Navigation dans les Bouches de Bonifacio : les règles à connaître avant de prendre la mer

Règlementation
Par Le Figaro Nautisme avec Bloc Marine

Entre la Corse et la Sardaigne, les Bouches de Bonifacio forment l’un des plus beaux plans d’eau de Méditerranée, mais aussi l’un des plus réglementés. Navigation, mouillage, pêche, plongée, accès aux plages et débarquement sur les îles répondent à des règles précises, indispensables à connaître avant de s’aventurer dans ce secteur aussi fragile que spectaculaire.

Entre la Corse et la Sardaigne, les Bouches de Bonifacio forment l’un des plus beaux plans d’eau de Méditerranée, mais aussi l’un des plus réglementés. Navigation, mouillage, pêche, plongée, accès aux plages et débarquement sur les îles répondent à des règles précises, indispensables à connaître avant de s’aventurer dans ce secteur aussi fragile que spectaculaire.

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Pourquoi les Bouches de Bonifacio sont une zone nautique très réglementée
Naviguer dans les Bouches de Bonifacio, ce n’est pas seulement profiter d’un décor exceptionnel entre falaises blanches, eaux turquoise, îles granitiques et criques sauvages. C’est aussi évoluer dans un espace naturel très protégé, où la plaisance, la pêche, la plongée et les activités nautiques doivent composer avec une réglementation particulièrement dense.
La Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio couvre un vaste périmètre marin au sud de la Corse. Elle protège des herbiers de posidonie, des zones de reproduction pour les poissons, des habitats rocheux sensibles, mais aussi des sites essentiels pour plusieurs espèces d’oiseaux marins. Cette richesse explique la présence de règles nombreuses, parfois très locales, qui peuvent changer d’une baie à l’autre. Pour les plaisanciers, l’enjeu est clair : il reste possible de naviguer, de mouiller, de débarquer ou de pratiquer certaines activités, mais jamais sans tenir compte du zonage. Une plage peut disposer d’un chenal d’accès, tandis qu’un secteur voisin est interdit aux embarcations motorisées. Un mouillage peut être autorisé dans une zone balisée, mais totalement proscrit à quelques dizaines de mètres. Dans les Bouches de Bonifacio, la préparation de l’escale fait donc partie intégrante de la navigation.

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Navigation dans les 300 mètres : chenaux, vitesse limitée et zones interdites
La première règle à connaître concerne la bande littorale des 300 mètres. Autour de Bonifacio, plusieurs sites très fréquentés sont encadrés par un plan de balisage précis : Rondinara, Balistra, Sant’Amanza, Tamaris, Piantarella, Ciappili, Cavallo, les Lavezzi ou encore la Tonnara. Dans ces secteurs, les chenaux d’accès au rivage permettent aux navires, annexes motorisées, embarcations immatriculées et véhicules nautiques à moteur de rejoindre ou de quitter la côte. Mais leur usage est strictement limité. Ils doivent être empruntés par leurs extrémités, uniquement en transit, à une vitesse maximale de 5 nœuds. Le stationnement, le mouillage ou les évolutions prolongées y sont interdits. À côté de ces chenaux, les zones interdites aux embarcations motorisées protègent les plages et les zones de baignade. Les navires, annexes motorisées, véhicules nautiques à moteur et engins immatriculés ne peuvent pas y circuler ni y mouiller. La plongée sous-marine y est également interdite. Pour les plaisanciers, cela signifie qu’il faut respecter scrupuleusement les bouées, les limites de zones et les accès prévus, sans chercher à couper au plus court vers la plage.

