Palawan en mai : l’archipel philippin qui donne déjà un goût de grandes vacances

Charline David
Par Charline David

À l’ouest des Philippines, Palawan déroule l’un des décors les plus spectaculaires d’Asie du Sud Est, entre falaises calcaires, lagons turquoise, récifs classés et îles encore préservées. De Puerto Princesa à El Nido, des fonds de Tubbataha aux bancs de sable de Balabac, cette province insulaire reste une destination à part, taillée pour les voyageurs attirés par la mer, la nature et les itinéraires au fil de l’eau.

Palawan, l’autre visage des Philippines

Il y a des destinations que l’on associe immédiatement à une carte postale. Palawan en fait partie, mais l’île principale et ses centaines d’îlots ont bien plus à offrir qu’une succession de plages photogéniques. Ici, la mer structure tout : les déplacements, les excursions, les villages côtiers, les sorties en bangka et les grandes expéditions vers les récifs.

Située entre mer de Chine méridionale et mer de Sulu, Palawan attire autant les voyageurs en quête de paysages tropicaux que les plongeurs, les amateurs de kayak, les plaisanciers curieux et les amoureux de nature. La meilleure période pour en profiter s’étend globalement de la saison sèche, entre la fin novembre et mai, lorsque la mer est plus favorable aux sorties vers El Nido, Coron ou Puerto Princesa. En mai, l’atmosphère devient plus chaude, mais l’appel de l’eau prend justement tout son sens.

 

Tubbataha, le grand sanctuaire marin de Palawan

© AdobeStock

Au large de Puerto Princesa, le Tubbataha Reefs Natural Park reste l’un des trésors naturels les plus impressionnants des Philippines. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce parc marin protège près de 100 000 hectares au cœur de la mer de Sulu, avec des récifs, des lagons, des atolls et des tombants qui plongent parfois à plus de 100 m de profondeur. L’UNESCO y recense plus de 360 espèces de coraux et près de 700 espèces de poissons, ainsi que des requins, des tortues, des raies, des dauphins et des baleines.

Tubbataha ne se visite pas comme une plage ou une île accessible à la journée. Sa saison est courte, concentrée de mars à juin, lorsque les conditions de mer permettent aux bateaux de plongée de rejoindre le parc. Les séjours se font à bord de bateaux de croisière plongée, sans hébergement sur place, ce qui limite naturellement la fréquentation et renforce le caractère exceptionnel du site. Pour les plongeurs confirmés, c’est l’un des grands rendez vous de la planète corail, un lieu où la richesse sous marine se découvre dans un cadre strictement encadré.

 

El Nido, le grand théâtre marin de Bacuit

© AdobeStock

Plus au nord, El Nido concentre l’image la plus connue de Palawan. Les falaises de calcaire surgissent de l’eau, les lagons se glissent entre les parois, les plages apparaissent au détour d’un chenal, et les bangkas deviennent le meilleur moyen de comprendre le paysage. L’archipel de Bacuit se découvre surtout par la mer, avec des excursions d’île en île, du kayak dans les lagons, du snorkeling au dessus des récifs et des pauses sur des langues de sable presque irréelles.

El Nido reste très fréquenté en haute saison, mais l’endroit conserve sa force visuelle. Le spectacle tient à cette succession de reliefs abrupts, d’eaux claires et de passages étroits où la lumière change sans cesse. Les sorties en bateau restent organisées autour d’itinéraires réglementés, avec des frais environnementaux locaux et des conditions de mer qui peuvent modifier le programme. C’est aussi ce qui rappelle que Palawan n’est pas un décor figé, mais un territoire naturel à parcourir avec attention.

 

Coron et les îles Calamian, entre lagons et épaves

© AdobeStock

Au nord de Palawan, l’archipel des Calamian attire un autre public, souvent plus tourné vers la plongée et l’exploration. Coron est connu pour ses lacs d’eau claire, ses falaises sombres, ses lagons encaissés et ses épaves japonaises de la Seconde Guerre mondiale, devenues des sites de plongée réputés. Le paysage y est moins mondain qu’à El Nido, parfois plus brut, avec une sensation de bout du monde dès que l’on quitte les zones les plus fréquentées.

