La baie d’Ha Long terrestre : naviguer sans mer au cœur du Vietnam
Une baie intérieure façonnée par l’eau
Le parallèle avec la baie d’Ha Long maritime saute aux yeux : mêmes falaises calcaires abruptes, même impression de labyrinthe minéral. Mais ici, la mer a laissé place à un réseau de rivières et de canaux, serpentant entre rizières et vallées fermées.
La région de Trang An, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, compose un bassin naturel protégé, sans houle ni vent, où l’eau devient la seule voie de circulation.
La navigation douce comme évidence
Les embarcations sont étroites, à fond plat, conçues pour les faibles tirants d’eau. Aucune motorisation : la progression se fait exclusivement à la rame. Le geste est précis, parfois spectaculaire lorsque les rameuses et rameurs utilisent leurs pieds pour manœuvrer, libérant leurs mains dans les passages étroits.
Cette propulsion silencieuse impose un rythme lent, parfaitement adapté à la lecture du paysage. Ici, on ne “fait” pas une navigation : on s’y installe.
Sous la roche, au fil du courant
L’un des attraits majeurs de la baie d’Ha Long terrestre réside dans ses passages souterrains. Les itinéraires aquatiques traversent une succession de grottes basses, creusées par l’érosion, que l’on franchit presque en apnée visuelle.
L’obscurité est brève, puis la lumière jaillit sur des bassins fermés, entourés de falaises, accessibles uniquement par l’eau.
Cette alternance entre clair et obscur transforme la navigation en exploration, où chaque grotte agit comme un chenal secret.
Un nautisme ancré dans la vie locale
Contrairement à certains sites spectaculaires mais artificialisés, la baie d’Ha Long terrestre reste un espace partagé. Les mêmes voies d’eau servent à la fois aux visiteurs et aux habitants : pêche, irrigation, déplacements quotidiens.
Les rizières bordent directement les rivières, parfois inondées volontairement selon les saisons. Le nautisme y est discret, intégré, presque invisible — loin de toute logique de performance.
L’art du silence
L’absence totale de moteurs transforme l’expérience. Le silence permet d’entendre la rame entrer dans l’eau, le frottement contre la roche, le chant des oiseaux. Cette navigation apaisée redonne à l’eau son rôle premier : un espace de déplacement calme, lisible, respectueux du milieu.
À Ninh Binh, le luxe n’est pas dans le confort, mais dans la lenteur.
Une autre idée du nautisme
La baie d’Ha Long terrestre ne s’adresse pas aux amateurs de vitesse ou de sensations fortes. Elle séduira les navigateurs contemplatifs, sensibles au geste juste, à l’équilibre d’une embarcation, à la géographie fermée d’un bassin intérieur.
Une baie sans mer, mais profondément nautique, où l’eau reste la clé de lecture du paysage.
Où naviguer ?
Trang An : le site le plus préservé et le plus complet, avec des itinéraires longs, plusieurs grottes et une fréquentation mieux régulée.
Tam Coc – Bich Dong : plus accessible, paysages superbes mais plus touristique, surtout en haute saison.
Quand partir ?
Avril à juin : rizières vert intense, niveau d’eau idéal pour la navigation.
Septembre – octobre : rizières dorées, lumière exceptionnelle.
Éviter juillet-août (chaleur, humidité) et les week-ends vietnamiens.
Type d’embarcation
Barques traditionnelles à rame, fond plat, navigation accompagnée obligatoire.
Aucune motorisation autorisée sur les parcours principaux.
Durée idéale
Navigation : 1h30 à 3h selon l’itinéraire.
Séjour conseillé : 2 nuits à Ninh Binh pour varier navigation, vélo et exploration terrestre.
Accès
Environ 2 heures depuis Hanoï (voiture ou train jusqu’à Ninh Binh, puis transfert local).






