Le navigateur breton Guirec Soudée poursuit actuellement sa remontée de l’Atlantique au large des Açores et se rapproche des côtes françaises. Son arrivée à Brest est prévue ce samedi 28 mars, un moment très attendu par les passionnés de voile et les habitants du Finistère qui s’apprêtent à accueillir le marin après son incroyable aventure en mer.

La ligne d’arrivée se profile enfin pour Guirec Soudée. Après des semaines de navigation intense, le skipper poursuit sa remontée de l’Atlantique, actuellement positionné au large des Açores, cap au nord-est vers la Bretagne. Les conditions météo semblent favorables pour cette dernière portion de parcours, laissant entrevoir une arrivée dans les temps.
Si tout se déroule comme prévu, le navigateur devrait franchir les dernières milles nautiques et rejoindre le port de Brest ce samedi 28 mars, sous les regards impatients du public. Sur les quais, l’ambiance promet d’être chaleureuse, entre fierté locale et admiration pour la performance sportive et humaine.
« Encore hier soir (dimanche), juste avant la tombée de la nuit, j’ai failli me prendre deux bouées de je ne sais pas quoi ! Heureusement que je les ai vues ! Tu ne sais pas si ça peut arrêter le bateau, si ça peut faire des dégâts importants… Je ne vais pas vous mentir, là-dedans, il y a une vraie part de chance, de hasard, et jusqu’à présent, je m’en sors bien. Mais même s’il ne reste que 4, 5 jours de mer, je sais très bien qu’il peut se passer n’importe quoi, à n’importe quel moment. Je reste donc très vigilant, très concentré. »
Le ton est donné : la fête attendra. Il faut dire que Guirec a déjà subi une avarie, au Sud-Est de Madagascar, en début de mois. Alors qu'il naviguait à 20 nœuds, il a en effet percuté un filet de pêche, qui a endommagé son safran tribord. De façon plus générale, ça commence à "tirer". Pour lui, qui reconnaît être « très fatigué », comme pour son bateau. « On sait que ce sont des bateaux qui n’ont pas l’habitude de passer autant de temps sur l’eau, sans escale, sans un gros entretien. Ses limites, je ne les connais pas. Il faut faire attention, être à son écoute, et à des moments, se mettre pratiquement à l’arrêt, avant de réaccélérer derrière quand les conditions le permettent. Il y a pas mal de pièces qui commencent à s’abîmer ou se cassent. Parfois, je peux l’anticiper, parfois non… ».
« Je ne réalise pas encore ce qui est en train de se passer, je préfère arriver avant de me dire que oui, j’ai vraiment fait ce tour du monde dans ce sens-là et que le pari est réussi. Je sais qu’il est osé. Quand je vais passer la ligne, ça va être un vrai soulagement, beaucoup de choses vont se relâcher en moi parce que je suis sous pression en permanence, j’ai l’impression d’avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête et qu’à n’importe quel moment, tout peut s’arrêter. Si proche du but, ce serait quand même dommage. Mais ça ne va pas se finir comme ça, je suis un éternel optimiste, je sais que ça va bien se passer… mais je reste très prudent. »
D’autant qu’à l’arrivée, une (dernière) petite dépression l’attend, avec pas mal de mer et du vent assez soutenu. Jean-Luc Van Den Heede, détenteur du record depuis 2004, sera présent à Brest pour l’accueillir, tout comme Claude Breton, contrôleur du World Sailing Speed Record Council, pour valider le temps de passage de Guirec.
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