) s’est ainsi longuement épanché sur l’arrivée : « J’essaie de ne pas trop y penser parce qu’on a tous vécu des choses très fortes, très intense. À l’arrivée, ça va se libérer, ce sera une explosion d’émotions, c’est difficile de savoir comment on va réagir. » Romain Attanasio Romain Attanasio (Pure – Best Western ©), lui, voit plus loin : « Je suis passionné de voile alors forcément, on réfléchit avec mon équipe à la suite, à la façon d’améliorer le bateau, à savoir comment on poursuit le projet. C’est impossible de se dire qu’après une telle aventure tout commence. Moi aussi j’ai envie de batailler avec mes camarades à bord d’un bateau qui vole ! »

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.