Parc naturel de Cabo de Gata-Níjar : quelles règles pour naviguer, mouiller et pratiquer les loisirs nautiques ?

Règlementation
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Entre reliefs volcaniques, anses minérales et eaux parmi les plus remarquées du sud de l’Espagne, le parc naturel de Cabo de Gata-Níjar attire chaque année de nombreux plaisanciers. Cette façade littorale très fréquentée est toutefois soumise à un encadrement précis, qui superpose plusieurs statuts de protection et impose une lecture attentive de la réglementation avant toute sortie en mer. Navigation, mouillage, plongée, pêche récréative ou usages motorisés : dans ce secteur andalou, les pratiques nautiques restent possibles, mais elles s’inscrivent dans un cadre plus strict que sur une côte ordinaire.

Entre reliefs volcaniques, anses minérales et eaux parmi les plus remarquées du sud de l’Espagne, le parc naturel de Cabo de Gata-Níjar attire chaque année de nombreux plaisanciers. Cette façade littorale très fréquentée est toutefois soumise à un encadrement précis, qui superpose plusieurs statuts de protection et impose une lecture attentive de la réglementation avant toute sortie en mer. Navigation, mouillage, plongée, pêche récréative ou usages motorisés : dans ce secteur andalou, les pratiques nautiques restent possibles, mais elles s’inscrivent dans un cadre plus strict que sur une côte ordinaire.

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Un littoral protégé, avec plusieurs niveaux de réglementation

Le premier point à avoir en tête est que Cabo de Gata-Níjar ne relève pas d’un seul dispositif. Le secteur combine en effet un parc naturel géré par la Junta de Andalucía, des espaces marins classés au titre de la protection environnementale et, sur une partie du littoral, une réserve marine d’intérêt halieutique. Cette réserve marine s’étend entre la Rambla del Agua et le Barranco del Hondo, depuis les lignes de base droites jusqu’à 1 mille nautique au large. À l’intérieur de ce périmètre, certaines zones bénéficient d’une protection renforcée sous forme de réserves intégrales, notamment autour de Punta de la Media Naranja, Punta de la Polacra, Punta de Loma Pelada, du Morrón de Genoveses et du Cabo de Gata. Pour les navigateurs, cette superposition n’est pas un simple détail administratif. Elle signifie qu’une même activité peut être tolérée dans une partie du parc et interdite quelques milles plus loin, selon la nature exacte de la zone traversée. La préparation d’une navigation dans le secteur suppose donc de distinguer les eaux simplement protégées des secteurs soumis à un régime plus restrictif.

 

La navigation reste autorisée, mais sous conditions dans les secteurs les plus sensibles

La circulation des navires de plaisance demeure autorisée dans la réserve marine. En revanche, dans les réserves intégrales, la vitesse est limitée à moins de 10 nœuds, sauf situation d’urgence. Cette disposition vise à réduire les perturbations sur les habitats et à limiter la pression exercée sur les espaces les plus fragiles du site. Le cadre s’est en outre durci pour certains usages motorisés. La Junta de Andalucía a acté l’interdiction permanente des véhicules nautiques à moteur dans la frange maritime littorale protégée du parc. La mesure, publiée fin 2025, s’inscrit dans un objectif explicite de protection des habitats marins et littoraux, dans un contexte de fréquentation élevée et de vulnérabilité écologique reconnue du secteur.

 

