24H ULTIM - Midi pile : quatre Ultim s'élancent en ligne !

Course au large
Par Figaronautisme.com/24H Ultim

- Magnifique départ de quatre maxi-multicoques lancés à pleine vitesse sur la ligne dans moins de 10 nœuds de vent - Devant les étraves affûtées : 340 milles aux détours de 3 marques virtuelles dans le nord du golfe de Gascogne - Une course offshore servie dans des conditions de petit temps avec une seule certitude : celle de donner lieu à une régate de 24 heures d’une intensité de tous les instants - À 15h, au large de la baie d’Audierne, les trois premiers flashés à plus de 33 nœuds.

©Alexis Courcoux
- Magnifique départ de quatre maxi-multicoques lancés à pleine vitesse sur la ligne dans moins de 10 nœuds de vent - Devant les étraves affûtées : 340 milles aux détours de 3 marques virtuelles dans le nord du golfe de Gascogne - Une course offshore servie dans des conditions de petit temps avec une seule certitude : celle de donner lieu à une régate de 24 heures d’une intensité de tous les instants - À 15h, au large de la baie d’Audierne, les trois premiers flashés à plus de 33 nœuds.

« Au cordeau dans les courreaux », « comme à la parade à fond de balle »

Le spectacle offert ce samedi midi au large de Lorient a été à la hauteur de l’affiche réunie au départ de la grande course au programme des 24H Ultim : superbe ! Chose promise, chose due, les quatre maxi-multicoques, menés en double par des marins comptant parmi les plus fines lames de la course au large, se sont élancés dans un timing parfait, au point qu’il est bien difficile de voir lequel d’entre eux mérite les honneurs de la ligne. « Un départ au cordeau dans les courreaux », commente Christophe Gaumont, président du comité course.  « Au moment du départ, il y avait 8-10 nœuds sur une mer plate et sous un grand soleil. Ils sont partis tous alignés, bord à bord comme à la parade, à fond de balle », ajoute de son côté le directeur de course Gildas Morvan. Il n’en faut pas plus pour ces trimarans qui rejoignent vite la piste de décollage au large de Pen-Men (la pointe de nord-ouest de Groix).

C’est parti pour une belle course de vitesse au contact, à bord de ces Ultim qui commencent à déjauger et à faire une jolie démonstration de leur potentiel spectaculaire dès l’entame du grand bord de portant, qui doit les mener jusqu’à Ouessant. Les images sont magnifiques. Elles font le bonheur des spectateurs réunis à bord des très nombreuses embarcations, qui ne rateraient pour rien au monde ce grand show sur l’eau… D’aussi courte durée, soit-il ! Difficile en effet d’imaginer suivre ces paires de skippers qui ont déjà passé la surmultipliée. Une heure plus tard, SVR-Lazartigue, Banque Populaire XI et le Maxi Edmond de Rothschild ont déjà doublé la cardinale sud de la Jument par le travers des Glénan. Leur beau ménage à trois ne fait que commencer, alors qu’Actual Ultim 3, qui fait preuve d’une belle force de résistance, concède déjà un petit retard qui menace de se creuser dans les prochaines heures.

En avant vers Ouessant

Les milles défilent à une vitesse impressionnante dans des conditions pourtant peu propices aux grandes chevauchées. Mais c’est trop vite oublier que ces Ultim volants restent les plus belles machines à créer du vent, dès lors qu’elles attrapent un soupçon de pression dans leurs voiles. Mais le vent, cette précieuse denrée, risque de leur manquer d’ici à demain dimanche, contraignant la direction de course à dessiner un parcours sous la forme d’un quadrilatère raccourci à 340 milles. « Les modèles sont aujourd’hui encore très incertains vis-à-vis de l’arrivée de vents faibles demain. On est en bordure de l’anticyclone qui se situe dans l’est de la France, et un front froid, qui arrive de l’ouest et va se déplacer sur la flotte. En amont, une épaisse bande nuageuse doit perturber l’air. Sous les nuages, la situation va devenir plus compliquée. Le but pour nous c’est de trouver le meilleur compromis pour les faire arriver dans les temps dimanche, avant que la flotte ne se fasse rattraper par cette zone de molle mal définie », justifie Basile Rochut, consultant météorologue avec Christian Dumard.

