La Solitaire du Figaro Paprec : les skippers prennent la parole avant le départ

Solitaire du Figaro
Par Le Figaro Nautisme

Dimanche 7 septembre, l’événement phare de la saison vélique va débuter : La Solitaire du Figaro Paprec, organisée par OC Sport Pen Duick. Durant trois semaines, 35 skippers vont donner le maximum, puisant dans leurs forces jusqu’à la limite afin d’espérer remporter une victoire d’étape et pourquoi pas la plus exigeante des courses en solitaire avec escales. Une nouvelle édition qui promet d’ores et déjà de magnifiques récits et un suspens haletant.

©Vincent Olivaud
Dimanche 7 septembre, l’événement phare de la saison vélique va débuter : La Solitaire du Figaro Paprec, organisée par OC Sport Pen Duick. Durant trois semaines, 35 skippers vont donner le maximum, puisant dans leurs forces jusqu’à la limite afin d’espérer remporter une victoire d’étape et pourquoi pas la plus exigeante des courses en solitaire avec escales. Une nouvelle édition qui promet d’ores et déjà de magnifiques récits et un suspens haletant.

Qu’ils soient confirmés ou novices, toutes et tous rêvent de ces étapes d’anthologie. Tiphaine Ragueneau (ORCOM), Hugo Cardon (Sarth’Atlantique), Maël Garnier (Selencia - Cerfrance) et Victor Le Pape (Région Bretagne - CMB Espoir) se prêtent au jeu des questions pour évoquer cette édition, leurs ambitions et leurs atouts.

Que pensez-vous de ce parcours 2025 de La Solitaire du Figaro Paprec ?

Tiphaine Ragueneau, bizuth : « C'est un parcours qui est assez complet. Il est un peu à l'image de la solitaire mais avec cette année une dernière étape bien costaud, qui donne quelques appréhensions, surtout quand on est bizuth. Cette étape, la plus complète, arrive en dernier. Il y aura très certainement de la fatigue, il faudra être vigilant. J'aime passer du temps en mer. Je trouve que ce sont des moments vraiment particuliers et que j'aime beaucoup. J’ai eu la chance l’année dernière de faire le Défi Paprec, en double, sur la première étape, mais cette fois-ci en solitaire ça sera très différent.

Hugo Cardon, bizuth : « Ce qui me plaît vraiment sur cette édition c'est de faire du vrai large au sens propre du terme. Le fait d'aller au Fastnet devrait bien ouvrir le jeu. Ce qui va être intéressant c’est de pouvoir traverser le golfe de Gascogne et passer le cap Finisterre. J'aimerais bien avoir des conditions plutôt musclées. sur cette zone. Ensuite ce qui peut me faire peur, c'est la troisième étape avec l’accumulation du manque de sommeil. L'arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue promet aussi des moments compliqués avec déjà le passage de l'occidentale de Sein. Ça va être un sacré défi cette remontée. C'est pour ça que la solitaire ne va pas forcément se gagner sur la première ou deuxième étape, elle peut se jouer jusqu'à la fin. Les cartes peuvent être rebattues même dans les dernières heures de course avec les passages à niveau.

Maël Garnier, 5e participation : « Ce parcours est à l’image de La Solitaire du Figaro. La première étape est une classique que l’on connaît bien avec la Baie de Seine, la sortie de la Manche, le Fastnet, tout comme le début de la deuxième de la Baie de Morlaix à la Pointe espagnole. Après nous savons que l’arrivée à Vigo va être très compliquée car il n’y a pas de vent. Il ne faudra pas se faire piéger au cap Finisterre non plus. En septembre il peut y avoir de belles dépressions, ce que j'aimerais bien afin de pouvoir envoyer dans le gros temps. Sur la dernière étape et l’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue, il faudra passer Barfleur, ça peut faire mal. C’est une étape marathon avec de beaux cols. Il faudra faire attention aux algues, il faudra être en alerte. Sur les derniers milles tout peut basculer.

Victor Le Pape, 3e participation : « C’est ma troisième participation à La Solitaire. Je ne suis plus un bizuth et je commence à bien connaître les zones de navigation. Le parcours reste fidèle à l’esprit de l’épreuve : exigeant, varié, avec du large, du côtier... et surtout beaucoup d’occasions de jouer ! Les étapes, parfois proches des 700 milles, donnent presque le vertige. L’arrivée à Saint-Vaast-la-Hougue, après le passage du Raz Blanchard, pourrait rebattre les cartes et promet de belles joutes nautiques.

Quelles sont vos ambitions pour cette édition ?

