
Impressionnant de maîtrise sur la première étape qu'il a remportée haut la main avec une belle avance sur Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) et Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance), Xavier Macaire (Team SNEF) repart en confiance. « J’ai envie de bien faire, de bien travailler et, pour ça, je ne dois pas regarder dans le rétroviseur. Je ne veux surtout pas me reposer sur mes lauriers de la première étape, sur l’avance que j’ai au classement général provisoire et encore moins essayer de contenir mes adversaires. Le but est de faire une belle navigation, de continuer dans le bon influx dans lequel j’étais ».
À l'autre bout du classement, Marc Mallaret (CTB – Contrôles Techniques Bateaux), 30e, a remis les compteurs à zéro lui aussi. « Pour moi, La Solitaire du Figaro commence maintenant. Mon bateau est mieux préparé qu'à Saint-Nazaire. Toute ambition de faire une bonne place au général semble vaine mais il reste trois belles étapes sur lesquelles je compte prendre du plaisir... et des risques ! Je n'ai plus rien à perdre et je suis totalement libéré pour tenter des coups. Cela m'a réussi l'année passée lorsque j'ai fait un podium sur la dernière étape alors que je faisais jusque-là une course moyenne » expliquait ce matin le Montpelliérain.
Un nouveau départ
Entre ces deux extrêmes, chaque skipper de cette 52e Solitaire du Figaro est parti cet après-midi avec son lot d'attentes, d'aspirations profondes et de certitudes intimes, déclarées ou non. « Je pense que cette deuxième étape va être beaucoup plus fatigante que la première. Du coup, j'ai beaucoup dormi depuis mon arrivée à Lorient. Pour l'instant, je suis déçue de mon classement mais je vais tout donner jusqu'à Fécamp. Je pars sereine en me disant que je vais faire ma course, avec les choix qui me correspondent. On verra à l'arrivée » déclarait avant de quitter le ponton Estelle Greck (Respimer), 7e du classement bizuth. Une arrivée que les derniers routages prévoient pour ce mercredi 1er septembre aux alentours de midi.
Go dans les coureaux !
Mais pour arriver, il faut d'abord partir ! C'est ce qu'on fait de manière spectaculaire et inhabituelle, au vent de travers (et non au près comme traditionnellement), les 34 concurrents de cette 52e Solitaire du Figaro. À 14h tapantes, les marins ont déboulé sur leur Figaro Beneteau 3 toutes voiles dehors, gennakers déroulés, bien calés sur leur foil. Dans un vent de nord-est soufflant à une douzaine de nœuds dans les rafales, la flotte s'est élancée sur un parcours côtier musclé. Seuls Corentin Horeau (Mutuelle bleue pour l'Institut Curie) et Achille Nebout (Primeo Energie – Amarris), un peu trop pressés d'en découdre, n'ont pas échappé à un rappel individuel et ont dû s'acquitter d'une réparation. Sous un ciel parsemé de nuages, les courreaux de Groix agités par un léger clapot bouillonnaient d'intensité.
Sur la ligne, Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) se distinguait dès le coup d'envoi et faisait parler son art du départ cultivé sur les ronds olympiques. Le 2e de la première étape coupait la ligne dans un timing parfait. Le Suisse Nils Palmieri (TeamWork) était tout proche dans son tableau arrière, sur ce plan d'eau qu'il connaît comme sa poche, pour y multiplier les entraînements avec l'équipe de Lorient Grand Large. Récent vainqueur de la Transat en Double Concarneau - Saint Barthélémy, il s'est offert le plaisir de contourner en tête la première bouée de ce petit parcours côtier dessiné pour assurer le spectacle et saluer Lorient comme il se doit, après une escale conviviale, appréciée par tous, sur un territoire résolument tourné vers le monde de la course au large.
La vitesse de Laperche
Une bouée plus tard, après un bord au portant très tonique où les skippers ont dû choisir entre le gennaker et le spi, au risque de partir au lof dans les bouffées de ce vent de terre très instable en force. Le skipper helvète était suivi comme son ombre par Gildas Mahé (Breizh Cola), Pierre Quiroga, Martin Le Pape (Gardons la vue), et Pierre Leboucher (GUYOT Environnement - Ruban rose)… Entre autres. Cette entrée en matière tenait toutes ses promesses et se poursuivait de plus belle sur un bord au louvoyage en direction de la pointe de Kerbiscart, devant Lomener, où le rythme des manœuvres s'intensifiait encore. À 14h50, l'heure de parer la dernière marque de ce parcours de chauffe était venue. Cette fois, c'était au tour de Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance), toujours aussi impressionnant en vitesse pure, de virer en tête. À ses trousses, la meute de figaristes est maintenant lancée. Cap sur Belle-Ile…
Pointage à la bouée de Kerbiscart :
1/ Tom Laperche (Bretagne-CMB Performance)
2 / Gildas Mahé (Breizh Cola)
3 / Tanguy Le Turquais (Queguiner – Innoveo)
4 / Fabien Delahaye (Gardons la vue)
5 / Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019)
6 / Gaston Morvan (Bretagne – CMB Espoir) / 1er bizuth
7/ Xavier Macaire (Groupe SNEF)
8 / Eric Peron (French Touch)
9 / Elodie Bonafous (Bretagne - CMB Océane)
10 / Alexis Thomas (La Charente Maritime) / 2è bizuth