SailGP Rio 2026 : l’Australie en tête après une première journée complètement relancée sur la baie de Guanabara

Régates
Par Le Figaro Nautisme

La première journée de l’Enel Rio Sail Grand Prix a tenu toutes ses promesses samedi 11 avril 2026, dans des conditions aussi instables que spectaculaires sur la baie de Guanabara. Après 4 courses de flotte disputées dans un vent léger et irrégulier, les Bonds Flying Roos de Tom Slingsby occupent la tête avec 28 points, juste devant les États-Unis à 27 points et Artemis SailGP Team à 26. Autant dire que tout reste ouvert avant la journée décisive de dimanche.

La première journée de l’Enel Rio Sail Grand Prix a tenu toutes ses promesses samedi 11 avril 2026, dans des conditions aussi instables que spectaculaires sur la baie de Guanabara. Après 4 courses de flotte disputées dans un vent léger et irrégulier, les Bonds Flying Roos de Tom Slingsby occupent la tête avec 28 points, juste devant les États-Unis à 27 points et Artemis SailGP Team à 26. Autant dire que tout reste ouvert avant la journée décisive de dimanche.

 

Une entrée en matière agitée dans un Rio aussi beau qu’imprévisible

Le décor était à la hauteur de l’événement, entre Pain de Sucre, Christ Rédempteur et rivage bondé pour les débuts sud américains de SailGP. Mais sur l’eau, les 12 équipes engagées ont surtout dû composer avec une journée particulièrement piégeuse, marquée par un vent faible, changeant, parfois difficile à lire, et par une houle sensible sur la baie.

Dans ces conditions très techniques, la hiérarchie a souvent vacillé d’une manche à l’autre. Les écarts se sont faits et défaits très vite, au gré des départs, des placements sur le plan d’eau et d’une lecture du vent rarement évidente. Le classement provisoire reflète parfaitement cette tension, avec seulement 2 points entre les 3 premiers avant le Championship Sunday.

 

L’Australie devant, mais rien n’est joué

En tête au terme de cette première journée, l’équipage australien des Bonds Flying Roos a surtout brillé par sa capacité à rester au contact dans un contexte très instable. Tom Slingsby et les siens ont su limiter les erreurs, saisir les bonnes ouvertures et rester performants malgré le caractère très aléatoire des courses.

Cette régularité leur permet de prendre la tête avec 28 points, mais l’avance reste infime. Les Américains, très en vue depuis plusieurs semaines, ne sont qu’à 1 point, tandis qu’Artemis complète ce trio de tête à 26 points. Autrement dit, le moindre départ raté ou la moindre pénalité pourrait tout rebattre dimanche.

 

Artemis frappe fort d’entrée, les États-Unis confirment

La première course de flotte a donné le ton. Artemis SailGP Team a parfaitement lancé sa journée en transformant un très bon départ en victoire nette, sans jamais laisser l’ouverture à ses rivaux. Derrière, l’Australie a signé une belle remontée pour prendre la 2e place, pendant que l’équipe américaine assurait une solide 3e position.

Artemis a ensuite continué à peser sur la journée, alternant belles séquences et passages plus compliqués, mais en restant constamment dans la bataille. Cette capacité à rebondir a permis à l’équipe de Nathan Outteridge de rester sur le podium provisoire au terme des 4 manches.

De leur côté, les Américains ont confirmé leur très bonne dynamique. Moins flamboyants par moments, mais extrêmement solides dans l’ensemble, ils abordent la dernière journée en embuscade immédiate, avec une position idéale pour jouer la victoire finale.

 

La France signe un retour encourageant dans un plateau très dense

Le DS Team France était particulièrement attendu pour cette reprise après son absence à Sydney. Les Tricolores ont signé un retour intéressant avec une 4e place dès la première course, preuve qu’ils ont rapidement retrouvé du rythme malgré des semaines compliquées.

La suite de la journée a été plus heurtée, mais l’équipe française a montré qu’elle pouvait de nouveau jouer dans le haut du tableau sur certaines phases de course. Lors de la 3e manche, elle semblait notamment bien placée avant d’être dépassée par les Australiens dans les derniers instants, au dernier passage de marque. Dans une flotte aussi serrée, ce type de détail pèse lourd.

 

Le Brésil retardé, puis enfin lancé devant son public

L’un des grands moments de la journée concernait évidemment le Mubadala Brazil SailGP Team. Portée par un public très nombreux, l’équipe brésilienne a pourtant vécu un début de journée frustrant, contrainte de manquer les 2 premières courses en raison de problèmes techniques sur son F50.

Il a fallu l’intervention des équipes techniques pour permettre au bateau de reprendre la mer juste à temps pour la 3e manche. Une entrée tardive qui a tendu les supporters, venus en nombre pour voir Martine Grael courir à domicile. Une fois lancée, l’équipe brésilienne a toutefois montré quelques belles séquences de vitesse, laissant entrevoir un vrai potentiel malgré un départ très perturbé.

Cette première apparition à Rio, même contrariée, restera un moment fort pour Martine Grael, qui disputait ici sa première étape à domicile dans le championnat.

 

Des vainqueurs différents, un classement totalement ouvert

Cette première journée a surtout confirmé une chose : Rio ne pardonne rien et ne promet rien à personne. Derrière la lutte entre l’Australie, les États-Unis et Artemis, plusieurs équipes ont su se mettre en valeur course après course.

Los Gallos a ainsi signé une victoire autoritaire dans la 2e manche, parfaitement maîtrisée du départ à l’arrivée. Red Bull Italy a ensuite profité d’un départ désordonné et d’un vent en baisse dans la 3e course pour s’imposer, offrant à Phil Robertson sa première victoire de manche depuis sa prise en main de l’équipage italien. Enfin, Germany by Deutsche Bank a remporté la 4e et dernière course du jour grâce à une belle fin de manche, en débordant tout le monde par l’extérieur alors que l’Australie était pénalisée sur la ligne d’arrivée. Cette diversité de vainqueurs illustre bien la physionomie du jour : personne n’a réellement dominé de bout en bout, et chaque course a raconté une histoire différente.

 

Emirates GBR déjà en grande difficulté, les Black Foils absents

La journée a également été marquée par plusieurs incidents et contretemps qui ont pesé lourd sur le classement. Emirates GBR a notamment subi un retrait technique dès la première course, un coup dur qui a lancé une série de déconvenues pour les champions Rolex SailGP 2025. À l’issue de cette première journée, l’équipage britannique se retrouve dernier du classement de l’événement avec seulement 5 points.

Autre absence notable, celle des Black Foils néo zélandais, qui ne disputent pas cette étape de Rio. Leur bateau est toujours en réparation après l’accident survenu à Auckland.

 

Une finale sous haute tension dimanche

Avec seulement 2 points d’écart entre les 3 premiers, cette étape de Rio reste totalement indécise avant la journée finale. L’Australie part en tête, mais les États-Unis et Artemis sont dans une position idéale pour renverser la situation. Derrière eux, plusieurs équipes ont montré assez de vitesse pour venir troubler le jeu à tout moment.

Dans un plan d’eau aussi instable, où les départs comptent autant que la capacité à réagir très vite aux bascules de vent, rien ne garantit que la hiérarchie provisoire tienne jusqu’au bout. Une chose est sûre : après cette première journée animée, Rio s’est déjà imposée comme l’une des étapes les plus imprévisibles de la saison 2026.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.