 

Mouillage dans les Bouches de Bonifacio : une réglementation très stricte
Le mouillage est sans doute le point le plus sensible de la réglementation locale. Dans les Bouches de Bonifacio, jeter l’ancre n’est pas un geste anodin. Les fonds abritent des herbiers de posidonie, essentiels à l’équilibre écologique de la Méditerranée, mais très vulnérables aux ancres, aux chaînes et aux mouvements répétés des bateaux. Plusieurs secteurs sont donc interdits au mouillage. Ces zones, appelées ZIM, concernent notamment certaines parties de la baie de Rondinara, les abords de Piana, Cavallo ou encore plusieurs secteurs très exposés à la pression estivale. Dans ces espaces, l’interdiction s’applique à toute forme de mouillage, quel que soit le type d’ancrage utilisé.
Aux Lavezzi, le dispositif est encore plus précis. Le mouillage n’est autorisé que dans les zones de mouillage propre matérialisées en saison, et seulement pour les navires de moins de 24 mètres. En dehors de ces zones, l’ancrage n’est possible qu’au-delà de l’isobathe des 40 mètres. Certaines anses, comme Cala di Chiesa, Cala di U Grecu, Cala di U Ghiuncu ou Cala Lazarina, disposent de zones définies par coordonnées. À Cala Lazarina, une restriction supplémentaire réserve plusieurs secteurs aux navires de moins de 15 mètres. Pour les grandes unités de 24 mètres et plus, la réglementation est encore plus encadrée. Ces navires relèvent d’arrêtés spécifiques et doivent vérifier les conditions de mouillage avant toute escale dans le périmètre de la réserve.

Les îles Lavezzi : un joyau naturel sous haute protection
Les Lavezzi incarnent à elles seules la beauté et la fragilité des Bouches de Bonifacio. L’archipel reste l’un des sites les plus prisés du sud de la Corse, mais il fait aussi partie des espaces les plus surveillés. La fréquentation y est forte, les fonds sont sensibles, et certaines zones jouent un rôle important pour les oiseaux marins. Depuis 2023, plusieurs secteurs autour de l’île Lavezzi, de Ratino, de Porraggia et de Perduto sont interdits à la navigation, au mouillage et au stationnement. L’objectif est de limiter le dérangement des espèces protégées, notamment pendant les périodes de nidification, de repos et d’apprentissage des jeunes oiseaux.
Le débarquement est lui aussi encadré. Dans les zones de protection renforcée, il n’est autorisé que sur certains sites, notamment Lavezzu, l’îlot de la Pyramide et Piana. Sur les Cerbicale, l’accès est limité à une période définie de l’année. Les chiens sont interdits sur les îles, la circulation doit rester cantonnée aux sentiers balisés, et le camping comme le bivouac sont interdits. Aux Lavezzi, la visite reste possible, mais elle ne se fait jamais en dehors du cadre prévu.

Pêche de loisir à Bonifacio : ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas
La pêche maritime de loisir est autorisée dans une partie de la Réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, mais elle est encadrée par des règles précises. Les pêcheurs doivent respecter les tailles minimales, les quotas, le marquage des captures et les dispositions particulières applicables à certaines espèces comme le thon rouge ou l’espadon. Dans le périmètre de la réserve, la pêche de loisir fait également l’objet d’une déclaration obligatoire. Cette formalité permet de mieux suivre la pression exercée sur les ressources marines. Les pêcheurs doivent se déclarer avec les documents nécessaires, notamment ceux liés à leur identité et à leur embarcation.
Toutes les zones ne permettent pas les mêmes pratiques. Dans les zones de protection renforcée, la pêche de loisir depuis une embarcation reste possible sous certaines formes, comme la pêche à la palangrotte, à la traîne ou au lancer. En revanche, la pêche sous-marine y est interdite. Dans les zones de non-prélèvement, la règle est beaucoup plus nette : aucune forme de pêche n’est autorisée. Ces secteurs constituent les espaces les plus protégés de la réserve.

