Japon : l’archipel où la mer fait partie du voyage

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Le Japon poursuit son parcours en Coupe du monde, l’occasion de regarder autrement ce pays que l’on associe souvent à ses grandes villes, ses temples et sa culture urbaine. Derrière Tokyo, Kyoto ou Osaka, il existe un Japon profondément maritime, composé de milliers d’îles, de ports, de détroits, de routes côtières, de villages de pêche et d’eaux spectaculaires, de la mer intérieure de Seto aux plages d’Okinawa.

Un pays construit autour de la mer

Le Japon est d’abord un archipel. Cette évidence géographique explique une grande partie de son identité. Le pays s’étire du nord au sud sur plusieurs milliers de kilomètres, entre mers froides, détroits, baies, îles volcaniques, côtes découpées et eaux subtropicales. Quatre grandes îles structurent le territoire, Honshu, Hokkaido, Kyushu et Shikoku, mais elles ne racontent qu’une partie de l’histoire. Autour d’elles, des milliers d’îles composent un paysage maritime d’une richesse rare.
Cette présence constante de la mer a façonné les villes, les habitudes alimentaires, les métiers, les échanges et l’imaginaire du voyage. Au Japon, les ports de pêche côtoient les grands terminaux maritimes, les ferries relient les îles, les criées rythment les matinées et les côtes offrent des paysages très différents selon les régions. Le pays ne se découvre donc pas seulement par le train, les quartiers animés ou les temples. Il se découvre aussi depuis l’eau.
Pour les amateurs de nautisme et d’évasion, le Japon réserve une vraie surprise. Ses côtes permettent de passer d’une baie urbaine à une île volcanique, d’un village de pêche à une plage de sable blanc, d’un détroit fréquenté à une mer intérieure presque paisible. Cette diversité donne au voyage une profondeur particulière.

© AdobeStock - SeanPavonePhoto

La mer intérieure de Seto, le Japon côté douceur

Entre Honshu, Shikoku et Kyushu, la mer intérieure de Seto offre l’un des plus beaux visages maritimes du Japon. Protégée des grandes houles du Pacifique, elle forme un ensemble de baies, d’îles, de ponts, de petits ports et de paysages très doux. C’est une région où la mer semble parfois se glisser entre les terres, avec des horizons morcelés, des villages côtiers et une lumière très particulière. La mer intérieure est idéale pour découvrir un Japon plus lent, plus insulaire. Les ferries y occupent une place essentielle, reliant les îles entre elles et permettant de voyager au rythme de l’eau. Naoshima, Teshima ou Shodoshima attirent les voyageurs pour leur art, leurs paysages, leurs plages, leurs oliveraies ou leurs villages, mais l’expérience commence souvent avant même l’arrivée, pendant la traversée.
Cette région parle particulièrement à ceux qui aiment les escales, les petits ports et les voyages en plusieurs étapes. On y trouve une atmosphère très différente des grandes métropoles. La mer y devient un lien entre les îles, un paysage quotidien, un moyen de déplacement et une invitation à prendre le temps.

© AdobeStock - Paul Atkinson


Okinawa, le Japon tropical

À l’extrême sud, Okinawa dévoile un autre Japon, bien plus tropical. L’archipel s’étire entre la mer de Chine orientale et l’océan Pacifique, avec des plages claires, des récifs coralliens, des eaux turquoise et une culture insulaire très marquée. Ici, le Japon change de rythme, de couleur et de climat. Okinawa est l’une des grandes destinations nautiques du pays. On y vient pour la plongée, le snorkeling, le kayak, les sorties en bateau, l’observation des fonds coralliens et les plages ouvertes sur des eaux plus chaudes. Les îles Kerama, proches de Naha, sont particulièrement réputées pour la clarté de l’eau et la richesse de leur faune marine. Plus loin, Miyakojima et Ishigaki offrent des paysages encore plus dépaysants, entre récifs, lagons et longues plages.
Cette partie du Japon séduit aussi par sa culture propre. Okinawa n’a pas exactement la même histoire ni la même atmosphère que le reste du pays. La mer y occupe une place centrale, non seulement pour le tourisme, mais aussi pour l’identité locale, la pêche, les traditions et la relation aux îles voisines.

