En septembre, Ulcinj prolonge l’été tout au sud du Monténégro
Le Monténégro touristique regarde souvent vers les bouches de Kotor, leurs montagnes abruptes et leurs quais ordonnés. Ulcinj, tout au sud, raconte une autre Adriatique. Ici, la roche cède progressivement la place au sable, les influences orientales se mêlent à l’héritage vénitien, et la frontière albanaise semble davantage relier les cultures que les séparer.
La ville revendique plus de vingt-cinq siècles d’histoire. Sa citadelle occupe un promontoire au-dessus de la petite plage urbaine. À l’intérieur des murailles, escaliers, passages et maisons de pierre composent un décor compact, animé de restaurants et de terrasses. En septembre, lorsque les grandes chaleurs et la foule diminuent, il devient plus facile d’en saisir les détails.
Ulcinj a connu les Illyriens, les Romains, Venise et l’Empire ottoman. Cette succession se lit moins dans un monument isolé que dans l’atmosphère générale. Les murs défensifs dominent la mer, tandis que les rues de la ville moderne bruissent de langues, de cafés et de commerces. Le soir, la promenade de Mala Plaža devient le point de rencontre naturel.
Il faut s’accorder un matin pour la citadelle, avant que la lumière ne devienne trop verticale. Les vues portent sur la côte rocheuse au nord et sur les plages basses au sud. Valdanos, ancienne baie d’oliviers, offre un contraste intéressant : une crique de galets entourée d’une vaste oliveraie, à l’écart de l’animation centrale.
Au sud de la ville commence Velika Plaža, la « grande plage », un ruban de sable d’environ treize kilomètres. Peu de paysages monténégrins correspondent aussi peu à l’image classique du pays. L’espace, le vent thermique et les eaux peu profondes en ont fait un terrain privilégié pour le kitesurf. Les débutants trouvent des écoles, tandis que les pratiquants confirmés profitent de la longueur du plan d’eau. À son extrémité, la rivière Bojana rejoint l’Adriatique et forme le paysage singulier d’Ada Bojana. Cabanes de pêcheurs, bras d’eau, sable et végétation donnent au lieu une allure de bout du monde. La zone est fragile et changeante : mieux vaut suivre les accès autorisés et respecter dunes, oiseaux et zones humides.
Plus près d’Ulcinj, les anciennes salines constituent justement un site majeur pour l’avifaune. Flamants, pélicans et nombreux migrateurs y trouvent une halte. L’observation doit rester discrète et se faire depuis les secteurs ouverts au public, sans pénétrer dans les espaces protégés.
Pour le plaisancier, Ulcinj demande davantage de préparation que Kotor ou Tivat. La ville ne possède pas une grande marina offrant tous les services. Le port de Bar, plus au nord, constitue la base équipée la plus évidente pour l’avitaillement, les réparations ou un poste d’amarrage organisé. Une visite d’Ulcinj par la terre est souvent la solution la plus simple. Les mouillages du sud sont exposés et le fond sableux descend doucement. À proximité de l’embouchure de la Bojana, les bancs peuvent évoluer ; une carte à jour, les avis nautiques et une information locale récente sont indispensables. Il ne faut jamais extrapoler une route à partir d’une photographie ou d’un ancien récit de croisière. Quand le vent se lève, la longue côte ouverte offre peu d’abris.
Ulcinj récompense les voyageurs qui acceptent de descendre au-delà des itinéraires les plus célèbres. Sa citadelle, ses plages infinies et la Bojana forment un ensemble inattendu, plus ouvert et plus métissé que le nord du pays. En septembre, la ville garde son énergie sans l’agitation maximale de l’été : le bon moment pour découvrir ce Monténégro qui regarde déjà vers une autre rive.
Ulcinj conserve en septembre une vraie douceur estivale. Les maximales se situent généralement autour de 26 °C, les nuits autour de 17 à 18 °C, et la mer avoisine encore 24 °C. La baignade reste excellente et les journées se prêtent aussi bien aux visites qu’aux activités de glisse. La fin de l’été méditerranéen peut toutefois produire des orages et des pluies intenses, parfois accompagnés de rafales. Sur une côte exposée, la prévision marine locale doit guider tout programme nautique. À terre, l’ombre et l’eau restent nécessaires au milieu de la journée, même si les soirées deviennent plus fraîches.
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