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Du haut de ses trente ans et dix-sept titres de championne du monde, la windsurfeuse Sarah-Quita Offringa, originaire de l'île néerlandaise d'Aruba, aux Antilles, espère encore étoffer son palmarès lors de la finale de la Coupe du monde à Martigues (sud).
Après plusieurs jours d'attente qui ont mis les nerfs des compétiteurs à rude épreuve, le vent a enfin décidé de se lever mercredi sur la mer Méditerranée au large de la plage de Carro, à Martigues, permettant le démarrage des épreuves de freestyle de la Coupe du monde de windsurf.
Ces planches à voile sans dériveur glissent sur l'eau à des vitesses pouvant atteindre jusqu'à 100 km/h.
"Le freestyle est la discipline que j'ai commencée en premier. A Aruba, quand tu commences à faire du windsurf, tu commences par le freestyle", explique Sarah Quita-Offringa, l'une des stars de la discipline chez les femmes, originaire de cette île de 110.000 habitants au large du Venezuela.
La jeune femme, solaire, raconte être tombée amoureuse de ce sport sur l'île voisine de Bonaire, dont les "eaux très peu profondes" et le "vent très constant" en font un paradis pour réaliser "Chaco", "Shaka", "Spock" et autres "Grubby".
"Il n'y a pas de logique derrière ces noms" mais "si quelqu'un invente une nouvelle figure, il peut lui donner un nom et c'est vraiment drôle", explique-t-elle.
A trente ans, Sarah-Quita Offringa, qui a grandi à Aruba, peut se targuer d'un impressionnant palmarès: dix-sept titres de championne du monde de windsurf, dont 12 en freestyle, sa discipline reine.
"Je suis une fan inconditionnelle de Sarah. Elle est bonne et elle sait qu'elle est bonne. Mais elle peut avoir son petit caractère, elle n'aime pas que ça lui échappe. Elle n'y va pas en dilettante, c'est une vraie pro", estime Delphine Bijvoet Bremond, coordinatrice de la Coupe du monde dont la finale se tient pour la première fois dans le sud de la France.
Rien ne laissait pourtant présager un tel parcours chez "Cabei Busha" pour "cheveux touffus", son surnom depuis l'enfance en papiamento, le dialecte créole - mélange de néerlandais, d'espagnol, de portugais et d'anglais - parlé sur les îles néerlandaises d'Aruba, Bonaire et Curaçao.
La jeune femme, que son imposante chevelure crépue blonde permet de repérer sur l'eau, confesse être venue au windsurf presque par hasard: "J'ai débuté quand j'avais environ neuf ans, comme un sport parmi beaucoup d'autres que je pratiquais enfant".
"J'étais vraiment mauvaise, je n'arrivais pas à relever la voile qui était trop lourde mais l'année suivante, mon frère a continué à faire du windsurf et je suis allée l'encourager lors d'un événement. J'ai tellement aimé l'ambiance que j'ai recommencé à en faire", ajoute-t-elle.
Car au-delà de l'aspect purement sportif, le style de vie et l'état d'esprit qui accompagnent ce sport l'ont séduite: "Le sport en lui-même est très difficile mais voyager est très amusant. Je vais dans des pays où je ne serais pas allée si je n'avais pas fait de windsurf. L'expérience dans son ensemble est presque magique", dit-elle avec un large sourire.
En dépit de l'atmosphère décontractée et bienveillante dans ce milieu où la plupart des compétiteurs se connaissent bien, la "rideuse" ne perd jamais de vue la compétition.
"Je me suis inscrite à toutes les disciplines et bien sûr je veux gagner dans tout" (freestyle, slalom, vagues et foil) même si "je ne sais pas si c'est très réaliste", confesse-t-elle.
Pour ce qui est du freestyle en tout cas, un 13e titre semblait quasiment acquis à la championne du monde, qui a survolé la phase d'éliminatoires directs.