Le mouillage figure parmi les points les plus sensibles
C’est sur la question du mouillage que la réglementation mérite le plus d’attention. Dans la réserve marine, le principe est clair : le mouillage n’y est pas autorisé, sauf en cas d’urgence liée à la sécurité maritime ou à la sauvegarde de la vie humaine en mer. Pour les plaisanciers, cela exclut toute logique de halte libre dans les secteurs inclus dans cette réserve, même lorsque les conditions paraissent favorables à une escale courte.
Le parc naturel ajoute lui aussi ses propres restrictions. Le plan d’aménagement et de gestion prévoit que le mouillage des unités de moins de 75 tonnes est interdit en dehors des zones de mouillage stable définies par le PRUG, sauf en cas de mauvais temps. Ces secteurs correspondent notamment aux environs d’Agua Amarga, d’Isleta del Moro, de Las Negras et de la baie de San José. En dehors de ces espaces, le mouillage ne doit pas être pratiqué sur des fonds rocheux, sur des herbiers de phanérogames marines ou là où existent déjà des dispositifs fixes. Cette vigilance vise en particulier les herbiers de posidonie, considérés comme des habitats prioritaires à l’échelle européenne et identifiés par les autorités andalouses comme particulièrement exposés aux impacts du mouillage. Dans un secteur aussi fréquenté que Cabo de Gata, le choix du fond n’est donc pas une simple précaution de bonne pratique : il relève directement du respect du cadre réglementaire et des objectifs de conservation du site.

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Baignade, snorkeling et plongée ne relèvent pas du même régime

Les activités les plus légères, comme la baignade ou le snorkeling, restent autorisées dans la réserve marine sans autorisation préalable. La plongée autonome de loisir, en revanche, fait l’objet d’un encadrement spécifique. Elle est soumise à autorisation, à des quotas et à plusieurs restrictions portant sur les conditions de pratique. La plongée de nuit et les immersions depuis la côte ne sont pas autorisées dans ce cadre, pas plus que l’usage de scooters sous-marins. La réglementation prévoit aussi qu’aucun outil susceptible de servir à la capture ou au prélèvement d’espèces ne peut être emporté, en dehors du matériel strictement lié à la sécurité.
Le plan de gestion du parc complète ce dispositif en réservant la plongée autonome à certaines zones marines déterminées, avec autorisation préalable de l’administration environnementale. Il permet également de limiter les groupes, les accès ou les quotas lorsque la sensibilité écologique du site le justifie. L’objectif est constant : permettre l’usage récréatif de la mer sans dégrader les habitats benthiques ni perturber la faune.

 

La pêche récréative demeure possible, mais dans un cadre très précis

La pêche de loisir depuis une embarcation n’est pas exclue, mais elle n’est pas libre pour autant. Dans la réserve marine, elle nécessite une autorisation préalable, valable 1 an. Le texte encadre également les jours et les techniques admis. La pratique est autorisée les mardis, jeudis, samedis, dimanches et jours fériés nationaux ou andalous, du lever au coucher du soleil. Les techniques tolérées sont notamment la pêche à soutenir ou pêche verticale depuis un bateau en dérive, hors herbiers de posidonie, ainsi que la pêche à la traîne de surface. Les limitations portent aussi sur les captures et les espèces. La réglementation fixe une limite de 5 kg par pêcheur et par jour, avec la possibilité de conserver une pièce unique au-delà de ce poids. Certaines espèces, dont le mérou, la corvine, l’ombrine et la badèche, sont exclues de la pêche récréative dans la réserve. S’y ajoutent plusieurs interdictions complémentaires, parmi lesquelles l’usage de moulinets électriques, la capture de crustacés et la récolte de mollusques autres que le calmar.

 

La pêche sous-marine reste interdite

Sur ce point, la réglementation ne laisse guère de marge d’interprétation. La pêche sous-marine est interdite dans la réserve marine et le plan du parc naturel prohibe également cette pratique dans les eaux intérieures concernées. Les plaisanciers qui transitent avec du matériel de chasse sous-marine doivent donc intégrer cette interdiction avant d’entrer dans le secteur.

 

Un secteur spectaculaire, mais à préparer avec rigueur

Cabo de Gata-Níjar demeure l’un des plus beaux littoraux protégés d’Espagne pour la navigation côtière, mais il ne se prête pas à une approche improvisée. La navigation y reste possible, la baignade et le snorkeling aussi, mais le mouillage est fortement encadré, la plongée demande des autorisations, la pêche de loisir obéit à un calendrier et à des techniques précises, et certains usages motorisés sont désormais exclus. Dans un espace où la protection des habitats marins a pris une place centrale, la préparation réglementaire fait désormais partie intégrante de la navigation.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.