Plongée, apnée et chasse sous-marine : attention aux différences
La plongée sous-marine et l’apnée ne sont pas soumises aux mêmes règles. Dans une grande partie du périmètre, la plongée avec appareil respiratoire reste possible, mais elle est interdite dans certains secteurs sensibles, notamment les zones de non-prélèvement et les zones où la cohabitation avec les autres usages nautiques poserait un problème de sécurité.
L’apnée et la baignade sont généralement moins contraintes, mais elles doivent elles aussi respecter les interdictions locales, les zones de protection et les règles d’accès aux sites.
La chasse sous-marine, en revanche, est beaucoup plus encadrée. Dans le périmètre général de la réserve, elle ne peut se pratiquer que selon des conditions strictes. Elle est interdite dans les zones de protection renforcée et totalement prohibée dans les zones de non-prélèvement. L’utilisation de certains moyens d’assistance ou d’artifices, comme les scooters sous-marins, les filets ou les lampes, est également exclue.

Accès aux plages de Bonifacio : débarquer sans enfreindre la réglementation
L’accès aux plages est l’un des points les plus importants pour les plaisanciers, surtout dans les secteurs très fréquentés. À Rondinara, Sant’Amanza, Piantarella, Ciappili, Cavallo ou encore aux abords des Lavezzi, l’approche du rivage doit se faire par les chenaux prévus à cet effet. Ces accès permettent de rejoindre la côte sans traverser les zones réservées à la baignade ni perturber les espaces protégés. Il est interdit d’utiliser les zones de baignade comme raccourci, de mouiller dans les chenaux ou de s’amarrer aux bouées de balisage. Ces bouées servent uniquement à matérialiser les limites réglementaires. Elles ne peuvent pas être utilisées comme points d’amarrage, même pour une courte durée.
À Piantarella, par exemple, le plan d’eau est particulièrement organisé, avec un chenal d’accès, des zones interdites aux embarcations motorisées et des secteurs protégés autour du banc de sable. Dans ce type d’environnement, la lecture du balisage devient aussi importante que la lecture de la carte marine.

Sports nautiques et véhicules à moteur : des pratiques encadrées
Les activités nautiques de vitesse, les véhicules nautiques à moteur et les engins tractés sont soumis à des règles spécifiques dans la bande des 300 mètres. Leur circulation ne peut se faire que dans les chenaux autorisés, avec une vitesse limitée et uniquement pour rejoindre ou quitter le large. Cette réglementation vise à limiter les risques pour les baigneurs, les plongeurs et les autres usagers du plan d’eau. Elle permet aussi de préserver les zones les plus fréquentées du littoral, où la cohabitation entre plaisance, baignade, paddle, kayak, annexes et navettes peut rapidement devenir délicate. Pour les plaisanciers, la règle à retenir est simple : dans les zones balisées, la vitesse, les trajectoires et les accès ne s’improvisent pas. Les activités motorisées doivent rester dans les passages prévus, sans empiéter sur les secteurs réservés à la baignade ou protégés pour des raisons environnementales.

Bien préparer sa navigation dans les Bouches de Bonifacio
La réglementation des Bouches de Bonifacio peut sembler complexe, mais elle répond à une logique assez lisible : préserver les fonds marins, protéger la faune, organiser la fréquentation et éviter les conflits d’usage dans les secteurs les plus sensibles. Avant de naviguer dans la zone, il est indispensable de consulter les arrêtés en vigueur, les cartes de balisage, les informations de la Réserve naturelle et les consignes locales. Les règles peuvent varier selon les sites, les saisons, la taille du bateau ou l’activité pratiquée. Ce qui est autorisé dans une baie peut être interdit dans une autre. Les Bouches de Bonifacio restent un terrain de navigation exceptionnel, mais elles exigent une attention particulière. Ici, la beauté du plan d’eau ne se découvre pas au hasard. Elle se prépare, se respecte et se partage dans un cadre précis. Pour les plaisanciers, c’est le prix à payer pour continuer à naviguer dans l’un des plus beaux espaces marins de Méditerranée, sans fragiliser ce qui en fait justement la valeur.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.