Cette ville du Monténégro mérite le détour à la fin de l’été
Le nom de Bar apparaît souvent sur les billets de ferry ou les cartes marines avant d'entrer dans les itinéraires touristiques. C'est pourtant cette fonction de porte d'entrée qui raconte le mieux la ville. Face à l'Italie, au débouché des routes venues de l'intérieur du Monténégro, Bar vit avec son port, ses trains, ses immeubles récents et une côte ouverte sur l'Adriatique. Pour trouver son cœur historique, il faut quitter le rivage et remonter vers la montagne.
À environ quatre kilomètres du centre moderne, Stari Bar rassemble les ruines de l'ancienne ville fortifiée. Les remparts enferment les vestiges d'églises, de maisons, de bains et d'ouvrages défensifs hérités de siècles d'influences byzantines, vénitiennes et ottomanes. L'aqueduc, restauré après le séisme de 1979, compte parmi les silhouettes les plus marquantes du site.
La visite demande de bonnes chaussures : les pierres sont irrégulières et le soleil peut être intense. Il faut aussi lever les yeux. Le mont Rumija ferme l'horizon tandis que, derrière les murs, la plaine redescend vers la mer. Au pied de la forteresse, cafés et petites échoppes prolongent agréablement la découverte.
Non loin de là, dans le village de Mirovica, Stara Maslina est présenté comme l'un des plus vieux oliviers de la région. Son tronc noueux, dont l'âge est couramment estimé à plus de deux millénaires, symbolise la longue histoire de l'oléiculture autour de Bar. La visite est courte, mais elle prend tout son sens lorsqu'on l'associe à Stari Bar et à une dégustation d'huile locale.
Les oliveraies rappellent aussi que le littoral monténégrin ne se limite pas aux plages. Ici, la montagne se rapproche constamment de l'Adriatique et crée, sur quelques kilomètres, un paysage où cultures, forêts et quartiers urbains se superposent.
Le Bar contemporain s'est développé près de la mer après le déclin de la vieille cité. La promenade du roi Nikola, le palais qui porte son nom et les espaces verts du front de mer dessinent une ville plus aérée qu'ailleurs sur la côte. Les plages urbaines sont souvent composées de galets ; chaussures d'eau et protection solaire rendent la baignade plus confortable.
Le port commercial occupe une place majeure et accueille des liaisons maritimes internationales selon les saisons et les programmes des compagnies. Pour le visiteur, cette activité explique le visage très contemporain du front de mer et facilite parfois une arrivée depuis l'Italie. La gare ferroviaire et les bus permettent ensuite de rejoindre Stari Bar, les plages voisines ou d'autres villes du littoral.
Vers le nord, Sutomore et les petites criques de la côte conduisent en direction de Petrovac. Vers le sud, la route rejoint Ulcinj et sa longue plage, avant la frontière albanaise. À l'intérieur des terres, le lac de Skadar forme un tout autre univers de roselières, d'oiseaux et de villages. Les excursions en bateau s'y organisent depuis plusieurs points, mais il faut choisir des opérateurs respectueux des zones protégées.
Cette position fait de Bar une base pratique pour alterner mer, patrimoine et nature. Elle permet surtout de découvrir un Monténégro plus quotidien, moins dépendant de la seule image des bouches de Kotor.
Au sud de Bar, la côte réserve plusieurs changements de décor. Près de Šušanj, la plage rouge doit son nom à la teinte de ses galets. Plus loin, les petites baies alternent avec des secteurs beaucoup plus urbanisés. Ulcinj marque une rupture culturelle nette : minarets, vieille ville perchée et influences albanaises composent une ambiance différente de celle du reste du littoral monténégrin.
Au-delà s'étire Velika Plaža, une longue plage de sable qui contraste avec les galets de Bar. Le secteur est exposé au vent et recherché pour les sports de glisse, mais les courants et la houle exigent de respecter les zones surveillées. Encore plus au sud, l'embouchure de la Bojana forme un paysage fragile de sable, de lagunes et de cabanes sur pilotis. La frontière proche et la présence de zones naturelles imposent de se renseigner avant toute sortie par la terre ou par l'eau.
Mai, juin et septembre sont les mois les plus confortables pour visiter les ruines et marcher dans l'arrière-pays. L'été, mieux vaut réserver Stari Bar au matin ou à la fin de journée. Sur l'Adriatique, les orages et les changements de vent peuvent être rapides, particulièrement aux périodes de transition.
À table, poissons grillés, légumes, fromages et huile d'olive relient le littoral aux montagnes. Autour de Stari Bar, la grenade et les agrumes apparaissent souvent dans les jardins et sur les étals. Les restaurants du front de mer privilégient logiquement les produits marins, tandis que les adresses de la vieille ville proposent une cuisine marquée par les influences ottomanes et balkaniques. Les paiements par carte progressent, mais conserver un peu d'argent liquide reste utile dans les petites structures.
Bar ne cherche pas à rivaliser avec les cartes postales les plus célèbres du pays. Son intérêt est ailleurs : dans le passage permanent entre une grande infrastructure portuaire et un olivier millénaire, entre les quartiers modernes du rivage et une ville abandonnée sous la montagne. Une escale discrète, mais loin d'être secondaire.
Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.




