
Une entrée en matière agitée dans un Rio aussi beau qu’imprévisible
Le décor était à la hauteur de l’événement, entre Pain de Sucre, Christ Rédempteur et rivage bondé pour les débuts sud américains de SailGP. Mais sur l’eau, les 12 équipes engagées ont surtout dû composer avec une journée particulièrement piégeuse, marquée par un vent faible, changeant, parfois difficile à lire, et par une houle sensible sur la baie.
Dans ces conditions très techniques, la hiérarchie a souvent vacillé d’une manche à l’autre. Les écarts se sont faits et défaits très vite, au gré des départs, des placements sur le plan d’eau et d’une lecture du vent rarement évidente. Le classement provisoire reflète parfaitement cette tension, avec seulement 2 points entre les 3 premiers avant le Championship Sunday.
L’Australie devant, mais rien n’est joué
En tête au terme de cette première journée, l’équipage australien des Bonds Flying Roos a surtout brillé par sa capacité à rester au contact dans un contexte très instable. Tom Slingsby et les siens ont su limiter les erreurs, saisir les bonnes ouvertures et rester performants malgré le caractère très aléatoire des courses.
Cette régularité leur permet de prendre la tête avec 28 points, mais l’avance reste infime. Les Américains, très en vue depuis plusieurs semaines, ne sont qu’à 1 point, tandis qu’Artemis complète ce trio de tête à 26 points. Autrement dit, le moindre départ raté ou la moindre pénalité pourrait tout rebattre dimanche.
Artemis frappe fort d’entrée, les États-Unis confirment
La première course de flotte a donné le ton. Artemis SailGP Team a parfaitement lancé sa journée en transformant un très bon départ en victoire nette, sans jamais laisser l’ouverture à ses rivaux. Derrière, l’Australie a signé une belle remontée pour prendre la 2e place, pendant que l’équipe américaine assurait une solide 3e position.
Artemis a ensuite continué à peser sur la journée, alternant belles séquences et passages plus compliqués, mais en restant constamment dans la bataille. Cette capacité à rebondir a permis à l’équipe de Nathan Outteridge de rester sur le podium provisoire au terme des 4 manches.
De leur côté, les Américains ont confirmé leur très bonne dynamique. Moins flamboyants par moments, mais extrêmement solides dans l’ensemble, ils abordent la dernière journée en embuscade immédiate, avec une position idéale pour jouer la victoire finale.
La France signe un retour encourageant dans un plateau très dense
Le DS Team France était particulièrement attendu pour cette reprise après son absence à Sydney. Les Tricolores ont signé un retour intéressant avec une 4e place dès la première course, preuve qu’ils ont rapidement retrouvé du rythme malgré des semaines compliquées.
La suite de la journée a été plus heurtée, mais l’équipe française a montré qu’elle pouvait de nouveau jouer dans le haut du tableau sur certaines phases de course. Lors de la 3e manche, elle semblait notamment bien placée avant d’être dépassée par les Australiens dans les derniers instants, au dernier passage de marque. Dans une flotte aussi serrée, ce type de détail pèse lourd.
Le Brésil retardé, puis enfin lancé devant son public
L’un des grands moments de la journée concernait évidemment le Mubadala Brazil SailGP Team. Portée par un public très nombreux, l’équipe brésilienne a pourtant vécu un début de journée frustrant, contrainte de manquer les 2 premières courses en raison de problèmes techniques sur son F50.
Il a fallu l’intervention des équipes techniques pour permettre au bateau de reprendre la mer juste à temps pour la 3e manche. Une entrée tardive qui a tendu les supporters, venus en nombre pour voir Martine Grael courir à domicile. Une fois lancée, l’équipe brésilienne a toutefois montré quelques belles séquences de vitesse, laissant entrevoir un vrai potentiel malgré un départ très perturbé.
Cette première apparition à Rio, même contrariée, restera un moment fort pour Martine Grael, qui disputait ici sa première étape à domicile dans le championnat.
Des vainqueurs différents, un classement totalement ouvert
Cette première journée a surtout confirmé une chose : Rio ne pardonne rien et ne promet rien à personne. Derrière la lutte entre l’Australie, les États-Unis et Artemis, plusieurs équipes ont su se mettre en valeur course après course.
Los Gallos a ainsi signé une victoire autoritaire dans la 2e manche, parfaitement maîtrisée du départ à l’arrivée. Red Bull Italy a ensuite profité d’un départ désordonné et d’un vent en baisse dans la 3e course pour s’imposer, offrant à Phil Robertson sa première victoire de manche depuis sa prise en main de l’équipage italien. Enfin, Germany by Deutsche Bank a remporté la 4e et dernière course du jour grâce à une belle fin de manche, en débordant tout le monde par l’extérieur alors que l’Australie était pénalisée sur la ligne d’arrivée. Cette diversité de vainqueurs illustre bien la physionomie du jour : personne n’a réellement dominé de bout en bout, et chaque course a raconté une histoire différente.
Emirates GBR déjà en grande difficulté, les Black Foils absents
La journée a également été marquée par plusieurs incidents et contretemps qui ont pesé lourd sur le classement. Emirates GBR a notamment subi un retrait technique dès la première course, un coup dur qui a lancé une série de déconvenues pour les champions Rolex SailGP 2025. À l’issue de cette première journée, l’équipage britannique se retrouve dernier du classement de l’événement avec seulement 5 points.
Autre absence notable, celle des Black Foils néo zélandais, qui ne disputent pas cette étape de Rio. Leur bateau est toujours en réparation après l’accident survenu à Auckland.
Une finale sous haute tension dimanche
Avec seulement 2 points d’écart entre les 3 premiers, cette étape de Rio reste totalement indécise avant la journée finale. L’Australie part en tête, mais les États-Unis et Artemis sont dans une position idéale pour renverser la situation. Derrière eux, plusieurs équipes ont montré assez de vitesse pour venir troubler le jeu à tout moment.
Dans un plan d’eau aussi instable, où les départs comptent autant que la capacité à réagir très vite aux bascules de vent, rien ne garantit que la hiérarchie provisoire tienne jusqu’au bout. Une chose est sûre : après cette première journée animée, Rio s’est déjà imposée comme l’une des étapes les plus imprévisibles de la saison 2026.
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