Vendée Articque : les points de vie remontent, le cercle polaire approche

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Après deux jours et demi à se faire secouer dans tous les sens, les marins de la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne retrouvent enfin un peu de douceur. Depuis leur départ dimanche, les neuf solitaires ont traversé une longue séquence aussi physique qu'inconfortable, marquée par un vent soutenu mais surtout par une mer particulièrement formée. Un cocktail redoutable qui a transformé la vie à bord en numéro de contorsionniste. Ce mercredi matin, le décor a changé. À l'avant de la flotte, les leaders composent avec une quinzaine de nœuds à peine et une mer devenue presque plate. Le temps des chocs et des déplacements en mode commando semble momentanément derrière eux. Place à la glisse, aux siestes de récupération et aux grandes réflexions stratégiques. Car le cercle polaire arctique est désormais tout proche : les premiers devraient le franchir dès demain avant d'entamer leur descente vers Les Sables d'Olonne.

Après deux jours et demi à se faire secouer dans tous les sens, les marins de la Vendée Arctique – Les Sables d'Olonne retrouvent enfin un peu de douceur. Depuis leur départ dimanche, les neuf solitaires ont traversé une longue séquence aussi physique qu'inconfortable, marquée par un vent soutenu mais surtout par une mer particulièrement formée. Un cocktail redoutable qui a transformé la vie à bord en numéro de contorsionniste. Ce mercredi matin, le décor a changé. À l'avant de la flotte, les leaders composent avec une quinzaine de nœuds à peine et une mer devenue presque plate. Le temps des chocs et des déplacements en mode commando semble momentanément derrière eux. Place à la glisse, aux siestes de récupération et aux grandes réflexions stratégiques. Car le cercle polaire arctique est désormais tout proche : les premiers devraient le franchir dès demain avant d'entamer leur descente vers Les Sables d'Olonne.

Reprendre des points de vie

Pendant plus de 24 heures, les IMOCA ont offert à leurs skippers un véritable stage accéléré de résistance physique. À bord, tout volait, tout cognait, tout demandait de l'énergie. « Le vent fort et la mer, c'était compliqué. Mais c'est surtout le cumul des deux qui rendait les choses difficiles », a raconté Elodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), qui a une nouvelle fois su maintenir un rythme élevé dans cette séquence exigeante et occupe ce mercredi matin la deuxième place de la course, à une cinquantaine de milles de Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance). « Les déplacements étaient délicats. À chaque gros choc, il fallait faire attention à ne pas se blesser. Tout ce qui n'était pas parfaitement rangé valdinguait dans le bateau. Tu passais ton temps à ramper pour récupérer tes affaires. C'était épuisant, parce qu'au final tu restais crispée du matin au soir, physiquement comme mentalement. » Même constat chez Arnaud Boissières (APRIL Marine – recherche co-partenaires), qui a fini, lui aussi, par enfiler un casque pour limiter les risques. « Ça tapait beaucoup. Avec la fatigue et les vagues, j'avais peur de me faire mal. » Nicolas d'Estais (Café Joyeux), lui, a dû composer avec un autre adversaire : le mal de mer. « J'ai été très malade. Je n'arrivais plus à m'alimenter. Ça fait plus de deux jours qu'on est partis et je n'ai toujours pas mangé de plat chaud. » Heureusement, la parenthèse semble refermée. « Maintenant, la mer s'est nettement assagie, on a 13 nœuds de vent et le bateau glisse avec une douceur incroyable », a souri Elodie. « Ça permet enfin de dormir et de récupérer des points de vie. » L'image fait mouche. Comme dans un jeu vidéo, les compteurs remontent progressivement. Les siestes s'enchaînent. Les organismes récupèrent. Et les sourires reviennent.

 

Le Grand Nord se rapproche à toute vitesse

Ce retour au calme ne signifie pas pour autant que la progression ralentit. Bien au contraire. À peine plus de deux jours après avoir quitté la Vendée, les leaders naviguent déjà à hauteur de Lewis et Harris, principale île de l'archipel des Hébrides extérieures écossaises. Bientôt, ils devraient déborder les îles Féroé en les laissant dans leur ouest avant de poursuivre leur remontée vers le cercle polaire. Pour l'heure, tous les regards convergent vers un même objectif : déterminer le meilleur point de passage. Car derrière cette simple ligne de latitude se cache un véritable casse-tête stratégique. Et pour cause, la route la plus rapide pour atteindre 66° Nord n'est pas forcément celle qui permettra de relancer efficacement la descente vers Les Sables d'Olonne. Une chose est toutefois désormais acquise : l'option d'un passage à l'ouest de l'Islande appartient au passé. « Cette possibilité, c'est de l'ancien temps », a résumé avec humour Elodie Bonafous. « Ce n'est clairement plus une option. » Pour qu'elle devienne réellement pertinente, il aurait fallu qu'une dépression plus creuse et plus basse en latitude s'installe durablement. Ce scénario ne s'est jamais véritablement matérialisé. À cela s'ajoutent les zones de protection des baleines à l'ouest du pays des glaciers et des volcans. Au final, les conditions nécessaires à cette option n'ont jamais été réunies. La flotte poursuit donc sa route vers le nord dans un flux d'ouest à sud-ouest favorable, avant de récupérer un vent plus soutenu généré par une dépression relativement stationnaire, un schéma assez classique dans cette région du globe. Reste une inconnue majeure : la position exacte de cette zone de basse pression atmosphérique dans les prochaines heures. C'est elle qui déterminera en grande partie le point de passage idéal du cercle polaire. Le but du jeu consiste à conserver des vents portants le plus longtemps possible afin d'éviter les vents contraires situés à l'ouest du système. Mais plus les marins s'écartent vers l'est pour sécuriser leurs angles de vent, plus ils rallongent leur route. Un compromis subtil qu'il faudra encore affiner avant de trancher. « Je me laisse encore une belle marge de manœuvre », a expliqué la skipper d’Association Petits Princes - Quéguiner. « J'ai encore le temps de regarder avant d'y arriver. »


Profiter du voyage

Derrière le groupe de tête, Arnaud Boissières (APRIL Marine – recherche co-partenaires), Nicolas d'Estais (Café Joyeux) et Manu Cousin (Coup de Pouce) évoluent désormais dans un schéma météo légèrement différent. Eux aussi profitent cependant de conditions beaucoup plus respirables. Pour Nico d'Estais, seul concurrent de la flotte doté d’un bateau à dérives, le soulagement est particulièrement palpable. « Je commence tout doucement à récupérer physiquement. Ça va de mieux en mieux. Place au voyage maintenant. » Le skipper de Café Joyeux longe actuellement l’île Verte. Une navigation qui lui permet enfin de lever les yeux sur le paysage. « Je crois que c'est la seizième fois que je passe en Irlande en bateau et je ne m'y suis jamais arrêté. J'ai vu les phares, les falaises. Ça a l'air magnifique. Ça donne envie d'y revenir. » Même émerveillement chez Arnaud Boissières.
Dans les prochaines heures, le décor continuera de changer. La température de l'eau, encore proche de 12°C aujourd'hui, devrait descendre autour de 10°C à hauteur des Féroé avant de s'approcher des 5°C au niveau du cercle polaire. Le Grand Nord n'est plus très loin. Pour les huit concurrents encore en mer, l'aventure se poursuit. Plus douce qu'hier, certes. Mais toujours aussi intense. À noter que Corentin Horeau (MACSF), victime de l'arrachement de la cadène du J3 (le point d'ancrage de cette voile d'avant sur la coque), a regagné Lorient hier soir aux alentours de 22h30.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.