Pour l’heure, les quatre Ultim progressent dans un flux de sud-est qui promet de se renforcer jusqu’à 15-16 nœuds en approche de la première marque (waypoint Banque Populaire Grand Ouest), située à une petite dizaine de milles dans la sud-ouest d’Ouessant, en mer d’Iroise. Cette ascension, à coups d’empannages le long des côtes, ne manque pas d’enjeux tactiques. « Dans ces conditions, il faut être précis avec des petits détails qui peuvent générer pas mal d’écarts. Quand on va arriver à Penmarc’h et en baie d’Audierne, globalement il y a des cailloux au milieu de la route. Même s’il n’y aura pas forcément des décalages énormes, on peut avoir un premier choix à faire au passage du raz de Sein, avec des bateaux qui s’écartent un peu les uns des autres. », indique Tom Laperche à bord de SVR-Lazartigue. À 14h30, à l’heure d’aborder ce passage, ce dernier ouvre la marche dans 12-13 nœuds de sud, au pas de deux avec le Maxi Edmond de Rothschild : au contact et à vue à plus avec des vitesses oscillant entre 30 et 35 nœuds . Un mot d’ordre : vite, vite profiter du vent, avant demain dimanche…

Ils ont dit au ponton

François Gabart (SVR-Lazartigue) : « Il faudra soigner les trajectoires dès les premières heures de course. Tout l’enjeu sera de trouver le vent. C’est un bel entraînement. Ces 24H Ultim, c’est notre dernière confrontation avant la Transat Jacques Vabre. C’est toujours hyper intéressant de pouvoir répéter vos gammes,  de continuer de progresser. Cela fait deux ans qu’on navigue ensemble . Même si sur la Transat Jacques Vabre, il est peu probable qu’on ait ces conditions au départ, quoi que… Mais il y aura sans doute plein de moments avec des vents plus faibles, il faut être capables d’être rapides dans ces conditions là. »

Erwan Israël (Maxi Edmond de Rothschild) : «  On a une situation un peu compliquée sur la fin. Si on n’arrive pas au plus tard à midi demain, après il n’y a plus d’air du tout. Cela risque de se jouer là. Le début est super intéressant avec un bord de portant jusqu’à la bouée BPGO, avec quelques empannages à faire le long de la Bretagne. Cela peut être très serré. Les modèles changent encore beaucoup pour la fin du parcours, même si j’ai quand même vu quelques routages exotiques, avec des conditions très aléatoires. Cela peut ouvrir le jeu, avec des bateaux qui partent d’un côté, d’autres de l’autre. On se concentre surtout sur le début où cela va être une course de vitesse au portant dans les petits airs. On sait que des bateaux vont très très vite dans ces conditions. »

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire XI) :  « Le début de course devrait être assez rapide, en revanche il y a plus d’incertitudes sur la force du vent pendant la deuxième partie de course. Il pourrait donc y avoir un resserrement de la flotte ou une arrivée un peu plus stressante. Aux abords d’Ouessant, il peut y avoir 6-7 nœuds de courant, il faudra en tenir en compte.

Il faudra bien choisir sa trajectoire par rapport au vent, sachant qu’à quelques nœuds près, cela peut créer des écarts de vitesse importants. C’est un jeu d’équilibriste pour garder suffisamment de pression et ne pas se retrouver coincé. Même si cela ne va pas être très rapide en termes de vitesse ou d’intensité, on ne va pas beaucoup dormir car on va faire beaucoup de manœuvres et être beaucoup aux réglages. »

Anthony Marchand (Actual Ultim 3) : «  On aura une dizaine de nœuds de vent au départ puis un beau portant qui se renforcera pour rejoindre Ouessant. Ce sera une petite mise en jambe sympa avec des empannages à gérer. Puis du près plus soutenu jusqu’à la deuxième marque. En revanche, la fin de parcours va être plus chaotique, ça va mollir. Ce sera une régate tactique avec des placements à faire, et pas du tout-droit.  De notre côté, ce sera une prise en main du bateau. On va essayer d’aller vite avec les copains. Le parcours est assez complet avec pas mal de manœuvres, des empannages, des virements de bord, du reaching, du près. Ça va être intéressant. »

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…