Samedi 20 novembre 2021 à 11h02

Chaque mille effectué rapproche à présent les flottes des côtes martiniquaises. Il reste pour les marins à négocier quelques dévents et plusieurs empannages, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Il y a certaines décisions déterminantes à prendre pour la flotte la plus nombreuse, celle des Class40, qui n’est pas prête de se détacher des fichiers météo.

Côte martiniquaise ©Sophie Savant-Ros
Chaque mille effectué rapproche à présent les flottes des côtes martiniquaises. Il reste pour les marins à négocier quelques dévents et plusieurs empannages, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Il y a certaines décisions déterminantes à prendre pour la flotte la plus nombreuse, celle des Class40, qui n’est pas prête de se détacher des fichiers météo.

Class 40, clignotants à l’ouest

L’ensemble de la flotte tricote entre les îles du Cap Vert et négocie les dévents pour trouver rapidement la porte de sortie. « Nous jouons avec les petites variations du vent. La journée d’hier fut dense avec le Cap Vert à contourner avec quelques perturbations. Nous avons enfin réussi à se dégager et retrouver un vent plus établi en fin de journée.  Arrivant vers Sal, c’était embêtant de devoir loffer (se rapprocher de l’axe du vent) donc nous avons fait le choix du sud, mais ça n’était pas couru d’avance… » nous explique l’équipage qui dompte le récent Max40 Project Rescue Ocean. La plupart réfléchit maintenant aux trajectoires des heures qui suivent. L’alizé semble plus établi vers le sud, deux choix s’imposent aux quarante pieds. Par l’ouest la route est directe, mais le vent reste incertain et mou. Par le sud le chemin est plus long, mais la vitesse, elle, est davantage assurée. Les marins confirment que la route est encore longue et sont vigilants quant à la gestion de leurs vivres. « Cela dure plus longtemps que prévu, nous devons juste faire attention à l’eau douce, mais le reste devrait nous suffire. » ajoutait Axel Trehin  ce matin.

Un sprint final sportif en Imoca pour rallier la Martinique

Mené par LinkedOut qui a passé Fernando de Noronha en premier, hier soir à 22h22 TU, le trio de tête, inchangé depuis quelques jours maintenant, s’affaire à la remontée le long de la zone interdite au nord-est de l’Amérique du Sud. 3h30 seulement séparent le leader du troisième. Un vent au 120° imposera une série d’empannages aux soixante pieds au début de la remontée. 250 milles derrière, Arkéa-Paprec et Initiatives-Cœur se battent pour la quatrième place. Sam Davies, jointe (Initiatives-Cœur) en vacation ce matin, prévoit un contournement de la marque de parcours dans la soirée. « Nous sommes contents d’être dans les alizés sud, nous allons vite ! Le courant et la météo ont été compliqués. Nous avons dû faire pas mal d’empannages et donc c’était assez sportif, mais nous sommes bien entrainés depuis les Canaries et le Cap Vert (rires). Nous avons hâte de voir les côtes martiniquaises, mais pour l’instant nous vivons le moment présent. »

Dernier long bord sur des Ocean Fifty débridés

400 milles séparent le Maxi Edmond de Rothschild du leader des Ocean Fifty, ce dernier devrait voir le tableau arrière du premier Ultime dans 36 heures. La flotte des Ocean Fifty, qui elle a déjà effectué sa série d’empannages, devrait pouvoir profiter de la petite bascule de vent vers l’est pour ouvrir ses voiles et faire route directe. Le vent va mollir naturellement, mais les conditions restent idéales pour la navigation en multicoques. Pour les Bretons et Normands Thibaut Vauchel-Camus et Fred Duthil ce sont « des conditions de rêve, ça glisse, la mer s’assagit, nous sommes en short et t-shirt ! Mais nous attendons la nuit avec impatience car la journée est humide et trop chaude (rires). » Malgré la frustration de ne pas pouvoir se battre avec les mêmes cartes que les leaders, ils relativisent sur Solidaires En Peloton - ARSEP.  « Nous ne sommes plus sur notre objectif de départ sur le plan sportif. Nous nous faisons une raison et nous allons apprendre de ces petits soucis. C’est une Transat qui reste super intéressante. Notre objectif commun pour l’instant va être de continuer à avoir le vent qui est canalisé au niveau de la zone interdite. Et ensuite nous allons nous orienter vers un bord direction la Martinique, une grande ligne droite à partir des prochaines 24h. »

Ultime marque de parcours

Les maxis trimarans connaîtront un schéma identique aux Ocean Fifty quant à la remontée du Brésil le long de la zone interdite. Les empannages vont se succéder pendant une demi-journée jusqu’à la bascule d’est, où ils pourront réduire les manœuvres et terminer en un sprint rectiligne vers l’arrivée. Actual Ultim 3 et Sodebo Ultim 3, respectivement en 4 et 5ème, doivent enrouler la dernière marque de parcours, Sāo Pedro e Sāo Paolo. La deuxième place est occupée par Banque Populaire XI, qui surveille de près ses poursuivants SVR-Lazartigue. Le vent devrait forcir par l’arrière, Armel Le Cléac’h et Kevin Escoffier confirment : « Nous surveillons plutôt François et Tom, qu’ils ne nous reprennent pas des milles. » Pour les premiers, l’arrivée se rapproche avec une ETA prévue ce mardi 23 dans la soirée (UTC). En attendant, les skippers profitent de ces derniers longs bords de vitesse comme le racontent Armel et Kevin : « Nous continuons à apprendre sur le bateau, il est récent mais nous voyons bien le potentiel. Il va à 40 nœuds très facilement. Il y a encore moyen d’aller plus vite mais avec la météo que nous avons eue nous avons exploité le bateau comme nous avons pu, et c’est déjà super. Il nous reste 3 jours et demi, dernier sprint et nous ne voulons avoir aucun regret. »

 

Le classement de 8h00

Ultime

1. Maxi Edmond de Rothschild

2. Banque Populaire XI

3. SVR - Lazartigue

Ocean Fifty

1. Primonial

2. Koesio

3. Leyton

Imoca

1. LinkedOut

2. Apivia

3. Charal

Class40

1. Redman

2. Guidi

3. Volvo

 

Les dates d'arrivée estimées en Martinique (au 20/11) :

Ultime : Maxi Edmond de Rothschild attendu le mardi 23 à 23h UTC

Ocean Fifty : Primonial attendu le mercredi 24 à 2h UTC

Imoca : LinkedOut attendu le jeudi 25 à 17h UTC

Class40 : Redman attendu le mardi 30 à 20h UTC

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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