Tiphaine Ragueneau : « C’est difficile à dire pour une première. C’est certain que j’ai envie de bien faire, avec forcément performer de la meilleure des façons dans la catégorie des bizuths. Après, je vais éviter de me prononcer sur un résultat pour l'instant, sur une première solitaire c’est très compliqué. Si j'arrive à faire un bon résultat, à prendre du plaisir, alors je pense que j'aurais tout gagné à la fin de La solitaire .

Hugo Cardon : « En tant que bizuth mon ambition est déjà d'arriver au bout de la course, de prendre du plaisir et de faire le meilleur résultat possible. C’est déjà pas mal mais j'ai tout de même l’envie de pouvoir jouer le podium des bizuths.

Maël Garnier : « Mon ambition sur cette édition 2025 est clairement de viser au minimum un top 10 et pourquoi pas un podium sur une étape. Nous sommes quelques-uns à pouvoir se hisser dans ce top 10. Je ne vais regarder personne, me faire confiance, ne rien regretter à la fin et être décomplexé dans mes options.

Victor Le Pape : « J’ai signé deux top 10 sur mes deux dernières éditions et j’aimerais rééditer ces performances, avec l’objectif d’intégrer le top 5. Devant, le niveau est très élevé ; viser le podium ou la victoire est ambitieux, mais sur La Solitaire, tout est possible. J’aborde l’épreuve avec un statut d’outsider qui me plaît : en embuscade, prêt à saisir les opportunités et à tenter quelques coups d’éclat. Malgré un début de saison moyen, j’ai hâte de montrer ce dont je suis capable cette année.

Quels sont vos points forts et points faibles en Figaro ?

Tiphaine Ragueneau : « Mes points forts sont peut-être ma rigueur, cette capacité à bien rester concentrée et savoir identifier du coup quand les choses dérapent et d'où cela provient. J'ai mes petites routines et ce sont des choses sur lesquelles je sais que je peux m'appuyer pour bien rebondir. Mon point faible, je pense que c'est la confiance en moi et en mes choix. C’est ce qui va me donner des cheveux blancs. Il faut également que je sois plus patiente. Je pense avoir fait des progrès, mais ce n'est toujours pas ma qualité première ».

Hugo Cardon : « Je ne vais pas trop en dire sur mes points forts pour ne pas donner d’informations à la concurrence (rires) mais je sais que je prends bien le temps de me reposer pour rester le plus lucide possible.

Je ne suis pas forcément toujours le plus rapide mais j’essaie d’être le plus reposé possible pour prendre les bonnes décisions et être actif sur les changements de voile et les réglages du bateau. J'aime bien le vent fort et me sentir à l'aise dedans, dans les manœuvres, peut faire la différence, pas forcément sur les cadors mais sur ceux qui ont un peu moins d'expérience. Je n’ai pas d'appréhension à y aller. Mes points faibles justement c'est un peu la molle, d'être vraiment sur les réglages tout le temps, de penser à moins se reposer, d'être vraiment très actif pour refaire démarrer le bateau.

Je pense aussi être un peu impatient. Je veux parfois jouer des coups, des trop gros coups pour essayer de gagner sur les autres. Si je le fais tout seul, c'est qu'il y a une bonne raison et ce n'est pas souvent la bonne chose ».

Maël Garnier : « J’ai eu un déclic cette année et notamment sur la Transat Paprec, je me fais plus confiance. J’ai changé quelques petits points dans ma préparation. J’arrive avec un esprit bien frais. Mon point faible et j’ai pu m’en rendre compte plusieurs fois c’est de prendre des bons départ et de me faire rattraper. Il faut que j’arrive à garder cette énergie du départ et ne rien lâcher ».

Victor Le Pape : « Je pense que je commence à très bien connaître le bateau, à bien me connaître également. J’aime plus le vent soutenu et quand les étapes sont engagées. Je crois qu'au fond j’aime bien me faire mal et c'est ce que je recherche sur La Solitaire. Je pense avoir un profil assez complet. C’est toujours compliqué de trouver des points faibles avant une Solitaire du Figaro parce qu'on essaie de les combler, en tout cas on essaie d'en avoir le moins possible. Les points faibles, c'est que je pense que j'ai un peu moins d'expérience que certains de mes concurrents du top 5 ou du top 10.

Je pense que j'ai aussi un peu de pression parce que c'est ma dernière année au sein du Team Région Bretagne CMB. Si ce n’est pas forcément l’axe majeur de mon sponsor, j’ai tout de même très envie de faire un bon résultat ».

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.