
Le maxi-trimaran devrait entrer dans l'océan Atlantique dans la nuit de samedi à dimanche après 26 jours en mer, mais surtout avec plusieurs heures d'avance que le temps du détenteur du Trophée Jules Verne, le "Menhir" breton Francis Joyon.
Une petite marge qui suffit à Benjamin Schwartz, expert ès météo à bord, déjà dans l'équipage de Coville l'hiver dernier lors de deux précédentes tentatives autour du monde abandonnées en raison d'avaries. "Quand on est partis le 15 décembre, tout est allé très vite. On a réussi à se mettre dans le bain rapidement et c'est déjà exceptionnel d'être allé aussi loin", estime le navigateur de 39 ans, joint au téléphone par l'AFP avant le passage du Cap Horn. En effet, les marins de l'écurie lorientaise venaient tout juste de ramener le bateau de Martinique après une belle deuxième place dans la Transat Café L'Or, quand une fenêtre météo très favorable s'est présentée à eux.
Alignement des planètes
"On s'est retrouvés projetés sur la ligne de départ à Ouessant, immédiatement dans le vif du sujet", abonde le jeune Léonard Legrand, qui a passé les fêtes de fin d'année "en mode course", partageant tout de même son "aventure extraordinaire" avec sa famille par messages. Sodebo et ses hommes d'équipage (Coville, Schwartz, Legrand, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Guillaume Pirouelle, Nicolas Troussel) ont commencé par pulvériser le record à l'équateur, filant à 33,3 noeuds de moyenne (61,6 km/h) sur 3.355 milles (6.200 km). Mais leur belle avance d'environ 1.000 milles a ensuite fondu comme neige au soleil dans l'océan Indien où Joyon et ses équipiers avaient réussi une trace magnifique.
Joyon "a eu un alignement des planètes assez exceptionnel au niveau météo, qui donne des sueurs froides à tous ceux qui essayent de battre le Jules Verne depuis des années. Sur la +carto+ ça donne presque une trajectoire faite au compas", explique Schwartz. "De notre côté, nous avons dû multiplier les empannages, on est parfois restés coincés à l'arrière de systèmes météo difficiles, ce qui a rallongé la route. On savait dès le départ que l'avance allait probablement diminuer sur cette portion", ajoute-t-il.
"Une petite victoire"
Bord-à-bord avec le fantôme de Joyon au sud de la Nouvelle-Zélande, "ce qui est déjà une petite victoire", souligne Legrand, les marins de Sodebo ont donné un nouveau coup de collier à la moitié du Pacifique pour reprendre "un petit matelas d'avance". "On navigue avec un cran d'engagement supplémentaire par rapport à l'année dernière. Cela repose sur une connaissance très fine du bateau, qui nous permet d'oser davantage. Il est exploité à son maximum", assure le navigateur de 31 ans. Leur voilier est encore à 100 % de ses capacités, une rareté aux deux tiers du parcours. "Et physiquement, l'usure s'installe forcément, mais il n'y a pas de blessé. On est optimiste", affirment à l'unisson les deux hommes.
Tous à bord ont en permanence dans le viseur le record de Joyon, détenteur du trophée depuis janvier 2017 et sa circumnavigation éclair sur Idec Sports avec ses cinq équipiers, en 40 jours 23 heures 30 minutes. Avec ses foils, Sodebo, mis à l'eau en 2019, est théoriquement capable d'aller plus vite sur le reste du parcours. Joyon avait connu un Atlantique sud plutôt lent, mais avait terminé en trombe après l'équateur. Pour battre le temps de référence, Coville et ses hommes devront être de retour sur la ligne d'arrivée au large d'Ouessant avant le 25 janvier, à 20 h 31 minutes et 35 secondes.
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