Vendée Globe : de bons compagnons de route

Par Figaronautisme.com

Sur le Vendée Globe, il ne s’agit évidemment pas de problèmes d'entretien du jardin, de constructions gênantes ou d’attroupements en bas de l'immeuble, mais l’on relève néanmoins quelques troubles de voisinage. Entre ceux qui doublent sans demander la permission dans l’escalier du bâtiment Sud-Est, ceux qui profitent de la nuit pour grappiller du terrain et ceux qui préféraient voir les autres d’un peu plus loin, des gênes sont constatées. Le premier à se plaindre, s’il n’avait pas autre chose à faire, pourrait être Charlie Dalin. Le skipper de MACIF Santé Prévoyance, qui a franchi en tête la longitude du cap de Bonne Espérance hier, puis celle du cap des Aiguilles marquant le passage entre l’océan Atlantique et l’océan Indien la nuit dernière, s’est en effet fait bousculer par trois riverains dans la foulée. Pire, Yoann Richomme (PAPREC-ARKÉA) a mis fin pour lui à huit jours non-stop de présidence au conseil syndical !

« On fait notre Vendée Globe à nous. On ne regarde même pas les premiers. On joue avec nos voisins de palier. On ne s’invite pas à bouffer le soir mais c’est assez sympa quand même ! », a commenté Jean Le Cam (Tout Commence en Finistère – Armor-lux) pour qui la cohabitation se passe plutôt bien même s’il admet être parfois un peu contrarié par l’instabilité du vent et le schéma météo qui l’oblige à descendre l’Atlantique Sud en escalier pour se maintenir dans un vent soutenu. Contrarié aussi par l’impertinence de certains de ces fameux voisins. « Cette nuit, j’ai vu quelqu’un passer trois milles devant moi. Il faisait un meilleur cap et allait trois nœuds plus vite. Je me suis bien demandé qui c’était puis je me suis rendu compte que c’était Giancarlo Pedote dont le bateau n’était pas bien identifié à l’AIS. Je l’aime bien Giancarlo, mais je préfère quand même quand il est derrière moi ! », a gentiment rouspété le Finistérien qui, comme les autres habitants de son lotissement, va continuer d’accélérer progressivement la cadence dans les prochains jours, et même se faire un peu botter le train au niveau du cap de Bonne Espérance.

Petits échanges et grands changements
« Le changement va être assez radical parce que là, ça fait un moment que l’on est dans du vent assez mou. Depuis le départ, on a eu des claques à 20-25 nœuds, rarement plus », a relaté de son côté Manu Cousin (Coup de Pouce) qui se réjouit, lui aussi, de la belle bagarre qui se joue à cet étage de la flotte et reste pleinement concentré sur ses réglages et ses changements de voile. « J’essaie d’être au maximum du potentiel du bateau en permanence. A chaque nouveau classement, je regarde à quelles vitesses vont les copains et où ils sont, si je me suis fait décrocher ou, au contraire, si je suis revenu », a ajouté le navigateur dont deux concurrents directs, Conrad Colman (MS Amlin) et Antoine Cornic (Human Immobilier) ont fait part de problèmes techniques aujourd’hui. Le premier, victime d’un black-out, est en effet actuellement privé de son pilote automatique principal tandis que le second est confronté à un problème d’hydrogénérateur.

Le quatuor de tête dans un mouchoir de poche
L’atmosphère n’est finalement pas si différente dans le quartier de l’Indien que les leaders ont investi en milieu de nuit dernière, un peu tous en même temps. Pour preuve, Charlie Dalin, Thomas Ruyant (VULNERABLE), Sébastien Simon (Groupe Dubreuil) et Yoann Richomme ont franchi la longitude du cap des Aiguilles en l’espace de 37 petites minutes avant de décider de jouer au jeu des chaises musicales. Ainsi, le skipper de MACIF Santé Prévoyance qui s’était installé aux commandes de la flotte le 22 novembre dernier au nord de l’archipel Fernando de Noronha, a fini par céder sa place à celui de PAPREC-ARKEA au pointage de 3 heures. « Ce n’était pas prévu que je repasse en pole position. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé. Le vent devait être un peu tordu. J’ai joué ma trajectoire et ça m’a amené en tête », a modestement résumé l’intéressé qui évolue à vue avec ses deux poursuivants les plus proches, au point de s’être fait une petite frayeur la nuit dernière.

L’anticipation de mise
« Je me suis retrouvé côte à côte avec Seb Simon qui a un AIS qui émet à moins d’un mille. D’un seul coup, quand j’ai entendu l’alarme, j’ai bondi de ma bannette ! », a expliqué le Varois qui préfère que ses voisins n’empiètent pas trop sur son territoire ou, à tout le moins, qu’ils ne viennent pas lui boucher la vue. « Je préfère quand je suis tranquille. Je déteste l’AIS. Ça met de la pression. On voit les mecs, les vitesses qu’ils font et tout… Je préfère faire ma route dans mon coin », a détaillé Yoann, en passe de sortir du fameux courant des Aiguilles mais en proie à un nouveau problème. En l’occurrence, l’arrivée d’une dépression australe un peu costaude programmée pour la journée de mercredi. « On ne sait pas trop bien comment la gérer. D’habitude, on contourne ce genre de système par le nord pour échapper au gros de la mer mais là, cette échappatoire est très loin. Du coup, on va peut-être tenter par le Sud », a détaillé le navigateur d’ores et déjà contraint d’anticiper le phénomène. Et pour cause, le choix de faire le tour d’un côté ou de l’autre devra être fait dès demain matin !

Retrouvez chaque jour notre analyse météo de la course avec METEO CONSULT Marine dans notre dossier spécial Vendée Globe.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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