Saint Hilaire-Sardinha Cup, entre stratégie et vitesse

Course au large
Dimanche 11 avril 2021 à 20h06

Le départ de la Saint Hilaire-Sardinha Cup, seconde étape de la Sardinha Cup, a été donné dimanche à 17h12 dans un vent de 15-20 nœuds de secteur nord et c’est le duo Philippe Hartz/Benoît Hochart (Marine Nationale-Fondation de la Mer) qui a franchi en tête la bouée des 5 Pineaux. La flotte des 21 Figaro Beneteau 3 est partie pour 775 milles et environ cinq jours de mer, avec un aller vers les Scilly qui s’annonce stratégique et un retour qui devrait surtout se résumer à une course de vitesse.

©JB D'ENQUIN / Sardinha Cup
Le départ de la Saint Hilaire-Sardinha Cup, seconde étape de la Sardinha Cup, a été donné dimanche à 17h12 dans un vent de 15-20 nœuds de secteur nord et c’est le duo Philippe Hartz/Benoît Hochart (Marine Nationale-Fondation de la Mer) qui a franchi en tête la bouée des 5 Pineaux. La flotte des 21 Figaro Beneteau 3 est partie pour 775 milles et environ cinq jours de mer, avec un aller vers les Scilly qui s’annonce stratégique et un retour qui devrait surtout se résumer à une course de vitesse.

Au large ou au à la côte ? Sur le ponton de Port la Vie accueillant les Figaro Beneteau 3 participant à la Sardinha Cup, c’était ce dimanche la grande question du jour, à quelques heures du départ de la Saint Hilaire-Sardinha Cup. Et pour cause, ce choix, les 21 tandems allaient devoir le faire dès la fin du parcours côtier d’environ 2 milles, au passage de la bouée des 5 Pineaux, située au pied de Saint Hilaire de Riez.

Une option résumée par Damien Cloarec, co-skipper de l’Anglais David Paul sur G-Alok : « Il y a un anticyclone qui va nous barrer la route lundi sur la pointe bretonne, il faut choisir dès la première bouée entre le contourner par l’ouest ou rester à terre pour prendre des brises thermiques. » Marc Mallaret (associé à Sébastien Marsset sur Mercyships.org) ajoute : « Il y a ceux qui vont couper tout droit pour faire moins de route, au risque d’avoir moins de vent, et ceux qui vont faire tout le tour de cette bulle en faisant plus de milles mais en allant certainement plus vite. On se creuse la tête. »

Comment orienter sa décision ? « Le choix est super dur à faire, d’autant plus que les caractéristiques du Figaro Beneteau 3 ouvrent le champ des possibles en nous poussant à s’écarter beaucoup de la route, répond Yann Eliès (co-skipper de Gardons la Vue-Fondation Stargardt avec Martin Le Pape). On essaie de se raccrocher à des choses rationnelles pour éviter de prendre cette décision à pile ou face. Ensuite, une fois à la bouée, il y a l’aspect tactique qui entre en jeu, on regarde avec qui on part. »

Avant de quitter le ponton, la plupart des figaristes semblaient avoir fait le choix de la route vers le large : « On pourrait se dire que la route directe est moins risquée, mais elle s’apparente selon moi davantage à un coup de poker, le grand tour par l’extérieur semble plus réaliste », estimait ainsi Corentin Horeau, qui fait équipe avec Elodie Bonafous sur Bretagne CMB Océane. Et effectivement, une demi-heure après le coup d’envoi de la Saint Hilaire-Sardinha Cup, au passage de la fameuse bouée des 5 Pineaux, franchie en tête par Philippe Hartz et Benoît Hochart devant les duos Estelle Greck/Laurent Givry (Rêvons Long Cours) et Marc Mallaret/Sébastien Marsset, la flotte a rapidement tiré la barre pour faire un cap à l’ouest toute.

La suite du programme ? « C’est plus à partir de lundi que ça va partir en éventail à l’approche du centre de l’anticyclone, explique Pierre Quiroga (Macif). Le redémarrage lundi après le passage de l’anticyclone va être hyper important, il faudra être très lucide à ce moment. Avec Erwan (Le Draoulec), on va garder de l’énergie ce soir pour être bons demain et après-demain. »

Car pour la plupart des marins interrogés, le classement aux Scilly pourrait peu changer d’ici le terme de l’étape au Pays de Saint Gilles, prévu vendredi : « Je pense que le premier qui passera aux Scilly devrait être le premier à l’arrivée, parce qu’il ne devrait pas y avoir par la suite de coups aussi tranchés que sur les premières heures de course », analyse Morgan Lagravière, vainqueur de la première étape avec Xavier Macaire sur Team SNEF.

« Si la première partie de la course a généré de gros écarts, les jeux seront en grande partie faits aux Scilly, car le retour va être un bord de bûcheron », ajoute Corentin Douguet, co-skipper de Quéguiner-Innoveo aux côtés de Tanguy Le Turquais. Reste que l’étape, avec ses 775 milles, s’apparentera aussi à une course d’usure, avec une gestion sur le long terme à ne pas sous-estimer. « On n’a jamais fait une aussi longue étape, on sait que les bateaux sont durs et exigeants, il va falloir garder du jus pendant cinq jours, prévient Yann Eliès. On est certes en double, mais il y en a qui vont lâcher le morceau petit à petit et d’autres qui vont réussir à garder le bon rythme jusqu’au bout. »

Robin Marais, 10e de la première étape sur Ma chance Moi aussi, conclut : « Ça va être une étape longue, humide et froide, donc ce sera important de bien se reposer et de trouver d’entrée le bon fonctionnement et le bon rythme. Certes, une partie de la course va se jouer aux Scilly, mais ça ne sert à rien de d’être bien placé aux Scilly si c’est pour être cramé sur la deuxième partie. »

Ordre de passage à la bouée des 5 Pineaux, 1ère marque de la deuxième étape de la Sardinha Cup :

1. Marine Nationale/Fondation de la Mer (Philippe Hartz/Benoît Hochart)

2. RLC Sailing (Estelle Greck/Laurent Givry)

3. Mercyships.org (Marc Mallaret/Sébastien Marsset)

4. Primeo Energie-Amarris (Achille Nebout/Ambrogio Beccaria)

5. Gardons la Vue-Fondation Stargardt (Martin Le Pape/Yann Eliès)

6. Devenir (Alan Roberts/Violette Dorange)

7. Ma chance Moi aussi (Robin Marais/Christian Ponthieu)

8. Région Normandie (Alexis Loison/Guillaume Pirouelle)

9. RL Sailing (Kenneth Rumball/Pamela Lee)

10. Bretagne CMB Océane (Elodie Bonafous/Corentin Horeau)

11. Team Vendée Formation (Charlotte Yven/Pierre Daniellot)

12. Génération Sénioriales (Benoît Mariette/Antoine Lauriot-Prévost)

13. Bretagne CMB Performance (Tom Laperche/Loïs Berrehar)

14. Team SNEF (Xavier Macaire/Morgan Lagravière)

15. G-Alok (David Paul/Damien Cloarec)

16. Bretagne CMB Espoir (Gaston Morvan/Ronan Treussart)

17. Cybèle Vacances/Team Play to B (Pep Costa/Will Harris)

18. Macif (Pierre Quiroga/Erwan Le Draoulec)

19. Volvo (Jonas Gerckens/Sophie Faguet)

20. Quéguiner-Innoveo (Tanguy le Turquais/Corentin Douguet)

21. Charente Maritime (Alexis Thomas/Robin Follin)

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.