Le maxi Black Jack 100 a été le premier monocoque à franchir la ligne d'arrivée de la 47e Rolex Middle Sea Race, ce lundi 19 octobre 2026. Mené par Tristan Le Brun, le voilier de Remon Vos a bouclé les 606 milles nautiques du parcours en 51 heures et 51 minutes, établissant son meilleur temps sur cette épreuve. Derrière lui, la compétition reste particulièrement disputée dans les différentes classes.

Black Jack 100, grand vainqueur en temps réel
Il était le grand favori de cette 47e édition et n'a pas déçu. Ce lundi 19 octobre, à 15 h 51, Black Jack 100 a franchi en tête la ligne d'arrivée de la Rolex Middle Sea Race, après un peu plus de deux jours de navigation autour de la Sicile. Avec un temps de 51 heures et 51 minutes, le maxi de 30,48 mètres décroche les honneurs de la ligne chez les monocoques (Monohull Line Honours).
Sans concurrent de taille comparable dans la flotte cette année, Black Jack 100 partait avec un avantage évident. Mais mener un tel voilier à pleine vitesse pendant plus de 50 heures exige une préparation minutieuse, une parfaite coordination des manœuvres et une concentration permanente de l'équipage. Sous la direction du skipper Tristan Le Brun, les marins ont su tirer parti des conditions météorologiques pour maintenir un rythme élevé tout au long du parcours. Le passage au nord de la Sicile s'est révélé moins compliqué que prévu, contrairement à la remontée entre Lampedusa et le chenal de South Comino, disputée face au vent dans une mer désordonnée.
À l'arrivée, la satisfaction était immense pour Remon Vos, propriétaire du voilier. « Remporter les honneurs de la ligne sur la Rolex Middle Sea Race est fantastique. C'est une expérience unique avec ce bateau et cette équipe », a-t-il confié. Le navigateur évoque également cette sensation si particulière de la course au large, entre déconnexion totale, nuits étoilées et moments partagés avec un équipage soudé.
Un voilier de légende qui continue de repousser ses limites
Cette victoire possède une saveur particulière pour Black Jack 100. Vingt ans après sa première participation à la Rolex Middle Sea Race, le maxi démontre qu'il reste une redoutable machine de course. Mis à l'eau en 2005, ce plan Reichel/Pugh avait fait ses débuts sur l'épreuve en 2006 sous le nom d'Alfa Romeo, alors propriété de Neville Crichton. Il avait ensuite participé à quatre éditions sous les couleurs d'Esimit Europa 2, entre 2010 et 2014, avant de devenir Black Jack 100.
Depuis, le bateau a bénéficié de nombreuses modifications et optimisations pour rester compétitif face aux exigences de la course au large moderne. L'édition 2026 marque sa huitième participation à l'épreuve et sa troisième sous son propriétaire actuel. Surtout, Black Jack 100 signe le passage le plus rapide de toute son histoire sur ce parcours, améliorant son précédent meilleur temps de trois heures.
Une performance remarquable pour un voilier lancé il y a plus de deux décennies, qui prouve que l'expérience et les évolutions techniques peuvent encore faire la différence.
Derrière Black Jack 100, les duels se poursuivent
Si le premier monocoque a désormais rejoint Malte, la Rolex Middle Sea Race est loin d'avoir livré tous ses verdicts. Sur les 606 milles du parcours, les conditions de vent continuent de redistribuer les cartes et plusieurs équipages se livrent des batailles particulièrement serrées. En tête des poursuivants, Django 7X et Balthasar évoluaient au coude-à-coude au large de Comino lundi à 18 heures. Les deux bateaux affrontaient un vent d'est-sud-est d'environ 20 nœuds, avec encore 25 milles nautiques à parcourir jusqu'à l'arrivée.
Plus loin, Daguet 5 réalisait également une belle performance, particulièrement en temps compensé. Dans la classe IRC 2, seul le voilier Artemis Bleu le devançait sur l'eau, tandis qu'Aragon occupait la troisième position après avoir contourné Lampedusa. En IRC 3, le bateau maltais Artie III, mené par Lee Satariano et Christian Ripard, imposait son rythme. Malgré une traversée difficile au nord de la Sicile, le HH42 conservait la tête en temps réel et en temps compensé, avec une avance de trois heures et demie au classement corrigé lors du passage au point de contrôle situé au nord-ouest de la Sicile. Zephyr et Mia Gioia restaient toutefois à l'affût, à environ 25 milles derrière lui.
Une bataille particulièrement intense dans les autres classes
L'une des performances marquantes de ce début de course est également à mettre au crédit de Ton Ton Laferla, engagé en IRC 4. Pour sa 19e participation à la Rolex Middle Sea Race, Jonathan Gambin réalise un début d'épreuve impressionnant sur les 340 premiers milles. Mais le plus difficile reste peut-être à venir. Au sud de la Sicile, les vents soutenus et la mer agitée imposent un tout autre défi à l'équipage. Il faudra préserver le bateau, maintenir la cohésion à bord et éviter la moindre erreur. D'autant qu'Elusive 2 et Jackknife, à seulement deux milles derrière, restent en embuscade.
En IRC 5, Scricca se distingue au classement provisoire en temps compensé, tandis que Selma Racing – Noisy Oyster mène la flotte sur l'eau, au plus près des côtes septentrionales de la Sicile. La concurrence reste dense, avec notamment Calypso, Courrier Pogo, Geisha-Medirect, Solenn for Pure Ocean, Ponce ou encore Karpo, tous encore engagés dans la lutte pour les premières places.
En IRC 6, Colombre occupe une position particulièrement intéressante, en tête sur l'eau et au classement provisoire en temps compensé, selon les données du suivi de course. Le voilier domine également les estimations du classement en double.
Du côté des Class40, Stella Nova conserve une légère avance sur Optimus Prime à l'approche des îles Égades. Enfin, chez les multicoques, Calamity mène sur l'eau, tandis que Turbolenta domine le classement provisoire en temps compensé MOCRA.
Une Rolex Middle Sea Race encore pleine de suspense
Avec l'arrivée victorieuse de Black Jack 100, la 47e Rolex Middle Sea Race tient son premier grand résultat. Mais les prochaines heures s'annoncent décisives pour les autres concurrents, confrontés à des conditions parfois exigeantes autour de la Sicile.
Car si la victoire en temps réel est désormais acquise chez les monocoques, le classement général en temps compensé et les victoires de classe restent à déterminer. Entre les écarts serrés, les changements de météo et la fatigue qui s'accumule à bord, rien n'est encore joué pour une grande partie de la flotte.
vous recommande