
La mesure était redoutée par une partie de la filière, attendue par les défenseurs de l’environnement. La Commission européenne a annoncé son intention de fermer à nouveau certaines pêcheries dans le golfe de Gascogne afin de limiter les captures accidentelles de dauphins. Une décision qui s’inscrit dans la continuité des fermetures déjà imposées ces dernières années, face à un constat jugé alarmant par les scientifiques.
Chaque hiver, des centaines de dauphins communs sont retrouvés échoués sur les côtes françaises de l’Atlantique. Les autopsies réalisées montrent qu’une large part de ces mortalités est liée aux prises accidentelles dans les engins de pêche, en particulier les chaluts pélagiques et certains filets. Malgré des dispositifs de dissuasion acoustique rendus obligatoires sur une partie de la flotte, les résultats sont jugés insuffisants.
Selon Bruxelles, les données scientifiques les plus récentes confirment que les seuils de mortalité compatibles avec le bon état de conservation de l’espèce sont toujours dépassés. En conséquence, la Commission prévoit une fermeture temporaire de zones de pêche, principalement durant les périodes où la présence de dauphins est la plus importante. Une mesure ciblée dans le temps et l’espace, mais aux conséquences économiques bien réelles.
Du côté des autorités européennes, la ligne est claire. L’objectif est de respecter les obligations de protection des espèces protégées prévues par le droit européen, tout en poussant les États membres à accélérer l’adoption de solutions techniques réellement efficaces. Bruxelles insiste notamment sur la nécessité de mieux équiper les navires et d’améliorer la sélectivité des engins de pêche.
En France, la perspective d’une nouvelle fermeture suscite de vives réactions chez les pêcheurs concernés. Beaucoup dénoncent une décision brutale, prise sans alternative opérationnelle immédiate, et rappellent les efforts déjà consentis ces dernières années. Les professionnels pointent également l’impact direct sur l’activité hivernale, période déjà fragile pour de nombreux armements.
Les ONG environnementales, à l’inverse, estiment que ces fermetures restent insuffisantes tant que la mortalité des dauphins demeure à un niveau élevé. Elles appellent à une transformation plus profonde des pratiques de pêche et à un suivi renforcé des captures accidentelles, jugeant que l’urgence écologique justifie des mesures contraignantes.
Cette nouvelle fermeture annoncée illustre une tension persistante entre protection de la biodiversité marine et maintien de l’activité économique dans le golfe de Gascogne. Un équilibre délicat que les autorités européennes tentent d’ajuster, sous la pression des données scientifiques et des engagements environnementaux, dans une zone maritime devenue emblématique des défis contemporains de la pêche européenne.
vous recommande