
C'est le cap le plus dangereux au monde. Un passage mythique redouté des marins. Si Guirec l'avait déjà passé deux fois à l'endroit (la première avec sa poule Monique, la deuxième lors du Vendée Globe), il devient, à l'occasion de ce tour du monde pas comme les autres, le deuxième marin solitaire à passer le Cap Horn à contre-sens à bord d'un Ultim (après Yves Le Blevec, qui l'avait passé avant son chavirage). Il établit un temps de course entre Ouessant et le Cap Horn de 21 jours, 18 heures et 44 minutes. Un véritable exploit face à des vents contraires soufflant d'Ouest en Est.
Dans la nuit de mardi à mercredi, il a choisi une fenêtre météo lui permettant d’y parvenir dans des conditions "acceptables". "Acceptables" pour le Cap Horn restant un synonyme de "musclées". Et ce n’est pas fini ! « Le passage du Cap Horn en lui-même est compliqué, bien évidemment, mais ce qu'il y a derrière l'est tout autant. Guirec aura les mêmes - difficiles - conditions pendant les 2,3 jours qui suivent, prévient Christian Dumard, son météorologue. Beaucoup de dépressions, des vents entre 30 et 45 nœuds, des creux entre 4 et 6 mètres. Le bateau peut rapidement se retrouver, poussé par les vents, trop proche d’une côte très inhospitalière. »
Est considéré comme cap-hornier un marin qui a traversé tout le Pacifique ou qui vient de l’Atlantique avant de passer le Cap Horn. Cap-hornier à l’envers, c’est un peu un "double Cap Horn" ! Quand les vagues du large arrivent sur le plateau continental devant le Horn, la profondeur passe de 4000 m à 300 m en moins d’un kilomètre.
Les mots de Guirec : « C'est bon, le Cap Horn est passé ! Premier passage du Horn dans ce sens-là pour moi et sûrement le dernier (rires) ! Très heureux, c'est une belle première étape ! On a réussi à contourner un anti-système par le Sud, ce qui m'a évité de rencontrer des vents un peu forts. Maintenant que l'on a réussi à contourner ça, je refais une route Ouest Nord-Ouest. Mais je me réjouirai vraiment dans 3, 4 jours parce que là, j'ai des systèmes assez forts qui vont m'arriver dessus, avec 5 mètres de mer et des vents très forts, là j'ai 33 nœuds en ce moment par exemple, et ça va monter jusqu'à 40, 50 nœuds facile. Du coup, je n'ai pas vraiment fait le plus compliqué. Mais je suis très serein, le bateau est très costaud, je me sens très bien dessus, je l'ai bien pris en main. Hâte quand même de retrouver des latitudes un peu plus chouettes pour pouvoir souffler. Ces 10 derniers jours, la météo était très instable, j'ai dû beaucoup manœuvrer, j'ai eu beaucoup de zones de transition avec beaucoup de zones de molle, sans vent, c'était un peu fatigant. Une fois de plus, le Cap Horn est passé mais la bouteille, je l'ouvrirai une fois que je serai un peu plus Nord et que j'aurai passé le gros des coups de vent. »
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