Vendée Globe : records en folie
On serait sur l’autoroute, on s’inquiéterait de savoir si tous leurs disques de freins ont lâché simultanément ! Non mais quelle mouche les a piqués ? La page « statistiques » de notre cartographie a rarement connu une telle activité, elle en est toute épuisée de sa nuit, à deux doigts de poser une RTT… Figurez-vous seulement : le 20 novembre, Yoann Richomme (Paprec Arkea) brisait le record de distance en monocoque en solitaire sur 24 heures avec 551,4 milles parcourus (1022 kilomètres), déjà amélioré quelques jours plus tôt par Nicolas Lunven (Holcim-PRB). On applaudissait à tout rompre en se gargarisant de l’exploit, et voilà que cinq jours plus tard, ils sont six bateaux à exploser ce nouveau record ! Six ?! Imaginez tous les coureurs d’une finale de 100 mètres faire voler en éclats le meilleur chrono du monde, tout simplement…
Pourtant promis, les dix-sept solitaires - de Charlie Dalin (MACIF Santé Prévoyance) à Damien Seguin (groupe Apicil) qui se sont échappés dans cette queue-leu-leu infernale ne font pas exprès de battre ces records, nous racontait le skipper de VULNERABLE, bien calé en deuxième position : " On ne va pas vite pour faire le record mais surtout pour essayer de garder la position idéale avec cette dépression, on ne sait pas ce que donnera la suite mais en tous cas si on peut la garder le plus longtemps possible, c’est bien, on se rapproche de l’objectif et des Mers du Sud. "
Alors, gardant en tête, comme dirait Philippe Labro, qu’« il ne faut pas Il ne faut jamais aller plus vite que sa vitesse », le bizuth du Vendée Globe, qui semble avoir un peu de répit sur le « quota emmerdes » profite de l’instant, des « conditions paradisiaques hormis la chaleur qui est un peu dure à vivre pour un Normand » : " J’ai toujours un petit moment de plaisir le soir à regarder le coucher de soleil dans le cockpit, les couleurs sont magiques, c’est extraordinaire, donc je prends mon petit thé devant la mer, c’est génial. J’essaie de garder toujours une belle vitesse, je suis assez attentif à ça. Mais je fais ma route, je ne me préoccupe pas trop des autres pour l’instant, mon objectif c’est de garder du vent au maximum, je vais essayer de travailler pas mal avec les images satellite et faire au mieux pour limiter la casse ! "
Difficile pourtant de ne pas déjà commencer à songer la suite, comme si cet Atlantique Sud n’était pour tous qu’un passage obligé avant d’entrer dans le cœur du sujet… A l'unisson avec ses petits camarades à dérives droites, menés par Jean Le Cam (Tout Commence en FInistère - Armor-Lux, 19e), tous commencent déjà à anticiper : " Les Mers du Sud, c'est un peu ça maintenant mon obsession, maintenant qu'on commence à dépasser les latitudes qu'on connaît déjà. Peut-être qu’une fois là-bas je ne dirai plus ça, mais en tous cas là j’ai hâte d’aller découvrir ces paysages, ces mers, ces longues houles ! "
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