Sicile du Sud : en septembre, Marzamemi et Scicli loin de l’agitation de Taormine
Taormine, l’Etna et Syracuse concentrent une grande partie de l’attention portée à l’est sicilien. Plus au sud, le territoire se fait moins spectaculaire au premier regard, mais gagne en cohérence. Les champs, les murets de pierre sèche, les petites villes baroques et les ports de pêche composent un paysage où la mer n’est jamais très loin.
Marzamemi et Scicli sont séparées par un peu moins d’une heure de route. Elles ne forment pas un duo évident, et c’est précisément ce qui rend l’itinéraire intéressant : l’une vit au ras de l’eau, l’autre s’inscrit dans une vallée de calcaire. Entre les deux, les plages, les réserves naturelles et les villages côtiers permettent de prolonger le parcours sans empiler les visites.
Marzamemi s’est développé autour de sa tonnara, ancien établissement consacré à la pêche et à la transformation du thon. Les bâtiments de pierre couleur miel encadrent la Piazza Regina Margherita, devenue le cœur très photogénique du village. Les barques, les petites maisons de pêcheurs et les terrasses donnent au lieu son charme, mais aussi une popularité réelle en juillet et en août.
Septembre rend l’ensemble plus respirable. On peut prendre le temps de regarder les deux petits ports, de goûter les produits de la mer et de rejoindre les plages voisines. Au nord, la réserve de Vendicari protège lagunes, dunes et zones humides fréquentées par de nombreux oiseaux migrateurs. Calamosche est la plage la plus célèbre du secteur, mais son accès à pied et sa fréquentation invitent à partir tôt.
Scicli appartient au réseau des villes du Val di Noto reconstruites après le séisme de 1693 et inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Son architecture baroque ne se déploie pas sur un plateau monumental : elle accompagne les pentes, les vallons et les rues habitées. La Via Francesco Mormino Penna concentre plusieurs édifices remarquables, tandis que les hauteurs offrent une lecture plus complète de la ville.
Scicli reste proche du littoral. Donnalucata et Sampieri prolongent naturellement le séjour vers la mer. À Sampieri, la grande plage se termine près de la Fornace Penna, vaste bâtiment industriel en ruine devenu l’un des repères visuels de la côte. Cette proximité permet d’alterner visites urbaines et baignades sans transformer chaque journée en longue excursion.
La côte sud-est de la Sicile ne propose pas la même densité d’abris que d’autres secteurs de l’île. Marzamemi dispose d’installations portuaires, tandis que Portopalo di Capo Passero constitue un autre point de repère plus au sud. Les capacités d’accueil, les profondeurs et la protection doivent toutefois être vérifiées en fonction du bateau et des conditions.
Autour du cap Passero, la rencontre entre les influences ionienne et méditerranéenne peut rendre la mer plus désordonnée. Les mouillages qui paraissent tranquilles par beau temps deviennent vite inconfortables avec une houle mal orientée. Ici, la souplesse de l’itinéraire compte davantage que la volonté de tenir un programme à tout prix.
Le sud-est sicilien conserve pleinement son caractère estival en septembre. Les températures maximales se situent souvent autour de 27 à 29 °C en début de mois et la mer avoisine encore 24 à 25 °C. Les soirées sont agréables, sans la lourdeur du cœur de l’été. Le risque d’averses ou d’orages augmente toutefois au fil du mois, parfois sous forme d’épisodes brefs mais intenses. Pour la navigation comme pour les excursions dans les réserves, mieux vaut vérifier la situation du jour plutôt que se fier à une moyenne mensuelle.
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