Les premiers mots de Miranda Merron après son arrivée
L'air entraînant de la musique "Feeling Good" choisit par la skipper de Campagne de France pour accompagner son arrivée en disait long sur son état d'esprit. Elle s'est prêtée au jeu des questions/réponses.
"Extraordinaire et incroyable."
"Je ne savais pas à quoi m’attendre même si j’avais déjà été 4 fois dans le grand Sud. C’était assez varié et compliqué. Je savais que ça allait être dur donc je n’ai pas été surprise.
J’ai essayé d’être compétitive tout en étant conservatrice car notre bateau Campagne de France n’était pas assuré donc le but premier était de boucler le tour et le bonus était de pouvoir avoir des concurrents derrière moi. C’était donc une vraie course, mais avec une certaine prudence. J’aurais pu faire mieux, mais ça sera pour une autre course !"
"Il y a plusieurs années je voulais faire le Vendée Globe et je n’ai pas réussi à réunir le budget nécessaire. Il y a deux ans, je voulais tenter le record du tour du monde avec notre 40 pieds, mais à ce moment-là, Halvard m’a dit qu’il serait même possible de voir plus grand et de faire le tour avec plus d’ambition sur un IMOCA. Je voulais aussi faire ça pour remercier mon sponsor, Campagne de France, qui me suit depuis 10 ans, et je pense qu’il n’y avait pas meilleur moyen de le faire que de les amener sur le Vendée Globe."
"J’étais seule (rires) ? C’est un choix de partir sur le Vendée Globe, personne ne m’a forcé, j’étais heureuse d’y aller, donc autant être de bonne humeur. J’ai eu peu de coups de mou. WhatsApp était quelque chose de révolutionnaire cette année. Ca nous permettait de rester très connecté avec la terre, mais aussi avec les skippers en mer. On partageait beaucoup d’informations techniques, mais aussi des choses du quotidien comme les anniversaires ! J’ai beaucoup apprécié cette solidarité qu’il y avait entre les marins de la course. Même si on est seul à bord, on n’est pas seul en mer.
Et puis ça permettait aussi de garder un lien avec les amies ! Tous les vendredis soirs j’avais rendez-vous à 18h avec Sam Davies pour l’heure de la bière. Je n’avais pas de bière à bord donc c’était du thé pour moi. Demain, par solidarité pour Sam qui est encore en mer, je serai connectée comme d’habitude."
"J’ai vraiment envie de passer du temps avec mes amis, ma famille, mes partenaires. Je suis très triste qu’ils ne soient pas tous là aujourd’hui. Je vais aussi beaucoup dormir et manger. Je suis désolée, mais je ne sais pas encore ce que je ferai cet après-midi."
"J’aurais aimé en savoir davantage sur le fonctionnement de tout le système électrique ! J’ai un peu appris pendant la course, mais je vais continuer ma formation."
"Il y a eu deux tempêtes ou j’ai vraiment eu peur et à moment là je me suis demandée ce que je faisais là. On choisit d’aller dans des endroits ou on ne devrait pas aller, il faut assumer les conséquences."
"Il n’y a pas de journée type sur le Vendée Globe. La météo et l’état du bateau dictent ce qu’il se passe au quotidien. J’essayais de prendre un petit-déjeuner avant le lever du jour et deux repas dans la journée. Si le vent changeait et si je devais changer de voile, toute l’organisation serait modifiée. Jusqu’à l’arrivée je n’ai pas fait d’écart, je restais concentrée. Je me forçais à attendre de ne pas penser à l’arrivée et depuis deux jours je n’ai envie que d’une bière ! (Rires)"
"J’ai 51 ans donc si je ne me connais pas maintenant, je ne me connaîtrai jamais. Parfois il faut se donner un coup de pied au mental. Il faut savoir se remettre sur le bon chemin seul. Les fois où Halvard sentait que j’étais de mauvaise humeur au téléphone, il me disait qu’il ne voulait pas me parler donc le problème était vite résolu."
"Ça fait à peine 2 heures que j’ai remis pied à terre donc je serai plus apte à parler de cela cet après-midi."
"Je viens de manger un steak pour mon petit-déjeuner là-bas donc c’était déjà génial. Les premiers jours seront rythmés par beaucoup de sommeil et de repas car c’est une course très fatigante. Le plus dur sera la part psychologique car je passe d’un monde de total liberté dans lequel j’ai vécu pendant plus de 100 jours à un autre rempli de contraintes. C’est très brutal."