C’est une destination à envisager pour prolonger un voyage à Palawan sans répéter la même expérience. Les journées se construisent autour de sorties en bateau, de baignades dans des lacs entourés de parois rocheuses, de plongées sur épaves et de navigations courtes entre les îles. Coron donne une autre lecture de Palawan, plus minérale, plus mystérieuse, avec une dimension historique qui complète bien les grands décors de Bacuit.

 

Balabac, le sud encore sauvage

© AdobeStock

À l’extrémité sud de la province, Balabac gagne en notoriété, mais reste une aventure plus engagée. Ses bancs de sable, ses eaux très claires et ses îlots dispersés séduisent les voyageurs qui cherchent une version moins aménagée de Palawan. Le revers de cette beauté, c’est une logistique plus longue, des infrastructures plus limitées et une dépendance forte aux conditions météo.

Balabac ne s’aborde pas comme une excursion improvisée. Il faut accepter les trajets, le confort parfois sommaire et l’organisation plus rustique. En échange, le sud de Palawan offre encore cette impression rare de naviguer dans un archipel à taille humaine, loin des circuits les plus saturés.

 

Puerto Princesa, la porte d’entrée et sa rivière souterraine

© AdobeStock

Puerto Princesa est souvent le point d’arrivée à Palawan, mais la ville mérite plus qu’un simple passage. Son grand site naturel, le Puerto Princesa Subterranean River National Park, est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Situé à environ 76 km au nord ouest de la ville, ce parc protège un paysage karstique spectaculaire, une rivière souterraine navigable, des grottes, des forêts anciennes et un écosystème qui relie la montagne à la mer.

L’excursion vers la rivière souterraine fait partie des grands classiques de Palawan, mais elle garde une vraie puissance lorsqu’elle est bien préparée. On y entre en bateau, dans une atmosphère de cathédrale naturelle, entre stalactites, parois sombres et silence humide. L’expérience tranche avec les lagons ouverts d’El Nido : ici, la mer n’est plus seulement un horizon, elle devient l’issue d’un monde souterrain.

 

Bien préparer son voyage à Palawan

Pour les voyageurs français, les Philippines restent accessibles sans visa préalable pour un séjour touristique jusqu’à 30 jours, sous réserve de respecter les conditions d’entrée, notamment le passeport et le billet de sortie. L’enregistrement eTravel doit être effectué gratuitement dans les 72 h précédant l’arrivée ou le départ.

Côté saison, Palawan se prête particulièrement bien à un voyage entre décembre et mai, avec une mer plus favorable aux sorties nautiques. La période de juin à octobre correspond davantage à la saison humide, avec des conditions parfois changeantes et des excursions en bateau susceptibles d’être modifiées. Pour Tubbataha, la fenêtre reste encore plus courte, car les croisières plongée se concentrent de mars à juin.

 

Palawan, une destination qui se mérite

Palawan n’est pas seulement une île paradisiaque. C’est un territoire maritime immense, parfois très organisé, parfois encore rudimentaire, où chaque secteur raconte une facette différente des Philippines. El Nido impressionne par ses falaises et ses lagons, Tubbataha fascine par la richesse de ses fonds, Coron attire les plongeurs et les curieux d’histoire, Balabac séduit les voyageurs patients, tandis que Puerto Princesa rappelle que la nature de Palawan ne se limite pas à la surface de l’eau.

En mai, alors que l’envie de vacances commence à se faire plus pressante, Palawan a tout d’une promesse lointaine : celle d’un voyage où l’on avance au rythme des bateaux, des marées, des lumières et des îles. Une destination spectaculaire, oui, mais surtout un archipel à découvrir avec respect, patience et vraie curiosité.

 

 

Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.