Pour Gabart et Desjoyeaux, le Vendée Globe reste une aventure unique

Par AFP/Figaronautisme.com

Les bateaux sont de plus en plus bourrés d'électronique ou peuvent quasiment voler. Il n'en demeure pas moins que le Vendée Globe, dont l'édition 2020-21 s'élance dimanche des Sables d'Olonne, reste "une aventure hors du commun", estiment François Gabart et Michel Desjoyeaux, anciens vainqueurs de l'épreuve.

Comme à chaque édition, les navires semblent avoir fait un bond technologique. Celle-ci devrait marquer un nouveau record de rapidité grâce aux "foils", qui élèvent le bateau au-dessus de l'eau, tandis que certaines équipes comptent une cinquantaine de personnes.

Le Vendée Globe, une aventure de marins en solitaire, vraiment ?

"Oui il y a de la technique, oui il y a un pilote automatique, oui on est protégé (dans des cockpits), mais le rôle du marin reste omniprésent!", lance François Gabart, vainqueur en 2013 en 78 jours et qui fait désormais partie de l'équipe de Charlie Dalin (Apivia). "Peut-être que l'aventure a évolué, mais l'aventure, c'est partir dans une histoire sans savoir comment ça va se passer", philosophe le marin de 37 ans.

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© AFP/D.Meyer

Pour Michel Desjoyeaux, 55 ans, seul double vainqueur de "l'Everest des mers", en 93 jours pour l'édition 2000-01 et en 84 jours en 2008-09, il convient de "ne pas sous-estimer le truc", même si "tout un tas de systèmes aident à être plus performant".

Au poste de navigation, de nombreux écrans d'ordinateur ou un écran de télévision projetant la proue du bateau donnent des airs de cockpit d'avion, imperméable aux éléments extérieurs.

"Mais l'idée d'être protégé ne date pas d'hier! Si on regarde l'histoire du Vendée Globe, dès la première édition, il y avait des stratégies de cockpit fermé, avec des bulles, où le marin pouvait sortir la tête sans être à l'extérieur", souligne François Gabart.

Michel Desjoyeaux pointe également des marins "de mieux en mieux formés et de plus en plus compétiteurs". "Quand le premier Vendée est parti, sur le ponton où j'étais, on se demandait combien rentreraient", se remémore-t-il.

Les impératifs médiatiques existaient aussi il y a vingt ans, rappelle Michel Desjoyeaux. "En 2000, on envoyait des photos régulièrement: ça m'a même permis de faire la Une de l'Equipe avec le passage du cap Horn !". "Et on enregistrait des vidéos sur des petites cassettes, on la dérushait, on montait et on envoyait... Désormais, c'est plus facile!", s'amuse-t-il.

Alors que certains s'interrogent sur la présence un jour d'une webcam 24h/24 sur les bateaux, François Gabart se demande "si ce n'est pas bien de garder une part de mystère et de ne pas tout raconter". Pour "Tabarly dans les années 1970, il n'y avait pas de communication, ça laisse une part d'imaginaire. Mais c'est aussi incroyable de pouvoir partager ce qu'on vit en mer. Il faut trouver un équilibre", juge-t-il.

Autre évolution : une présence accrue des navigatrices et des étrangers, alors que lors de la première édition en 1989, aucune femme n'avait participé et seuls des Français étaient arrivés à bon port aux Sables d'Olonne.

"L'exercice de la course au large en solitaire a longtemps été un exercice franco-français. Les pays anglo-saxons, qui sont de grands pays de voile, nous regardent encore un peu de travers mais les Ellen MacArthur, Mike Golding ou Alex Thomson ont permis d'internationaliser" la course, note Michel Desjoyeaux.

Et quand on évoque auprès du "Professeur" la hausse des budgets des participants, il bondit. "C'est un sport mécanique, il n'y a pas le choix ! Qu'un bateau coûte 1,5 million (d'euros) comme en 2000 ou 6,5 millions comme maintenant, tant que les retombées sont supérieures à l'investissement... Ce sont des heures de travail en France, pas au Sri Lanka, et ça fait progresser la technologie", dont peut profiter par exemple la plaisance, souligne-t-il.

Les deux marins sont impatients de suivre la course pour voir qui va succéder au palmarès à Armel Le Cleac'h. "Il y a de supers bateaux et des bateaux neufs qui peuvent aller très vite, ce Vendée Globe va être génial", salive François Gabart.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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