© AdobeStock - PROMA



Tokyo, Osaka, Kobe : les grandes baies japonaises

Le Japon maritime se lit aussi dans ses grandes villes. Tokyo, Osaka, Yokohama et Kobe sont liées à la mer par leurs baies, leurs ports, leurs terminaux, leurs ponts et leurs fronts d’eau. Cette dimension est parfois moins visible pour les visiteurs concentrés sur les quartiers centraux, mais elle reste essentielle. La baie de Tokyo offre un paysage très particulier, entre gratte-ciel, îles artificielles, ferries, navires de commerce et promenades en bord de mer. Yokohama, longtemps porte d’entrée du Japon moderne, garde un lien fort avec son port. Osaka et Kobe, autour de la mer intérieure, racontent une autre histoire commerciale et maritime, marquée par les échanges, les chantiers, les traversées et la culture portuaire.
Ces villes montrent que la mer japonaise n’est pas seulement celle des plages ou des îles lointaines. Elle est aussi urbaine, économique, quotidienne. Elle accompagne les déplacements, nourrit les marchés, structure les ports et donne aux grandes métropoles une ouverture vers le large.

© AdobeStock - Wipark


Plongée, voile, ferries : un pays à explorer par l’eau

Le Japon offre une grande variété d’expériences nautiques. À Okinawa, la plongée et le snorkeling permettent d’approcher les récifs, les poissons tropicaux, les tortues et les eaux les plus lumineuses du pays. Dans la mer intérieure de Seto, les ferries et les petites traversées invitent à découvrir les îles autrement. Autour d’Izu, au sud de Tokyo, les plongeurs trouvent des fonds volcaniques, une faune riche et des sites accessibles depuis la capitale. Les amateurs de kayak peuvent explorer certaines côtes abritées, notamment dans les baies, autour des îles ou dans les zones plus calmes. Les passionnés de surf se tournent vers Chiba, Shikoku, Miyazaki ou certaines plages d’Okinawa. La voile reste plus discrète que dans d’autres grandes destinations nautiques, mais elle existe autour des grandes baies, des marinas et de certains secteurs côtiers.
Le ferry, lui, occupe une place à part. Au Japon, il n’est pas seulement un transport pratique. Il permet de sentir la géographie du pays. Relier deux îles, traverser une baie, rejoindre un port secondaire ou avancer lentement dans la mer intérieure donne au voyage une dimension différente, plus proche de la réalité insulaire du pays.


Un Japon maritime à redécouvrir

Le Japon fascine souvent par ses villes, ses temples, sa gastronomie et ses paysages de montagne. Mais son identité maritime mérite la même attention. Elle se retrouve dans les marchés aux poissons, les ports, les ferries, les villages côtiers, les îles, les récifs d’Okinawa, les eaux froides d’Hokkaido et les horizons tranquilles de la mer intérieure de Seto. Alors que le Japon poursuit son aventure en Coupe du monde, cette actualité offre une belle occasion de déplacer le regard. Derrière les Samurai Blue, il y a un pays d’îles, de marins, de pêcheurs, de traversées et de rivages spectaculaires. Un territoire où la mer n’est jamais un simple décor, mais un fil conducteur.
De Tokyo à Okinawa, de Seto à Hokkaido, le Japon donne envie de suivre ses côtes, d’embarquer sur un ferry, de plonger dans des eaux claires, d’observer un port au réveil et de découvrir un archipel qui se comprend aussi depuis la mer.

Et avant de vous y rendre, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

Crédit photo de couverture : Illustration AdobeStock - dominiquebonnet

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
Nouveau
Hors-Série
Lire le magazine